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L’art d’entreprendre pour la cause avec Mario Pelchat et Claire Lemaître-Auger

Photo Reine Côté – Le couple Lemaître-Auger-Pelchat a gentiment accepté de s’associer à la campagne de financement de l’Académie des arts trouve ta voie en accueillant des gens d’affaires à la demande de la directrice de l’organisme, Joëlle Doré-Hébert, avec une formule dégustations et conférence, le 11 juin dernier.

L’art d’entreprendre pour la cause avec Mario Pelchat et Claire Lemaître-Auger

Publié le 19/06/2026

Des entrepreneurs de la région ont participé, le 11 juin dernier, à une activité-bénéfice de l’Académie des arts Trouve ta voie au Domaine Pelchat-Lemaître-Auger.

Au programme : visite de la cuverie, dégustation de vins accompagnée de bouchées gastronomiques locales et confidences du couple formé de Mario Pelchat et Claire Lemaître-Auger.

« En prenant part à cet événement, vous contribuez directement à la mission de l’Académie des arts Trouve ta voie, qui favorise l’inclusion, l’autodétermination et le pouvoir d’agir des personnes de 5 ans et plus vivant avec une déficience intellectuelle, physique ou un trouble du spectre de l’autisme, en utilisant l’art comme moyen d’intervention et de sensibilisation », annonçait préalablement l’organisme, actuellement en pleine campagne de financement afin d’élargir son offre d’activités à un plus grand nombre de participants.

« Merci de vous être déplacés pour cette cause qui nous tient à cœur. Trouve ta voie, c’est un exemple d’organisme. Joëlle et toute son équipe se dévouent, se donnent cœur et âme pour ces jeunes-là qui sont nés avec une différence et ça, c’est louable », a commenté le célèbre hôte du Domaine Pelchat-Lemaître-Auger.

Un charme incontestable

Ceux qui ne s’étaient jamais rendus au vignoble du célèbre chanteur en sont certainement ressortis étonnés, charmés et inspirés par cette terre devenue, au fil des ans, un respectable vignoble dont plusieurs produits ont été récompensés dans de prestigieux concours. Inspirés également par le parcours entrepreneurial d’un couple venu d’un tout autre univers et qui s’est pris de passion pour l’aventure agricole.

L’entrepreneuriat, Mario Pelchat l’a appris à la dure. Une faillite à l’âge de 26 ans l’a poussé à prendre ses affaires en main et à créer sa propre maison de production.

La viniculture constitue un véritable tournant dans la vie du chanteur, qui cherchait une façon de consolider son retour d’union avec Claire, fragilisé par un divorce antérieur. Elle voulait des chevaux; lui a déniché cette terre à vendre sur le chemin Principal, à Sainte-Joseph-du-Lac. Encore fallait-il se déclarer producteur pour acquérir cette terre en zone agricole. La perspective de devenir vigneron s’est alors imposée d’elle-même.

C’est ce que racontent Mario et Claire dans Notre terre promise, un documentaire qui relate leur parcours agricole depuis 2007.

Dans une cave vinicole, une personne tenant des documents gesticule devant de grandes cuves inox de fermentation sur sol rouge
Photo Reine Côté – Colette Lévesque, l’une des premières collaboratrices au vignoble, fait découvrir la cuverie.

L’aventure agricole

Alors qu’ils résidaient toujours sur l’île de Montréal, le couple mettra dix ans avant de faire construire sa grande maison de style américain et de se décider à devenir de véritables vignerons. Pendant cette période, ils ont trimé comme des forcenés d’une vigne à l’autre, n’ayant pour tout logis sur place qu’une simple roulotte installée sur le terrain.

Rien n’était pourtant gagné pour ce couple qui faisait le pari d’une aventure commune, avançant dans la même direction sans véritable connaissance de la viniculture et débutant simplement par la vente de ses récoltes de raisins.

« On est parti de rien. On aime ça construire tous les deux, alors on a créé. On l’a monté, on a tout appris », a souligné Mario Pelchat en s’adressant aux invités, accompagné de sa femme Claire.

Puis l’idée de faire du vin a fait son chemin. Claire Lemaître-Auger se rappelle encore cette matinée où elle a vu partir son célèbre partenaire suivre une formation en viniculture. C’était le point de départ d’un projet où tout restait à accomplir.

Elle se souvient également des jours, des mois et des années passés à travailler dans les vignes.

Car il faut bien le dire, et le couple le confirme : le succès d’un vignoble n’est aucunement tributaire du facteur chance. Il exige du travail, encore et toujours. Beau temps, mauvais temps, et Dieu sait que Dame Nature impose ses caprices au Québec.

Du travail, encore et encore

« Un parcours d’entrepreneur, c’est des sacrifices, parfois des essais-erreurs et c’est toujours en prenant les bouchées doubles, en y croyant avec confiance qu’on y arrive », a souligné l’artiste devenu homme d’affaires.

« Être entrepreneur, ce n’est pas facile, mais à travers toutes les difficultés, on se fait émonder comme une vigne. On se sent embelli dans le cœur, on s’embellit au niveau du caractère. Il y a des choses mauvaises qui partent. Les épreuves, c’est bon, ça nous rend meilleurs », a pour sa part commenté Claire Lemaître-Auger, soulignant qu’elle assure la partie cœur de l’entreprise.

Puis, la vie étant ce qu’elle est, des drames personnels peuvent survenir en cours de route. Mario Pelchat a ainsi perdu en 2019 celle à laquelle il était profondément attaché depuis toujours : sa mère. Ce décès, ajouté à la fatigue accumulée, l’a poussé à s’envoler avec sa conjointe vers la France pour un séjour exploratoire dont il est revenu avec de nouvelles idées.

Trois personnes sur scène devant un rideau bleu, l'une debout au pupitre avec micro, deux autres assises tenant un sac cadeau
Photo Reine Côté

Du flair et des vins

L’une d’elles s’est avérée particulièrement payante : l’acquisition d’une vendangeuse mécanique. En s’équipant d’un tel appareil, le domaine pouvait cueillir en quatre heures les raisins normalement ramassés par une soixantaine de travailleurs sur deux week-ends.

On peut dire que le couple a eu du flair, puisque la pandémie survenue peu après a sérieusement compliqué l’embauche de travailleurs provenant principalement d’Amérique latine.

En 2021, le couple agrandissait son territoire avec l’achat d’une nouvelle terre. Avec le temps, de nouveaux bâtiments ont été construits : celui destiné aux cuves inox et aux fûts de chêne, un autre pour les équipements mécaniques et l’outillage essentiel, puis la grande salle de réception qui comprend un service de restauration assuré par un chef cuisinier ainsi qu’une boutique où l’on vend les vins du domaine et divers articles conçus par Claire Lemaître-Auger, designer professionnelle.

Le vignoble produit aujourd’hui six vins : le rosé LA PROMISE, le blanc LES DEMOISELLES élevé en cuve inox, le blanc L’ÉPOUSE élevé en fût de chêne, le rouge L’ÉPOUX ainsi que le mousseux LA NOCE.

Pourquoi ces noms ?

« Il fallait que nos vins nous représentent en quelque sorte, c’est pourquoi nous avons choisi le thème du mariage », expliquent-ils, eux qui sont passés par deux mariages entrecoupés d’un divorce.

Notons que LA PROMISE, LES DEMOISELLES et LA NOCE ont remporté une médaille d’or, tandis que L’ÉPOUX, LES GARÇONS et L’ÉPOUSE ont obtenu une médaille d’argent lors de la Coupe des Nations 2024.

Jusqu’à maintenant, le Domaine Pelchat-Lemaître-Auger a embouteillé quelque 50 000 bouteilles. L’objectif est désormais d’atteindre le cap des 100 000.

Le secret du succès

La grande leçon tirée de cette aventure? Reconnaître l’importance de savoir s’entourer et d’accepter de déléguer, selon le couple de vignerons.

« Ce n’est pas facile de déléguer. Et c’est très bien de le mentionner; c’est l’une des clés de l’entrepreneuriat de savoir s’entourer de personnes qui vont prendre les choses en main. On ne peut pas s’occuper de tout. Sans une équipe, on n’y arriverait pas. »

Aujourd’hui, le Domaine Pelchat-Lemaître-Auger poursuit sa croissance et vise la production de 100 000 bouteilles, tout en continuant de mettre son rayonnement au service de causes qui lui tiennent à cœur.