Organisé par la Fédération des milieux documentaires, l’événement a permis à des techniciens en documentation et à des enseignants de cette technique de lancer un message mobilisateur autour de leur profession qu’ils estiment mal connue, voire insuffisamment valorisée.
« Nous sommes des spécialistes de la gestion de l’information. Notre profession regroupe des personnes aux titres, aux milieux de travail et aux champs de compétences variés », a souligné Pierre-Luc Brosseau, qui assurait l’animation de la présentation dudit manifeste. Diplômé du Collège Lionel-Groulx, ce dernier travaille au service des bibliothèques de l’UQAM.
Un manifeste éclairant
Ce sont donc les techniciens en documentation qui revendiquent le manifeste, lequel a été rédigé à la suite d’une vaste consultation et en collaboration avec les institutions d’enseignement supérieur offrant le programme de Techniques de la documentation, gestion de l’information et avec plusieurs partenaires des milieux documentaires.
« Le manifeste que nous lançons aujourd’hui met en lumière notre travail et rappelle que les techniciens et techniciennes en documentation sont un maillon essentiel à chaque étape de la chaîne documentaire. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, il souligne aussi la nécessité d’un engagement collectif pour renforcer l’attractivité de la profession et soutenir la relève », a indiqué Valérie Lavoie, membre du comité exécutif de la section Tech Doc.
À l’ère de la diffusion débordante d’informations sur les réseaux sociaux et de l’arrivée de l’intelligence artificielle, les techniciens en documentation considèrent jouer un rôle essentiel dans l’organisation, la diffusion et l’accessibilité de l’information dans les bibliothèques, centres de documentation, archives et autres milieux de recensement documentaire.
C’est que la liste de tâches que peut effectuer un technicien en documentation est longue, comme l’a signalé Valérie Lavoie en présentant le contenu du manifeste : sélectionner et acquérir des documents de toutes les formes, sur tous les supports, cataloguer, indexer, classifier les documents et l’information afin d’en permettre le repérage, promouvoir et mettre en valeur les collections et les services, gérer des documents administratifs et d’archives, mettre en place une veille informationnelle, veiller à la bonne conservation de documents d’archives…et ce n’est qu’un aperçu.

Des professionnels indispensables
Or, l’évolution accélérée des technologies impose la nécessité d’impliquer les techniciens dans le processus de diffusion de l’information, croit-on dans le milieu des TechDoc. « Concrètement, la présence croissante de l’intelligence artificielle dans nos vies professionnelles et personnelles, l’augmentation de la désinformation dans un monde de plus en plus polarisé et la montée des cas de censure dans les bibliothèques sont autant d’exemples qui justifient le besoin de personnes techniciennes en documentation formées afin d’accompagner adéquatement les clientèles et les aider à développer leur esprit critique », a insisté Valérie Lavoie.
Et si l’on vise également la promotion de la formation de futurs techniciens, c’est qu’il y a pénurie d’une main-d’œuvre spécialisée, surtout en régions éloignées, dit-elle.
« Considérant le rôle essentiel des techniciens en documentation comme contributeurs et collaborateurs de choix en tant que professionnels de l’information et soulignant la nécessité d’un engagement collectif pour la reconnaissance et la promotion de cette profession, nous recommandons aux employeurs d’exiger la formation collégiale en technique de documentation comme critère d’embauche, de favoriser la formation continue et leur développement professionnel, de soutenir les établissements d’enseignement en offrant des stages de qualité », a laissé savoir Mme Lavoie.
Bien entendu, les techniciens documentalistes comprennent que d’importants défis les attendent, notamment celui de l’IA, qui ne passe pas inaperçu. « On ne peut pas l’ignorer, donc on collabore et on essaie de mieux s’outiller pour travailler en bonne intelligence avec ça. Mais l’humain est toujours là, omniprésent », a conclu Pierre-Luc Brosseau.
En plus du Collège Lionel-Groulx, plusieurs autres établissements collégiaux, notamment ceux situés en Outaouais, à Québec, à Montréal et à Trois-Rivières, dispensent la technique en documentation.

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