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Blainville adopte une résolution contre l’abolition du PEQ

Photo : Capture d’écran de la séance du conseil municipal du 17 février 2026.

Blainville adopte une résolution contre l’abolition du PEQ

Publié le 02/03/2026

La Ville de Blainville a répondu à l’appel de l’Union des municipalités du Québec en adoptant lors de la séance du conseil municipal du 17 février une résolution affirmant son opposition à l’abolition du PEQ ainsi qu’aux restrictions appliquées par Ottawa pour le Programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET).

À la séance du conseil municipal, tous les conseillers et la mairesse de Blainville, Liza Poulin, arboraient un cœur bleu sur leur veston, en guise de protestation à l’endroit des deux gouvernements. Déjà que les modifications au PTET imposées en 2024 entraînaient leur lot de conséquences, l’abolition du PEQ ne passe pas plus à Blainville que dans l’ensemble des municipalités du Québec, en raison de son impact sur les économies locales.

« Ce soir, on porte tous le cœur bleu pour ceux qui ont choisi le Québec pour y vivre, pour y contribuer et qui y travaillent, y étudient et apprennent le français. On porte le cœur bleu pour les entreprises de notre MRC, de notre région, pour la vitalité de nos villes et pour notre économie », a laissé savoir d’entrée de jeu Mme Poulin.

Message pour Québec et Ottawa

S’adressant plus spécifiquement au gouvernement Legault, Mme Poulin a lancé un message bien clair à l’endroit des élus caquistes. « Cette résolution vient en appui aux demandes exprimées par l’Union des municipalités du Québec. On demande au gouvernement du Québec de mettre en place une clause de droit acquis – pour les orphelins du PEQ – pas dans deux mois, pas après une course à la chefferie, mais dans les meilleurs délais. On demande que les travailleurs étrangers déjà ici et admissibles au PEQ puissent rester chez nous. »

Mme Poulin a aussi adressé une missive au gouvernement Carney. « Au gouvernement canadien, on demande de renouveler les permis temporaires des personnes déjà établies au Québec pour diminuer la pression qui pèse sur eux. »

Le conseiller Philippe Magnenat s’est prêté à la lecture du contenu de la résolution avant son adoption par l’ensemble des conseillers municipaux.

Cette résolution souligne l’importante perte de travailleurs et l’incapacité des employeurs à combler leurs postes, surtout dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre structurelle.

Les deux programmes, relève-t-on, accroissent l’absence de travailleurs déjà établis en sol québécois et les diplômés du Québec dans des secteurs considérés comme secteurs clés :  construction, fabrication, santé, transformation alimentaire, services de proximité et industrie touristique. À cela s’ajoutent les travailleurs non qualifiés mais essentiels à la vitalité économique du Québec, qui se retrouvent sans solution d’avenir.

De même, le PTET du gouvernement fédéral, qui gère les permis de travail impose aussi ses restrictions depuis l’automne 2024, entraînant une perte de travailleurs pour les employeurs, incapables de renouveler les permis de travail. « Ces pertes de travailleurs ont des impacts majeurs et posent des risques de fermeture aux entreprises concernées », soutient le conseiller Magnenat.

Surtout, souligne-t-on dans le texte de la résolution, que le nouveau programme valorisé par le ministère de l’Immigration du Québec, le PSTQ, demeure insuffisant pour combler les impacts de la fin du PEQ.

Protestation élargie

L’initiative de l’UMQ est confortée par un sondage mené par la firme Léger, concluant que 79 % de la population du Québec se montre en défaveur du PEQ.

On demande ainsi aux deux gouvernements de garder les travailleurs déjà en poste et de pouvoir recruter dans les secteurs où le manque de main-d’œuvre est critique. Et de mettre en place un système de traitement simplifié mieux adapté aux besoins des PME québécoises.

« On demande que les deux paliers de gouvernement travaillent ensemble, se parlent et posent des actions concrètes dans les prochaines semaines », a indiqué la mairesse de Blainville.

Cette résolution sera envoyée aux personnes impliquées dans cette situation, soit le ministre de l’immigration, Jean-François Roberge, et les chefs des différents partis provinciaux et fédéraux, incluant la députée fédérale Madeleine Chenette et le député provincial Mario Laframboise.