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Le projet du Centre Gabriel-Fugère n’ira pas de l’avant

Photo : Bergeron Thouin Associés Architectes Inc.

Le projet du Centre Gabriel-Fugère prévoit l’aménagement d’un complexe destiné aux adultes vivant avec un trouble du spectre de l’autisme ou une déficience intellectuelle. Le Centre cherche maintenant une nouvelle municipalité pour l’accueillir.

Le projet du Centre Gabriel-Fugère n’ira pas de l’avant

Publié le 13/08/2026

Le Centre Gabriel-Fugère (CGF) met un terme à son projet de complexe d'hébergement, de services spécialisés et de recherche destiné aux adultes vivant avec une déficience intellectuelle (DI) ou un trouble du spectre de l'autisme (TSA) à Sainte-Anne-des-Plaines.

Après plus de trois ans de démarches, l’organisme estime que les conditions nécessaires à la réalisation du projet ne sont plus réunies, après avoir reçu de la Ville une lettre l’obligeant à acquérir le terrain et à obtenir un permis de construction d’ici octobre 2026, une échéance qu’il juge irréaliste dans le contexte actuel.

Trois années de préparation

Selon le Centre, le projet a mobilisé de nombreux partenaires depuis 2023, notamment le CISSS des Laurentides, la MRC de Thérèse-De Blainville, des architectes, des ingénieurs et différents organismes.

Le projet avait également obtenu deux contributions financières de la MRC afin de financer certaines études préparatoires.

Pour Daniel Fugère, directeur général du Centre Gabriel-Fugère, le changement d’administration municipale à la suite des élections de novembre 2025 a marqué un tournant dans le dossier.

« Avec l’administration précédente, nous avions une collaboration constante, affirme-t-il. Après les élections, les échanges se sont beaucoup espacés. Nous avons senti que le projet n’était plus une priorité et cela a considérablement ralenti son avancement. Nous ne pouvions pas engager des sommes importantes pour acheter le terrain sans avoir toutes les garanties nécessaires à la poursuite du projet. C’était une décision difficile, mais responsable. »

Le son de cloche n’est pas le même du côté de la Ville de Sainte-Anne-des-Plaines. Selon Caroline St-Jean, conseillère du district 3, la Ville avait acheté le terrain en 2024 pour y établir le centre, à la condition que le Centre Gabriel-Fugère procède à son achat en janvier 2026.

Selon Mme St-Jean, le nouveau conseil municipal a rencontré M. Fugère en février 2026. Celui-ci aurait alors indiqué ne pas disposer du plan financier requis pour procéder à l’achat du terrain.

« M. Fugère nous mentionnait avoir des rencontres prévues avec certains investisseurs potentiels en mars et en avril, explique Mme St-Jean lors de la séance du conseil municipal du 14 juillet. Le conseil a demandé un retour sur ces rencontres d’ici la fin avril. Nous n’avons eu aucun retour de la part du Centre Gabriel-Fugère. En juin, la Ville a demandé officiellement au Centre de confirmer ses intentions et ainsi de respecter ses engagements. En juillet, M. Fugère a annoncé qu’il ne poursuivrait pas le projet. »

La Ville de Sainte-Anne-des-Plaines soutient demeurer accessible et ouverte aux porteurs de projets, dans la mesure où ceux-ci permettent « une saine gestion des fonds publics ».

Un besoin toujours aussi important

Selon le Centre, plus de 110 000 adultes vivant avec une déficience intellectuelle ou un TSA résident au Québec et plusieurs milliers attendent toujours une place en hébergement spécialisé.

« Les besoins ne disparaissent pas parce qu’un projet s’arrête, souligne M. Fugère. Les familles continuent de chercher des solutions, particulièrement lorsque leurs proches vieillissent. Mon fils Gabriel est atteint de trisomie 21 et présente un trouble du spectre de l’autisme. Comme beaucoup de parents, je me demande ce qu’il adviendra de lui lorsqu’il vieillira. C’est cette préoccupation qui m’a poussé à développer ce projet. »

Le Centre Gabriel-Fugère affirme maintenant analyser les propositions reçues d’autres municipalités afin d’y relocaliser le projet.

Parallèlement à la recherche d’un nouveau site d’implantation, il a annoncé, cette année, la mise sur pied du Centre international de recherche sur le vieillissement des adultes autistes (CIRVAA). Cette initiative réunira virtuellement des chercheurs, des cliniciens et des universités afin de faire progresser les connaissances sur le vieillissement des personnes autistes, un domaine que Daniel Fugère juge largement sous-étudié.