En fait, deux projets immobiliers préoccupent actuellement les résidents des alentours : celui projeté sur le site de l’ancien Tigre Géant, rue Turgeon, et l’autre, sur le terrain où était situé ÉconoMax, au 125 rue Desjardins.
Depuis son annonce, le projet immobilier sur la rue Turgeon de 292 logements suscite la grogne des citoyens habitant le secteur. D’abord en raison du nombre d’étages envisagé, qui passe de quatre avec mezzanine, à six étages. Le nombre de cases à stationnement soulève aussi l’inquiétude; on parle de 0,9 case par logement en plus de quelques véhicules Communauto mis à la disposition des locataires.
Immeuble trop haut
Pour les résidents du quartier Lonergan, c’en est trop. Au cours des dernières semaines, 256 d’entre eux ont signifié leur désaccord en signant une pétition, qui a été remise lors de la séance du conseil municipal du 4 mai dernier.
Cette pétition relève que le zonage actuel ne permet que les immeubles à quatre étages tout au plus, que le nombre de stationnements sera insuffisant et poussera certains locataires à envahir les rues voisines, et enfin, qu’il y a un doute quant à la capacité des infrastructures actuelles après les épisodes de refoulement d’égouts ayant suivi les inondations des dernières années.
Les signataires demandent à la Ville de respecter le zonage de quatre étages permis sans faire appel à une dérogation, d’augmenter le ratio de stationnements à 1,3 case par logement et de s’assurer de la capacité infrastructurelle avant d’autoriser la construction de l’immeuble à logements et de prévoir un aménagement des accès routiers (entrées et sorties) vers le boulevard Desjardins et la rue Turgeon.
Représentant l’ensemble du voisinage, la citoyenne Brégide Dubois a fait savoir que la présence d’un immeuble d’une hauteur de six étages constitue « une catastrophe pour les gens », car elle interfère dans leur tranquillité et entache, estime-t-elle, le cachet du Vieux Sainte-Thérèse.

Densification imposée
Or, la Communauté métropolitaine de Montréal dont fait partie la Ville de Sainte-Thérèse, impose une densification à ses villes membres, surtout en zone TOD, ce qui est le cas de l’immeuble projeté, a fait valoir le maire Christian Charron à l’issue du plaidoyer de Mme Dubois et d’un autre résident du secteur.
Quant à la suggestion citoyenne d’installer plutôt un commerce de type supermarché en remplacement du Tigre Géant fermé, le maire Charron a répondu que l’adresse ne trouve pas preneur en raison de sa courte distance avec les supermarchés situés près de Place Rosemère et au Faubourg Boisbriand.
Puis, le PMAD (Plan métropolitain d’aménagement et de développement) impose 100 logements par hectare dans les secteurs disposant d’une gare.
En réponse aux citoyens qui l’interpellaient, le maire Charron a indiqué que la capacité des infrastructures sera bien assurée, surtout qu’une nouvelle génératrice sera sous peu installée à côté du poste de pompage, à côté de l’église du boulevard Desjardins.
Certaines demandes complémentaires ont été faites au promoteur du projet immobilier, a laissé savoir M. Charron, dont la rétention de l’eau et la compensation des stationnements insuffisants par la disposition de véhicules en autopartage.
Concernant le risque de refoulements d’égouts lors d’éventuelles pluies abondantes, le maire Charron assure avoir demandé au promoteur de faire la démonstration que son projet immobilier permettra une rétention d’eau. « Dans tous les projets qui seront réalisés sur le territoire de Sainte-Thérèse, il y a une obligation de rétention d’eau », affirme-t-il.
M. Charron a aussi fait savoir que le poste de pompage situé tout près de l’église du boulevard Desjardins disposera sous peu d’une nouvelle génératrice. Avec le plan directeur de drainage en voie de réalisation, il est question de grossir certains tuyaux. Ce plan permettra aussi de faire l’état actuel du réseau puis de le modéliser.
Méga projet – boulevard Desjardins
Cette obligation sera également rattachée au projet immobilier prévu au 125, boulevard Desjardins, qui faisait l’objet d’une seconde présentation publique le 6 mai.
À l’issue de cette deuxième présentation, si le registre demandé obtient 33 signatures, la tenue d’un référendum pourrait s’ensuivre. Le registre doit être signé le 13 mai, à l’hôtel de ville, entre 9 h et 19 h. Seuls les résidents des zones C 251 et H 200 seraient visés par ce potentiel référendum.
La demande d’approbation référendaire concerne la superficie commerciale réduite au rez-de-chaussée aux deux bâtiments et les huit étages de l’un des deux immeubles, que l’on préférerait à quatre étages.
Construction en deux phases
Le directeur général adjoint, Louis Tremblay, et le directeur du service de génie et de la gestion du territoire, Martin Angers, ont présenté les grandes lignes de ce Projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble, communément nommé PPCMOI.
Les deux directeurs ont voulu se faire rassurants sur la capacité infrastructurelle du site à recevoir un tel immeuble, lequel serait d’ailleurs construit en deux phases : l’une dès septembre et l’autre deux ans plus tard.
Le maire Christian Charron a lui aussi fait valoir l’opportunité d’un tel projet sur ce grand terrain, qui comprendrait 42 studios, 197 logements d’une chambre, 173 logements de deux chambres et 17 logements de trois chambres.
« On a demandé un effort supplémentaire au promoteur pour les logements abordables », a indiqué M. Charron, soulignant que 15 % des logements pourraient être gérés par un OBNL comme l’Office d’habitation, soit 10 % de logements à prix abordable et 5 % de logements sociaux.
Les immeubles seraient garnis d’un toit vert, de mesures pour retenir l’eau de pluie, disposera de stationnements pour vélos, d’une possible station BIXI, de véhicules Communauto puis d’un abribus.
Taux d’inoccupation très bas
Les conseillers municipaux de l’opposition, souvent réfractaires aux propositions des membres du parti de M. Charron, ont eux-mêmes voté – à l’exception de Katherine Vézina – pour la construction de l’immeuble de 429 logements projeté au 125, boulevard Desjardins.
Bien que la tenue d’un référendum soit un processus légal, le conseil municipal pourrait néanmoins outrepasser cette démarche démocratique. Depuis l’adoption en 2024 de la Loi 31, les villes membres de la CMM peuvent aller de l’avant avec tout projet immobilier jugé convenable dans le contexte de densification obligatoire.
Or, comme l’a signalé la conseillère Barbara Morin, cette loi sera valable jusqu’en 2027 et répondra sans doute au recensement de 2026 qui redonnera un portrait plus récent de la population locale.
« Présentement, les taux d’inoccupation sont très, très faibles, surtout à Sainte-Thérèse. On était à 2,7 % d’inoccupation en janvier 2026 dans la CMM, ce qui est très peu, car le gouvernement vise 3 %. Et même 3%, c’est très faible. Voilà ce que la Loi 31 permet de faire. Elle dit qu’il faut construire des logements afin d’aider les gens qui n’en ont pas », a souligné Mme Morin.

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