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Jean Comtois, de commerçant à maire de Lorraine

Photo Nathaniel Bronner – Élu conseiller pour la première fois en 2009, Jean Comtois occupe aujourd’hui le cabinet du maire de Lorraine, où il a entamé un troisième mandat en novembre 2025.

Jean Comtois, de commerçant à maire de Lorraine

Publié le 26/10/2026

Lorsqu’on est venu le chercher aux élections de 2009 pour devenir conseiller municipal à Lorraine, Jean Comtois croyait même qu’il s’agissait de bénévolat.

Dix-sept ans plus tard, il est toujours à l’hôtel de ville, cette fois comme maire, et il a décroché un troisième mandat en novembre 2025.

Avant la politique, il y a eu le commerce. En 1991, Jean Comtois et sa femme achètent un magasin de luminaires qui fait alors partie d’un groupe. Au début, ils sont seuls à avoir les clés et tiennent le magasin de 9 h à 21 h, samedi et dimanche compris. En 2000, le couple quitte le groupe et devient indépendant sous le nom d’Ambiance Luminaire. Le groupe voulait s’attaquer à une clientèle plus jeune, alors que le magasin était plutôt moyen-haut de gamme.

« Ce n’était pas notre marché du tout. On ne pouvait plus apporter au groupe, puis le groupe ne pouvait plus nous apporter non plus », raconte-t-il.

Tout s’arrête en 2014. Le propriétaire de l’immeuble, qui veut le démolir, offre bien un bail de 10 ans, mais avec une clause qui lui permet d’y mettre fin avec trois mois d’avis. La famille continue plutôt dans le secteur de l’automobile d’occasion, où elle est encore aujourd’hui. Ses deux enfants y travaillent, l’un aux ventes, l’autre à l’administration.

« Ce sont mes enfants qui ont pris la relève », dit-il.

L’argent des contribuables

Pendant ses huit années comme conseiller, Jean Comtois a présidé la commission des finances.

« Pour moi, c’était important. Je voulais faire la gestion des dépenses, des revenus, des taxes, de la dette », explique-t-il.

Il affirme d’ailleurs que le conseil n’a jamais augmenté les taxes au-delà de l’inflation. Le passage du privé au public lui a appris la prudence dans les dépenses.

« Tu n’as pas le droit à l’erreur. Si tu fais une erreur, tu viens de dépenser l’argent des citoyens pour rien », résume-t-il.

Une affaire d’équipe

Sa plus grande fierté? Avoir gardé la même équipe de sept élus, sans chicane majeure après 9 ans de fonction.

« Ce n’est pas juste grâce à moi, c’est grâce à l’équipe. Je ne suis pas un one man show », répète-t-il à quelques reprises.

Il a aussi appris à déléguer. Comme seul propriétaire de son commerce, il n’avait pas à le faire autant.

« Il faut que tu acceptes que ça ne sera pas fait comme toi tu l’aurais fait, mais qu’à la fin, ça va être fait pareil. C’est un art, de déléguer. »

Le polydôme lui tient à cœur

Il y a tout de même un dossier qui fait monter le ton du maire : le polydôme. Ce projet de patinoire réfrigérée, couverte d’un toit, mais sans murs, doit prendre place au parc Lorraine. Jean Comtois le voit comme un équipement régional, qui servirait aussi aux gens des villes voisines.

Québec a refusé deux demandes de subvention de la Ville, dont une en août 2024. Selon le maire, une des réponses indiquait que le programme vise surtout les milieux défavorisés et que le revenu familial moyen à Lorraine est trop élevé. Une troisième demande est en attente.

« Ça m’a insulté. Quand tu as un revenu plus élevé, tu dépenses plus, tu paies plus d’impôt. Je ne comprends pas la logique », lance-t-il.

Le projet verra le jour avec ou sans subvention, assure-t-il. La Ville compte lancer des campagnes de financement et accepter des commandites, une option écartée jusqu’ici parce qu’on ne voulait pas mettre un nom d’entreprise sur le bâtiment.

Le café du matin

La famille reste sa base. Ça fait 45 ans qu’il est avec la même femme, rencontrée quand il avait 18 ans. Il est aussi grand-papa tout neuf : son fils est devenu père il y a quelques semaines et sa fille attendait son bébé d’un jour à l’autre au moment de l’entrevue.

Pour la suite, il se pose la question. Sur sa relation avec le pouvoir, il explique que le pouvoir n’est pas important pour lui : « Ce n’est pas moi. C’est nous. » Il ne veut pas s’accrocher jusqu’à « sentir la soupe chaude ». Son objectif est de partir pendant que ça va bien, en laissant une équipe en santé et des finances en ordre. Il rêve de voir l’Europe et il est « hors de question » de ne pas voir grandir ses petits-enfants. Il n’a toutefois pas encore fixé de « date d’expiration ».

Son silence préféré? Chaque semaine, le matin au chalet, assis sur le balcon avec son café, son ordinateur sans travail, seul au bord de l’eau : « C’est mon moment magique. »