Lors de la séance du 6 juillet, quatre élus ont voté contre la résolution finale autorisant le projet, tandis que quatre autres se sont prononcés en sa faveur. Barbara Morin, Johane Michaud, Armando Melo et la conseillère du district concerné, Katherine Vézina, s’y sont opposés.
Les quatre conseillers de l’équipe du maire Christian Charron, Michel Milette, Mylène Morissette, Héloïse Bélanger et Jacynthe Prince, ont voté pour, créant ainsi une égalité. Le maire Christian Charron a tranché en faveur du projet.
Une dérogation au zonage contestée
Les élus opposés au projet critiquent notamment la dérogation au règlement de zonage découlant de la grille des spécifications C-254, qui permet un maximum de quatre étages.
La conseillère Katherine Vézina se dit déçue du vote et dénonce un manque d’écoute de la part du maire et de son équipe, tant envers les citoyens qu’envers elle-même.
« Normalement, on cherche à écouter les conseillers du district, puisque ce sont eux qui connaissent le mieux les attentes de la population et les enjeux propres à leur secteur », déclare-t-elle.
La conseillère Barbara Morin a rappelé être demeurée constante dans son opposition à l’ajout des deux étages supplémentaires, précisant qu’elle aurait été favorable à un projet de quatre étages, conforme au zonage actuel.
Selon elle, la réglementation actuelle prévoit une hauteur maximale de quatre étages. Elle estime qu’il importe de « respecter les règles en vigueur ainsi que la vision d’aménagement déjà établie pour le milieu de vie ».
Selon Mme Vézina, le promoteur tente de faire avancer un projet sur ce site depuis plus de 20 ans. Elle précise que le zonage du terrain a été établi il y a plusieurs années à la suite de consultations publiques avec les citoyens.
Ces derniers, selon Mme Vézina, auraient préféré y voir des maisons de ville ou des bungalows, mais ils étaient conscients qu’il fallait faire des concessions.
« Le compromis qui avait été trouvé avec la ville à l’époque, c’était d’accepter un [immeuble de] quatre étages. »
La conseillère rappelle que, sous l’ancienne administration, tout projet dépassant quatre étages était bloqué avant même d’être soumis aux citoyens.
« Avec l’arrivée de M. Charron, le promoteur a présenté des 6-7 étages. M. Charron les a présentés à la population. C’est là que ça a créé beaucoup de tollés. Les citoyens ont rempli la salle du conseil pour montrer qu’ils étaient contents de le rejeter. »
– Katherine Vézina, conseillère du district 5, Sainte-Thérèse
Elle critique également le manque d’ouverture du maire, soulignant avoir tenté à plusieurs reprises de discuter avec lui afin de retravailler le projet pour qu’il soit mieux accepté par la population.
« Mais je n’ai pas ressenti d’écoute du tout de la part de M. Charron et de son équipe. C’est pour ça qu’en public, j’ai voté contre le projet », justifie-t-elle.
Le maire défend les retombées du projet
Christian Charron affirme que le conseil est divisé depuis plus de quatre ans, avec un bloc de quatre conseillers d’opposition. Il estime néanmoins que la Ville continue d’être bien gérée et de réaliser ses projets malgré cette partisanerie.
Il défend un projet socialement et environnementalement « intéressant » qui comporte, selon lui, des retombées significatives.
« On a obtenu 10 % de logements abordables garantis pendant 10 ans, 5 % de logements sociaux garantis pendant 10 ans », souligne-t-il, ajoutant que « jusqu’à maintenant, on n’avait jamais obtenu de logements sociaux en retour de projets immobiliers ».
Selon le maire, le projet permettra également d’améliorer la gestion des refoulements d’égout grâce notamment à l’aménagement de bassins de rétention qui réduiraient les débits d’eau lors de fortes pluies.
Interpellé sur la dérogation au zonage, le maire répond que « ce n’est pas pour rien que le gouvernement du Québec a donné des supers pouvoirs aux municipalités, justement pour pouvoir construire plus que le zonage ».
« Si à un certain moment, on ne construit pas ces immeubles-là avec des logements sociaux, je ne pense pas que vous allez aimer ça s’il y a un campement qui s’installe. […] »
– Christian Charron, maire de Sainte-Thérèse
Un traitement inégal dénoncé
La conseillère Katherine Vézina dénonce par ailleurs une application qu’elle juge inégale des critères d’évaluation des projets selon les districts.
Elle cite le cas d’un projet au 55, rue des Pianos, refusé récemment par le comité consultatif d’urbanisme (CCU) en raison d’un nombre insuffisant de cases de stationnement, alors que ce projet présente, selon elle, des enjeux similaires.
« Il manquait de stationnement […] Dans le compte-rendu, on le voit bien que le projet est refusé parce qu’il ne propose pas assez de stationnement, alors qu’on est dans les mêmes enjeux […] on est à côté de la gare », fait-elle valoir.
« Non seulement il y a six étages, mais il n’y a même pas une case de stationnement par logement. »
– Katherine Vézina, conseillère
La rentabilité du projet remise en question
La conseillère remet également en question la rentabilité invoquée pour justifier les six étages, citant des projets de quatre étages en construction à moins d’un kilomètre, à l’intersection des rues Desjardins et Joseph-Hamelin.
Elle estime qu’un immeuble de quatre étages aurait suffi à répondre aux besoins du secteur, où plusieurs projets immobiliers sont déjà en construction.
« Le promoteur dit que quatre étages, ce n’est pas payant, mais moi je ne comprends pas pourquoi, au Joseph-Hamelin, à moins d’un kilomètre de là, on est capables de construire quatre étages », s’interroge-t-elle.
Mme Vézina dit vouloir maintenant s’assurer que le promoteur respecte ses engagements envers les citoyens, notamment en matière de gestion de la circulation.

MOTS-CLÉS
Katherine Vézina
156 rue Turgeon
Sainte-Thérèse
Christian Charron