Un simple tour sur le site officiel du Parti conservateur du Québec vous permettra de confirmer la nouvelle.
Son engagement politique ? Mettre à profit ses douze années comme maire d’Oka pour proposer des solutions concrètes aux citoyens de Blainville.
Deux semaines plus tôt, M. Quevillon se montrait plutôt favorable au souverainisme et cherchait à représenter le Parti québécois dans Mirabel. Une autre candidature ayant été retenue, l’ancien maire a trouvé chez les conservateurs sa nouvelle famille politique.
« Ma candidature s’est décidée rapidement, dans les deux dernières semaines, écrit M. Quevillon sur son compte Facebook. Il était important pour moi de trouver une formation dont les idées rejoignent les miennes : liberté d’expression, d’opinion et d’action, respect des différences, dialogue et écoute. »
Pascal Quevillon dit réaliser, après des discussions avec plusieurs citoyennes et citoyens, que « les priorités des Québécoises et Québécois sont aujourd’hui ailleurs ». D’ailleurs, soutient le candidat, son expérience comme maire lui a appris que « les citoyens ne cherchent pas de grands débats idéologiques, mais des solutions concrètes ».
Un virage idéologique « difficile à comprendre »
Pour Rémy Trudel, professeur associé à l’École nationale d’administration publique, « on ne passe pas d’un parti avec une position très claire à un autre parti plus à droite […] ».
« Et généralement, poursuit l’ancien ministre péquiste des Affaires municipales, pour avoir été dans l’arène politique pendant 20 ans, les changements soudains de partis, ce n’est pas très, très, très salué par la population en général, parce que ça se termine par un point d’interrogation. Pourquoi? »
« C’est un virage très impressionnant et difficile à comprendre », soutient-il, soulignant qu’au final, « c’est la population qui va décider ».
M. Trudel salue toutefois le saut au provincial de Pascal Quevillon. Selon lui, ce dernier, ayant été maire, connaît bien l’engagement public.
« Il sait ce que c’est, particulièrement quand il était maire d’Oka, il sait ce que c’est que de défendre l’opinion des citoyens, surtout quand l’opinion est divisée, comme ça l’était, comme ça l’est toujours dans sa municipalité », dit-il.
Joint par la rédaction, M. Quevillon s’est d’abord montré réticent, évoquant sa déception face à la couverture médiatique dont il a fait l’objet dans les derniers mois. Il a ensuite proposé de répondre à nos questions à condition qu’on lui garantisse de ne pas revenir sur l’enquête menée par le conseil municipal à son endroit. Le Journal n’a pas pu s’engager à une telle condition.
M. Quevillon n’a pas souhaité répondre à nos questions.
L’influence du parcours personnel
Ancien maire d’Oka de 2014 à 2025, Pascal Quevillon a été défait par Patrick Hardy aux élections municipales de 2025 par 114 voix. La fin de son mandat a été marquée par une enquête menée en vertu de la Politique de prévention et de prise en charge du harcèlement, de la violence, de l’incivilité et de traitement des plaintes de la municipalité.
Un comité formé de trois conseillers municipaux et d’un membre indépendant, chargé d’examiner la plainte déposée par l’ex-directeur général Réal Brassard, qui avait démissionné dans la foulée, a écarté toute allégation de harcèlement contre le maire. Quatre points mineurs, liés à de l’incivilité plutôt qu’à du harcèlement, avaient tout de même été soulevés.
Selon Rémy Trudel, ce n’est pas la défaite électorale en elle-même qui change la donne pour un candidat, mais bien l’enquête qui l’entoure. Le professeur associé à l’ENAP estime que c’est probablement ce qui explique le refus initial du PQ. « Parce qu’on ne veut pas de controverses [autour] des candidats, des controverses qui ne sont pas terminées. »
Les partis, ajoute-t-il, vérifient toujours le passé des candidats pressentis, avec raison, car un accroc non résolu peut rapidement devenir une distraction pour la campagne, indique-t-il.
« Puis, il y a des partis, comme c’est le cas actuellement, qui disent moi, j’aime mieux vivre avec de la distraction que pas de candidat », conclut Rémy Trudel.
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