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De l’aide pour les proches aidants d’aînés: n’attendez pas d’être au bout du rouleau

De l’aide pour les proches aidants d’aînés: n’attendez pas d’être au bout du rouleau

Publié le 09/07/2015

Le proche aidant d’aîné est une espèce en voie d’épuisement. Il ne le sait pas encore, mais l’altruisme poussé à la limite et l’idée qu’il n’y a personne d’autre que lui pour accomplir cette action hautement valorisante finira bien par le coller au plancher. À moins qu’il ne demande de l’aide.

Intervenante communautaire au Centre d’action bénévole Solange-Beauchamp (CABSB), Sylvie Desrochers connaît bien la chanson. Non seulement a-t-elle assisté sa mère dans les 20 dernières années de sa vie, elle côtoie régulièrement ses semblables à titre de responsable du projet de soutien psychosocial aux proches aidants dispensé par l’organisme.

Ce projet, qui vient d’obtenir une subvention de 32 000 $ de l’Appui Laurentides, permettra d’élargir l’offre de services dès l’automne prochain. Ainsi, des groupes de soutiens seront formés, des ateliers thématiques et de ressourcement seront mis sur pied, en plus de la bonification de certaines formations comme le PDSB (Principes pour le déplacement sécuritaire des bénéficiaires), une méthode qui permet d’éviter les blessures, autant pour la personne qu’on aide que pour soi-même.

D’ici là, on peut obtenir en tout temps du soutien psychosocial, au CABSB, un luxe (gratuit) que beaucoup de proches aidants hésitent pourtant à s’offrir. «Les gens attendent d’être à bout. Comme si demander de l’aide équivalait à un échec», note Sylvie Desrochers en énumérant les facteurs qui nourrissent insidieusement cette impression, à commencer par la culpabilité et une mauvaise compréhension de la situation.

C’est qu’au départ, le proche aidant a le sentiment qu’il a tout ce qu’il faut pour soutenir la personne malade (un ami, un conjoint, un parent). Mais peu importe le temps qu’on y met, s’occuper d’une personne malade bouleverse notre vie, provoque un déséquilibre dans nos relations avec les autres et avec soi-même.

C’est sans compter que la personne aidée sera complètement transformée par la maladie. Physiquement, bien sûr, mais aussi psychologiquement. On a parfois devant soi une personne qu’on ne reconnaît plus, qui adopte des comportements qui nous déroutent. Derrière l’agressivité qui parfois se manifeste, il y a toujours un besoin qui n’a pas été comblé. «Qu’y a-t-il derrière ce comportement?», questionne Sylvie Desrochers.

«Changer la vision que nous avions de la personne, partir de ce qu’elle est devenue au lieu de ce qu’elle a perdu, voilà qui peut aider», suggère notamment Mme Desrochers, pour qui la relation aidé-aidant n’apporte pas que des désagréments. «Au contraire, dit-elle, le rôle du proche aidant est très valorisant. Ce qu’il fait permet à un proche d’être bien, c’est un accomplissement qui n’est pas exempt de beaux moments d’amour». Et en plus, ça permet à la personne de demeurer à la maison, ajoute l’intervenante en faisant remarquer que l’éventualité d’un placement en résidence est un facteur d’angoisse considérable.

Mais voilà, l’humain étant ce qu’il est, ce don de soi l’amènera à s’oublier, ce qui n’est pas sans conséquence sur le moral. Comprendre ses limites, reconnaître ses émotions, apprendre à s’adapter à la situation, voilà quelques-unes des pistes sur lesquelles on vous guidera si vous faites appel au CABSB.

On vous apprendra aussi à respirer, à diminuer votre stress, tout comme on vous informera sur des choses aussi pointues que la fiscalité et les crédits d’impôt. On vous enseignera également à penser à vous. «Il faut que le proche aidant trouve du temps pour lui. Il doit se divertir, s’amuser, se faire plaisir. Son plus grand besoin demeure toujours le répit», indique l’intervenante.

Le répit, voilà qui fait aussi partie de l’offre, au CABSB. Mais n’attendez pas d’être au bout du rouleau : 450-430-5056 [www.cab-solange-beauchamp.com].