Elle aura été la première et unique grande usine d’assemblage automobile de l’histoire du Québec.
En 1964, le constructeur automobile choisit Sainte-Thérèse-Ouest, qui deviendra plus tard Boisbriand, pour y implanter une usine d’assemblage automobile.
L’usine entre en activité en 1965 et devient surtout un important moteur d’emploi. Elle compte plusieurs milliers de travailleurs. Travailler chez GM représente pour de nombreuses familles de la région la promesse d’un emploi stable et bien rémunéré.
En 2001, le chroniqueur de Nord Info Luc Proulx revient avec nostalgie sur les années de gloire de l’entreprise dans son article intitulé « Changer de char ». Il se remémore l’arrivée de GM à Sainte-Thérèse-Ouest et l’effet que pouvait avoir l’obtention d’un emploi à l’usine sur la vie d’une famille.
Proulx se souvient encore de son père s’indignant « qu’[un] job de shop soit tout au plus payante que sa position de fonctionnaire fédéral, après quinze années d’ancienneté ». Ces emplois permettaient à de nombreuses familles d’accéder à un niveau de vie enviable, laisse-t-il entendre. « Et son courroux augmentait en réalisant que sa nièce […] pouvait s’acheter un char neuf », affirme le chroniqueur.
Comme un couperet
GM s’implante stratégiquement à proximité de l’autoroute 15 et d’une voie ferrée afin de développer ses activités au Québec. Autour d’elle se développe également tout un réseau de fournisseurs et de sous-traitants.
Mais à l’aube des années 2000, l’avenir de l’usine s’assombrit. Des démarches sont entreprises afin d’assurer sa survie. Puis, en septembre 2001, le couperet tombe.
Dans son édition du 29 septembre 2001, Nord Info annonce qu’« après des années d’interrogations, GM ferme son usine de Boisbriand ».
La production doit prendre fin en septembre 2002, laissant les quelque 1 200 travailleurs restants devant la perspective de perdre leur emploi. La présidente de GM Canada vient elle-même livrer la mauvaise nouvelle sur le plancher de l’usine, qualifiant la décision d’« extrêmement difficile et déchirante ».
Elle explique que l’entreprise a tenté de trouver une solution pour maintenir ses activités, mais que « GM se retrouve avec une surcapacité de production d’un million de véhicules par année », confie Maureen Kempston Darkes. « À un moment donné, il faut que quelque chose cède », explique-t-elle dans l’article.
« Le syndicat se sent trahi », titre Nord Info
Du côté des travailleurs, la pilule ne passe pas. La nouvelle provoque colère et incompréhension.
Pour le président du syndicat local des Travailleurs canadiens de l’automobile, Sylvain Bélanger, « c’est un mardi noir pour les travailleurs ».
Les représentants syndicaux estiment avoir fait leur part pour maintenir l’usine compétitive. Selon eux, des concessions et des efforts avaient été consentis afin d’assurer sa survie.
Le syndicat estime ainsi que plusieurs milliers d’emplois au Québec pourraient dépendre, directement ou indirectement, de l’activité de l’usine.
Boisbriand refuse de baisser les bras
Moins de 24 heures après l’annonce de la fermeture, le maire de Boisbriand, Robert Poirier, également président du Comité de soutien à l’industrie automobile des Basses-Laurentides, présente un plan visant à relancer l’industrie automobile régionale.
« Le maire de Boisbriand propose un plan pour relancer l’industrie automobile », écrit Nord Info.
« Il y a trois ans que nous nous battons pour la survie de cette usine et ce n’est pas aujourd’hui que nous allons baisser les bras », affirme Robert Poirier. Même si GM quitte Boisbriand, le savoir-faire développé pendant plusieurs décennies, lui, demeure dans la région, soutient le maire.
Il souhaite miser sur la main-d’œuvre qualifiée, les fournisseurs et les sous-traitants déjà implantés, les terrains disponibles et la longue expérience de la région dans l’industrie automobile.
Des tentatives pour rebondir
Une étude réalisée avec la Société de développement économique Thérèse-De Blainville avait notamment permis de dresser un inventaire des entreprises susceptibles de fournir des pièces aux constructeurs automobiles nord-américains.
Nord Info rapporte que Boisbriand disposerait également de plusieurs millions de pieds carrés de terrains pouvant accueillir de nouvelles activités industrielles.
Le maire envisage notamment la création d’un parc consacré à la sous-traitance automobile et souhaite mobiliser les gouvernements du Québec et du Canada autour du projet.
Malgré les démarches entreprises pour sauver l’usine, GM ferme définitivement ses portes en août 2002, après 37 années d’activité et plus de quatre millions de véhicules produits. L’usine est ensuite démolie pour faire place au Faubourg Boisbriand, tournant ainsi la page sur tout un chapitre de l’histoire industrielle de la région.

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