Un silence qui alimente la colère
Depuis son entrée en fonction, la première ministre Christine Fréchette avait pourtant signalé vouloir ouvrir rapidement un dialogue avec le milieu communautaire. Les organismes attendent toujours des réponses concrètes.
Pendant que les besoins explosent dans les Basses-Laurentides — et partout au Québec —, les groupes communautaires autonomes jonglent avec un financement insuffisant qui compromet leur capacité d’agir auprès des personnes les plus vulnérables.
« Notre colère est à la hauteur du mépris dont fait preuve ce gouvernement à l’égard du mouvement communautaire. Nous refusons d’être ignorés plus longtemps », affirment les organismes mobilisés.
Les groupes dénoncent également le fait que le gouvernement continue de multiplier les annonces à caractère électoraliste tout en négligeant les enjeux sociaux qui touchent directement les communautés locales.
Des équipes à bout de souffle
Sur le terrain, la situation est critique. Les organismes font face à des horaires de services réduits, des salaires non compétitifs qui poussent les travailleurs qualifiés vers la sortie, des postes vacants difficiles à combler et une hausse des congés de maladie au sein d’équipes épuisées.
À cela s’ajoute une explosion des demandes directement liée aux crises sociale, économique et du logement qui frappent la région. Les ressources disponibles ne suivent plus.
Le mouvement réclame des conditions de travail décentes, un financement à la hauteur de la mission, la reconnaissance pleine des organismes et la fin du financement précaire. Les solutions existent, soutiennent-ils — ce qui manque, c’est la volonté politique.
La mobilisation s’intensifie avant les élections
La pression ne compte pas retomber de sitôt. Le 8 juin prochain, plusieurs organismes des Basses-Laurentides se rendront devant les bureaux de la première ministre à Saint-Constant pour réclamer des actions concrètes.
Au-delà de cette date, les groupes préparent déjà des actions préélectorales. Une grève du mouvement communautaire n’est pas écartée si le prochain gouvernement ne prend pas d’engagements significatifs en début de mandat.
Pour les organismes des Basses-Laurentides, le message est sans équivoque : sans engagement concret du gouvernement du Québec, ils ne pourront maintenir indéfiniment des services essentiels à bout de bras. Investir dans le communautaire, plaident-ils, c’est choisir de prévenir plutôt que de réparer.

MOTS-CLÉS
Mirabel
Deux-Montagnes
Éric Girard
MRC Thérèse-De Blainville
Christine Fréchette