logo journal nord-info
icon journal
Fin des critères de notes pour l’admission aux PPP dès 2027

Photo Reine Côté – Le directeur général du CSSMI, Roch-André Malo, se dit confiant des impacts positifs du retrait des critères de notes pour l’admission aux PPP.

Fin des critères de notes pour l’admission aux PPP dès 2027

Publié le 16/02/2026

En vue de rehausser l’adhésion des élèves à l’un des programmes pédagogiques particuliers sur le territoire des Basses-Laurentides, les écoles secondaires relevant du Centre de services scolaires des Mille-Îles supprimeront les critères de note dès 2027. On mise sur une plus grande motivation des élèves dans un cadre de mixité scolaire.

Dès la prochaine période d’inscription au secondaire du 1er cycle, les élèves ne seront plus sélectionnés selon leurs notes. Une nouvelle mesure qui ne signifie pas pour autant l’absence d’exigences. « Les projets pédagogiques particuliers régionaux demeurent encadrés par des attentes claires en matière d’engagement, d’efforts et de persévérance, ainsi que par des mécanismes de suivi et de soutien », soutient la direction du CSSMI.

Pour le CSSMI, il s’agit là d’une décision majeure, présentée même comme avant-gardiste. L’objectif ultime du CSSMI ? Voir au moins 75 % de sa population étudiante qui se dirige vers l’étape du secondaire s’inscrire à l’un des PPP offerts.

À l’heure actuelle, 30 % de la clientèle étudiante est inscrite à l’un des PPP régionaux et, si l’on intègre les projets pédagogiques offerts par les écoles à leur clientèle régulière, on dépasse les 50 %, a indiqué le directeur général du CSSMI, Roch-André Malo, dans un entretien avec le journal, en compagnie d’Isabelle Guay, directrice du service d’organisation scolaire et du transport.

Favoriser les PPP locaux

Jusqu’à présent, la plupart des programmes étaient offerts dans une perspective régionale. Désormais, on invite chacune des écoles secondaires de la région à déployer ses propres projets pédagogiques particuliers, ce qui pourrait ainsi favoriser un plus grand nombre d’élèves inscrits sur le territoire. L’objectif visé est que chaque école secondaire offre des PPP locaux.

Des PPP pouvant couvrir une grande diversité de domaines, précise-t-on, notamment en arts, en danse, en multimédia, en sciences, en sport et plein air, et même en engagement communautaire. L’intention est nettement de permettre aux élèves de choisir un projet selon leurs intérêts.

« Nous avons entrepris cette démarche en veillant à ce que les projets pédagogiques particuliers régionaux continuent de répondre aux besoins de nos élèves, en leur offrant un environnement d’apprentissage stimulant tout en élargissant l’accès. Notre objectif est de concilier équité, qualité pédagogique et motivation, afin que chaque élève puisse bénéficier d’un encadrement structuré et d’un parcours favorisant pleinement sa réussite », Isabelle Guay, directrice du service de l’organisation scolaire et du transport, CSSMI.

Renforcer la mission éducative

Le directeur général du CSSMI, Roch-André Malo estime que la mission éducative s’en trouvera renforcée puisque cette nouvelle approche rendra les PPP plus accessibles à un plus grand nombre d’élèves, en plus d’assurer une offre diversifiée et durable de projets pédagogiques particuliers dans toutes les écoles secondaires de quartier.

Rappelons que l’offre de PPP actuelle se déploie ainsi : programme alternatif, programme d’éducation intermédiaire (PEI), programme de formation musicale intensive (FMI), programme sport-études, programme régional de football, programme de santé globale, programme de hockey féminin.

L’idée de rehausser le nombre d’élèves inscrits à l’un des PPP relève d’une directive émise par le ministère de l’Éducation, qui a contribué au financement d’une plus grande étendue de projets pédagogiques particuliers locaux. Mais le critère de sélection à partir des notes est une initiative du CSSMI.

En supprimant le critère des notes, la direction du CSSMI croit que la motivation des élèves bénéficiera de la présence d’élèves initialement plus performants.

« Le pari qu’on fait, c’est que les élèves qui sont peut-être moins performants, et qui vont avoir accès à des PPP, vont réussir quand même leur parcours à travers le PPP par le fait qu’ils ont choisi un programme qui les intéresse et que ça va susciter leur motivation suffisamment pour que, même s’ils sont moins performants que d’autres, ils vont atteindre les objectifs. Ce n’est pas un pari audacieux, selon nous. On est confiants. Et le changement le plus important, c’est l’impact sur la composition de la classe régulière. Pour l’élève ayant des besoins particuliers qui va être dans une classe régulière, le fait de côtoyer des élèves plus performants, d’avoir une mixité dans la composition de sa classe, ça va favoriser davantage sa réussite. C’est ce que démontrent les recherches sur lesquelles on s’est appuyé », souligne M. Malo.

Démarche consultative

Ce dernier affirme que le changement d’approche s’est fait en adéquation avec les membres du conseil d’administration et après une démarche consultative auprès de la population, ce qui a permis de prendre le pouls. « Il s’agit d’une décision courageuse du conseil d’administration. Après avoir considéré les enjeux et les impacts possibles, les membres ont choisi de privilégier la réussite et le bien-être de l’ensemble des élèves, en favorisant l’équité et l’inclusion. Cette décision traduit également une vision ambitieuse et inclusive de l’éducation, où chaque élève peut trouver sa place, développer ses talents et persévérer dans son parcours scolaire, tout en renforçant le sentiment d’appartenance et la motivation à apprendre », laisse savoir celui-ci.

« Le CSSMI se positionne comme un chef de file dans la lutte contre l’école à plusieurs vitesses, où le parcours des élèves reste trop souvent influencé par le statut socioéconomique et les résultats scolaires. Cette décision est cohérente avec les orientations ministérielles en matière d’inclusion scolaire, qui visent une école publique accessible, équitable et axée sur la réussite et la diplomation du plus grand nombre, telles que définies dans le Plan stratégique 2023-2027 du ministère de l’Éducation », conclut le directeur du CSSMI.