C’est l’enseignante en sciences politiques, Jessie Poulette, qui animait le débat tenu dans l’espace étudiant du Collège Lionel-Groulx. Durant plus d’une heure et demie, les candidats ont tenté d’exposer leur position sur les enjeux présentés.
L’exercice s’apparentait à une réelle performance, les candidats étant tenus de présenter leurs propositions et engagements sur six points en deux minutes, avec un léger droit de réplique de 30 secondes. Il a été question du coût de la vie, de transport et de mobilité, d’économie locale et internationale, de santé et d’éducation, d’environnement et de lutte aux changements climatiques, sans oublier l’avenir du Québec par l’entremise de la question nationale.
Alors que chacun tentait d’exposer sa position sur les enjeux soulevés, Éric Girard, député sortant de Groulx, a saisi la majorité de ses prises de parole pour dresser le bilan des huit années de la CAQ au pouvoir.
Ce deuxième débat ramenait quelques thématiques déjà abordées par celui tenu le 15 septembre par l’équipe de la CCITB. Voir le texte paru dans l’édition du Nord Info du 23 septembre.

Éric Girard, de l’Équipe Christine Fréchette – CAQ, et Marie-Claude Sarrazin, du Parti québécois, ont défendu les positions de leur formation sur les différents enjeux abordés au cours de la soirée.
Coût de la vie
Sur le coût de la vie, qui englobe plusieurs aspects socio-économiques, le député Girard a rappelé l’impact crucial de la pandémie sur l’économie mondiale.
La candidate libérale Julie Tourangeau a mentionné la promesse de son parti de faire construire 100 000 logements dont 40 000 abordables, celle de rémunérer les étudiants-stagiaires, et de rehausser l’aide financière aux étudiants, alors que la représentante du Parti Québécois, Marie-Claude Sarrazin, propose de s’attaquer aux causes de la bureaucratie inutile.
Pour le candidat de Climat Québec tout comme la candidate de Québec Solidaire, il faut d’abord agir sur l’environnement.

Julie Tourangeau, du Parti libéral du Québec, présente ses positions lors du débat électoral tenu au Collège Lionel-Groulx.
Transport et mobilité
La mobilité durable est revenue sur la table lors de ce deuxième débat… ainsi que la poursuite des travaux de l’A19, qui tarde selon la candidate péquiste Sarrazin, qui a aussi plaidé en faveur du transport collectif régional : « Il faut que les Laurentides aient leur juste part de financement ».
De son côté, Marie-Noëlle Aubertin prône la gratuité de la passe mensuelle au transport collectif pour les individus de moins de 25 ans et de plus de 65 ans.

Marie-Noëlle Aubertin, de Québec solidaire, prend la parole lors du débat, sous le regard de Samuel Beauchamp, de Climat Québec.
Économie régionale et Paccar
Sur l’économie régionale et internationale, le caquiste Éric Girard a rappelé que son gouvernement avait mis en place des programmes d’aide d’urgence et « diversifié l’économie ».
Si la Solidaire préconise d’investir dans les secteurs d’avenir, le nom de Paccar est revenu dans la bouche des candidates péquiste et libérale plus d’une fois. Mme Sarrazin se demande pourquoi l’entreprise n’est pas sollicitée par le gouvernement du Québec tandis que Mme Tourangeau croit que l’actuelle règle favorisant le plus soumissionnaire défavorise justement Paccar. Éric Girard a pour sa part fait valoir que le marché de l’entreprise est tourné à 99 % vers les États-Unis.
La candidate péquiste a rappelé que son parti s’engageait à soutenir un large bassin de petites entreprises en abaissant leur fardeau fiscal ainsi qu’en favorisant l’achat local.
Santé et éducation
Pour ce qui est du chaud dossier de la santé, Julie Tourangeau présente le projet de Télésanté comme une voie facilitant l’accès à une IPS, avant de prendre le chemin de l’hôpital. Celle-ci prône aussi la tenue d’une commission spéciale sur la santé mentale des jeunes.
De son côté, M. Girard, ministre des Finances durant les deux mandats au pouvoir de la CAQ, a dressé un bilan positif de l’apport de son gouvernement au système de la santé, incluant la fin du recours aux agences d’infirmières, ainsi que des mesures qui l’ont bonifié, selon ses dires.
Selon Mme Sarrazin, l’actuel système de santé nécessite des investissements de 40 à 100 M $ sur le service de première ligne et sur le terrain avec le déploiement d’équipes multidisciplinaires, plus de médecins et plus de prévention.
La solidaire Marie-Noëlle Aubertin, enseignante au CLG, souhaiterait mettre fin à l’école à trois vitesses et estime qu’on ne financera jamais trop les projets éducatifs.
À ce chapitre, Mme Tourangeau est revenue sur l’idée de tenir des états généraux sur l’éducation dans les 100 premiers jours suivant l’élection du 5 octobre, mesure soutenue par QS, tandis que Mme Sarrazin prône l’investissement dans la recherche et au CIMEQ – associé au Centre collégial de transfert de technologie au CLG : « un joyau en recherche et développement pour améliorer la santé, mais aussi la productivité de nos entreprises », affirme la candidate péquiste.
L’environnement
En ce qui concerne l’environnement et les changements climatiques, la candidate péquiste affirme que son parti envisage une cible de réduction de 42,5 % des gaz à effet de serre d’ici cinq ans et inscrirait le développement durable au cœur de son mandat.
Alors que la candidate Tourangeau affirme l’intention de son parti d’augmenter le PQI aux villes (infrastructures grises et vertes) et laissait entrevoir l’annonce du plan de match du PLQ durant la semaine, Marie-Noëlle Aubertin prône une souveraineté énergétique et un plan de transition nécessaire.
De son côté, Éric Girard a rappelé que son gouvernement était parvenu à conserver la tarification carbone au Québec, malgré le retrait d’Ottawa. « Dernièrement, on a signé une entente de 10 milliards sur 10 ans avec le gouvernement fédéral des infrastructures et aussitôt l’entente signée, j’ai annoncé 1 milliard $ pour le traitement d’eau potable eau usée dans les municipalités du Québec », a-t-il ajouté.
Du côté de Climat Québec, Samuel Beauchamp a fait valoir les conséquences néfastes des activités de l’entreprise Stablex. Quelques interventions du candidat Beauchamp portent également sur la transparence. Il prône une plus grande liberté d’expression aux lanceurs d’alerte et sans sanctions – ce qui amènerait plus de transparence dans l’espace public –, un accès facilité à l’information, et le respect des lois environnementales provinciales existantes.
L’avenir du Québec
Sur la question nationale (référendaire) et la place réservée aux peuples autochtones, la libérale a rappelé la position fermement fédéraliste de sa formation et son intérêt à travailler en collaboration avec Ottawa, mais aussi à porter la spécificité culturelle du Québec dans l’ensemble du pays.
« Notre projet de souveraineté décrit dans le livre bleu {…} est tout à fait en phase avec la discussion d’égal à égal, nation à nation avec les peuples autochtones. {…}. Paul Saint-Pierre Plamondon s’est engagé à mener le projet d’indépendance du Québec en collaboration avec les peuples autochtones », a commenté la péquiste Marie-Claude Sarrazin.
« On se rend compte à Québec solidaire qu’il y aura une nécessité d’être indépendant pour accomplir ce qu’on veut accomplir. {…} Pour faire ça, on va créer une assemblée constituante parce que ce n’est pas Québec, l’Assemblée nationale toute seule, qui va écrire une question et soumettre ça dans un référendum. On va aller voir le peuple. Ce sont les groupes sociaux qui vont décider. Ça prend des consultations. Il faut que les gens puissent être écoutés », a affirmé pour sa part la Solidaire, Marie-Noëlle Aubertin.
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