Carmen Thérien, la propriétaire de la Ferme Sadrilou, située sur le chemin de la Côte Sud, offre ce service depuis l’an dernier. En fait, après avoir essayé la formule l’an dernier et constaté l’intérêt suscité, elle l’offre en permanence cette année, de mai à octobre.
La confiance
« C’est un service basé sur la confiance, sur l’honneur, et jusqu’à maintenant, ça va très bien. On prend le risque. Jusqu’à maintenant, je pense m’être fait voler trois maïs, peut-être dû à une erreur de calcul dans le montant qui a été versé, mais c’est minime. Ce que je cherchais aussi, c’est que la clientèle soit à l’aise donc c’était aussi pour les accommoder », affirme l’agricultrice, qui a acquis la terre agricole en 1997 avec son frère et sa mère, que l’on a d’abord consacrée à l’élevage d’émeus.
Les gens peuvent se présenter sur place et entrer dans la petite cabane aménagée à cet effet afin d’y prendre les denrées de leur choix. Ils indiquent leur nom et leurs achats, puis laissent le paiement dans la caisse mise à leur disposition.
Selon Mme Thérien, le libre-service gagne en popularité. Et pour cause, on y trouve les récoltes du matin : plusieurs variétés de laitue, haricots vert et jaune, tomates cerises ou anciennes, courgettes, chou, concombre, aubergines, betteraves rouge et jaune, échalotes Saint-Anne, gingembre sans pelure, fraises, pour ne nommer que ceux-là. Les légumes plus sensibles à la chaleur prennent place dans le réfrigérateur installé sur place.
Grande variété de légumes
En fait, l’offre varie surtout selon les périodes de récolte. À l’automne, les tablettes de la cabane se rempliront de courges d’hiver et de citrouilles. À la Ferme Sadrilou, on cultive une trentaine de légumes, incluant quelques fruits.
L’endroit se remplit même d’asperges dès le mois de mai, ce légume étant l’un des premiers à sortir de terre en saison de récolte. À la Ferme Sadrilou, on n’utilise pas à proprement parler de véritable serre, mais plutôt ce que Mme Thérien appelle un « tunnel gothique ».
En offrant le libre-service, Mme Thérien y a vu plusieurs avantages. D’abord, rendre service aux membres de sa communauté, qui veulent se procurer des denrées fraîches sans attendre l’horaire du marché extérieur, mais aussi se libérer de la tenue du kiosque. De son propre aveu, elle gagne du temps pour s’occuper de sa ferme, composée de poules, d’un cheptel d’une vingtaine de chèvres de boucherie et d’une ruche d’abeilles.
L’agricultrice aménage également un autre kiosque, hors du libre-service. D’ailleurs, elle dit observer un engouement pour ses deux kiosques.
« Parce qu’à la ferme, on a aussi des poules en liberté, des chèvres Boer, pour la viande. Donc on vend de la viande de chevreaux et des œufs aussi. Il y a des produits transformés. On vend différentes confitures, des betteraves marinées, du sirop d’érable et du miel, parce que cette année on a installé une ruche sur la ferme et on a notre première production de miel. »
Bref, l’expérience se révèle positive et pourrait fort bien se poursuivre au fil des ans, si l’on se fie aux propos enthousiastes de Carmen Thérien, la propriétaire de la Ferme Sadrilou.

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