Son directeur général, Patrick Préville, estime que les coopératives d’habitation pourraient contribuer davantage à atténuer la crise du logement, à condition de leur donner les moyens de se développer. Dans les Laurentides, la FHCQ recense 18 coopératives, dont certaines en développement, et plus de 400 logements.
Selon les données rapportées par la FHCQ dans une déclaration publiée le 1er octobre, 20 % des locataires éprouvent des difficultés à payer leur loyer, tandis que les dossiers d’insolvabilité ont augmenté de 47,7 % au Québec entre 2021 et 2025.
Pour Patrick Préville, ces difficultés témoignent d’un problème structurel qui dépasse largement la disponibilité des logements.
« Le bilan d’habitation au Québec n’est pas rose », constate-t-il en entrevue avec Info Laurentides.
Selon lui, le Québec a longtemps considéré le logement social et communautaire comme une solution temporaire destinée principalement aux ménages les plus vulnérables, plutôt que comme une composante essentielle de son développement économique et social.
« On ne construit pas assez de logements sociaux. Il n’y en a pas en quantité suffisante pour tout le monde, déplore-t-il. Le filet social est troué aujourd’hui, on ne réussit pas à attraper tout le monde ».
Les Laurentides comptent 18 coopératives d’habitation
La région compte notamment plusieurs coopératives à Saint-Jérôme et à Boisbriand. D’autres se trouvent à Deux-Montagnes, Saint-Eustache, Mont-Laurier, Sainte-Thérèse et Rosemère, tandis que des projets sont en développement à Val-David et à La Conception.
Parmi les 12 coopératives pour lesquelles les données sont disponibles, la taille moyenne est de 31,16 logements.
Leur développement a notamment été rendu possible grâce à des programmes comme AccèsLogis, le Programme de logement sans but lucratif privé et d’anciens programmes fédéraux destinés aux coopératives.
Pour Patrick Préville, ce modèle pourrait occuper une place beaucoup plus importante dans l’offre résidentielle québécoise.
« Je pense qu’il faut arrêter de voir le modèle uniquement comme étant un modèle qui s’adresse aux classes de la société parmi les plus démunies », affirme-t-il.
Selon lui, les ménages de la classe moyenne pourraient également bénéficier de ce modèle, dans un contexte de hausse des coûts d’habitation.
Une solution pour améliorer le pouvoir d’achat
Contrairement au marché immobilier traditionnel, les coopératives d’habitation reposent sur un modèle de propriété collective et de gouvernance démocratique.
Leurs membres participent à la gestion de leur milieu de vie, tout en bénéficiant d’une formule qui peut contribuer à limiter les coûts d’habitation.
Patrick Préville y voit également un outil de développement économique.
« C’est un modèle d’habitation qui est innovant. Encore aujourd’hui, malgré que ça fait plus de 50 ans qu’on est en opération, c’est encore innovant », soutient-il.
La FHCQ estime d’ailleurs que le Québec devrait viser une proportion de 20 % de logements sociaux et communautaires d’ici 2050, ce qui permettrait approximativement de doubler leur place actuelle dans le parc résidentiel.

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