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Boisbriand : À l’EnJeuLab, le jeu devient un outil

Photo courtoisie – UNE INNOVATION CONÇUE À BOISBRIAND POUR REDONNER AUX JEUNES LE GOÛT DE BOUGER

Boisbriand : À l’EnJeuLab, le jeu devient un outil

Publié le 29/10/2026

Comment encourager les jeunes à pratiquer une activité physique sans que la compétition, la peur de l’échec ou le sentiment d’incompétence deviennent des obstacles?

C’est l’une des questions auxquelles souhaite répondre l’EnJeuLab, une coopérative de recherche de l’UQAM, avec le lancement de sa quatrième unité mobile à Boisbriand.

Après l’ouverture d’un premier Espace en mouvement à Bromont, l’initiative prend une nouvelle dimension grâce à une unité mobile conçue avec la participation de Darcom Innovation, une entreprise de Boisbriand spécialisée dans la transformation de conteneurs maritimes.

Jouer sans structure rigide, expérimenter librement et découvrir le plaisir de bouger : voilà quelques-uns des principes qui guident les travaux de l’EnJeuLab. Cette initiative cherche à mieux comprendre les raisons qui poussent certains jeunes à délaisser l’activité physique et à développer des environnements favorisant leur participation.

Dans un parc, une unité mobile colorée accueille des enfants jouant sur une rampe, sous un ciel bleu
Photo courtoisie – EnJeuLab est une coopérative de recherche de l’UQAM qui a lancé sa 4e unité mobile à Boisbriand.

Comprendre pourquoi certains jeunes délaissent l’activité physique

Les travaux de l’EnJeuLab s’intéressent notamment aux expériences vécues par les jeunes dans différents contextes de jeu, qu’il s’agisse d’athlètes ou d’enfants présentant des troubles neurologiques.

Selon Mariève Blanchet, les recherches permettent d’observer des réactions similaires chez des jeunes aux profils pourtant très différents.

« En analysant différents contextes de jeu, des athlètes autant que des jeunes avec des troubles neurologiques, issus de toutes les classes sociales et de partout au Québec, on constate qu’ils répondent tous de la même façon et qu’on doit déstructurer le jeu pour que tout le monde se sente inclus », explique-t-elle.

Cette observation amène l’équipe à remettre en question certaines façons traditionnelles d’organiser les activités physiques, particulièrement lorsque les règles, les exigences ou les niveaux de difficulté empêchent certains participants de s’intégrer pleinement.

Des activités adaptées aux capacités de chacun

Plutôt que de demander aux jeunes de s’adapter à un cadre uniforme, l’EnJeuLab propose de concevoir des structures de jeu modulables.

L’objectif consiste à permettre à chaque participant d’évoluer selon ses capacités, tout en partageant une activité avec des jeunes ayant des habiletés différentes.

« Les gens peuvent créer leurs activités dans les modules qui sont interconnectés avec plein de parcours différents et plusieurs niveaux de difficulté pour que les jeunes se sentent compétents », précise Mariève Blanchet.

Cette approche cherche ainsi à favoriser le sentiment de compétence, considéré comme un élément important dans l’expérience des participants.

En offrant plusieurs possibilités de mouvement et d’exploration, l’EnJeuLab souhaite créer des conditions dans lesquelles davantage de jeunes peuvent trouver leur place, sans être systématiquement confrontés aux mêmes attentes de performance.

Cette démarche s’appuie notamment sur une étude menée auprès de 465 parents, qui met en évidence plusieurs facteurs associés à la diminution de la participation des jeunes aux activités de plein air.

Une entreprise de Boisbriand participe au projet

Pour poursuivre l’étude en région, Mme Blanchet a eu besoin de partenaires pour mener à bien cette démarche. C’est dans ce contexte que Darcom Innovation a été appelée à mettre son expertise au service du projet.

Fondée en 2011, l’entreprise de Boisbriand transforme des conteneurs maritimes pour différents usages, notamment des installations événementielles, des bureaux et des structures déployables.

Selon Daniel Rodrigue, le concept de l’unité mobile En mouvement s’inscrit dans un domaine que son équipe connaît bien, mais comporte des exigences particulières liées à la clientèle visée. La conception devait notamment tenir compte de la facilité de montage et de démontage, de la légèreté des équipements et de leur utilisation sécuritaire par les jeunes. De plus, la mission rejoint ses valeurs personnelles.

« Les enfants doivent être davantage stimulés. [En plus, ils ne manquent pas d’imagination]. Ils peuvent s’amuser des fois avec un morceau de bois. Ils vont s’imaginer toutes sortes de choses [pour s’amuser] », affirme M. Rodrigue.

D’autres tournées sont envisagées pour compléter cette étude, dont les résultats ne seraient pas disponibles avant environ un an.