icon journal
« Les éducateurs ont l’avenir du Québec entre les mains » — Biz

Photo Reine Côté – Biz est venu partager son expérience d’homme, de père et d’éducateur à l’occasion du 4e colloque de l’éducation à l’enfance organisée par l’Association québécoise des CPE, en collaboration avec le cégep de Sherbrooke et le Collège Lionel-Groulx.

« Les éducateurs ont l’avenir du Québec entre les mains » — Biz

Publié le 17/04/2026

Les hommes ont leur place en milieu de garde autant que les femmes. Mieux encore, être éducateur fait d’eux un meilleur homme, un meilleur père, selon l’artiste Biz, conférencier invité, le 11 avril dernier, du quatrième Colloque de l’Éducation à l’enfance, au Collège Lionel-Groulx.

C’est du moins l’essentiel du message livré par l’artiste et membre du groupe Loco Locass qui s’est adressé à une assistance remplie de professionnels du milieu de l’éducation à la petite enfance, qui participaient à ce colloque portant sur la valorisation de la mixité des éducateurs et sur l’importance de la nature et de la créativité auprès des tout-petits.

Tout au long de la journée, des ateliers attendaient les participants ainsi que des kiosques, notamment sur la recrudescence d’hommes éducateurs dans ce milieu traditionnellement perçu comme l’apanage des femmes.

Une perception qui ne reflète pas la réalité, les services de ressources humaines se montrant fort ouvertes à l’embauche d’éducateurs masculins, assurent Lysanne Denicourt, qui est chercheuse en éducation à l’enfance et enseignante, et Alain St-Pierre, aussi enseignant au même programme au Collège Montmorency.

Un artiste comblé par son enfance

Biz est de leur avis, lui qui est père d’un jeune adulte de 19 ans et d’une adolescente de 15 ans.

Élevé à Québec par des parents enseignants — sa mère étant professeure en éducation à l’enfance au Cégep de Ste-Foy — sa position en faveur de la place des hommes auprès des tout-petits a toujours été claire pour lui.

Avec un brin d’humour et le ton plein d’humanité, il a relaté son expérience d’éducateur et de parent, en commençant par sa période de moniteur en camps de vacances alors qu’il venait de terminer le cégep. « Ç’a changé ma vie », a-t-il confié.

De son enfance, il garde un souvenir impérissable de sa période à la garderie de l’Université Laval et des éducatrices ayant pris soin de lui. À titre d’exemple, il a rappelé le rôle joué par sa mère, qui a nourri l’homme en devenir avec ses nombreux ouvrages sur l’éducation aussi bien que l’artiste.

« Ma mère a été très importante dans mon parcours culturel parce qu’elle était la “ministre de la Culture” dans la famille. Elle nous payait tous les billets de spectacles que l’on voulait voir à Québec. Mais des fois (mon frère et moi), on était obligé d’aller voir certains spectacles », se rappelle Biz, qui s’est ainsi vu forcé d’assister à La Trilogie des dragons de Robert Lepage, étalée sur six heures.

Jeune homme métamorphosé

De son passage au camp de jeunes de 10-12 ans, il se souvient y avoir développé le début de son talent d’auteur et d’artiste. « J’écrivais des chansons pratiquement chaque semaine, sans savoir que j’étais en train d’apprendre mon futur métier. Et j’étais capable de prendre la parole devant 300 jeunes, raconte l’artiste timide qu’il était alors. Puis là, je me suis débarré. C’est à partir du camp que je suis devenu humaniste. »

Mais plus encore, c’est son expérience de l’homme en plein développement que Biz a partagé avec l’auditoire. La force et l’énergie créatrice qu’il a tirées de son expérience de moniteur ont même transformé sa perception de l’homme dont il valorise aujourd’hui l’expression de la sensibilité autant chez le père que chez l’artiste.

Son rapport à la masculinité, il l’a tiré aussi de sa propre expérience dans les services de garde. « Je ne le savais pas à l’époque, mais ça m’a appris à être un meilleur père puis même un meilleur homme parce que j’étais capable de faire cohabiter ma masculinité et ma sensibilité. Puis ça, c’est une grande richesse. Au contact des enfants, je suis devenu plus patient, plus affectueux, plus empathique et carrément plus humain. »

Haute responsabilité des éducateurs

En terminant, il n’a d’ailleurs pas manqué de souligner que la reconnaissance du dévouement des éducateurs et éducatrices devrait passer par un rehaussement salarial à la hauteur de ce qu’ils apportent à la société.

« Vous autres qui fonctionnez avec des enfants, ce qu’il y a de plus précieux, de plus fragile. Un enfant, tu peux le fucker à vie avec une mauvaise intervention. Je pense qu’il faut valoriser la profession et cela passe par le salaire. Tous les jours, vous avez l’avenir du Québec entre les mains. »