Après s’être activement impliquée sur le conseil d’administration d’exo ainsi que sur celui de l’Union des municipalités du Québec, elle a accepté d’assumer ce nouveau mandat à bras le corps… qui s’ajoute à ses fonctions de mairesse de Blainville.
« Sans jamais laisser tomber quoi que ce soit au niveau de notre municipalité, ça (ses implications exo et UMQ) m’a permis de comprendre et de m’intéresser aux aspects régionaux, des enjeux et des réalités propres aux municipalités. D’autant plus que j’ai su à travers les années tisser des relations intéressantes avec tous mes collègues de la Couronne Nord, parce qu’on est appelé à travailler en synergie avec des enjeux qui dépassent les territoires de nos municipalités maintenant, qu’on parle d’environnement, de transition écologique et de tous les aspects sociaux aussi », assure d’entrée de jeu Mme Poulin.
Son mandat ne se limitera pas aux seuls intérêts de la MRC, mais devra également tenir compte des exigences de la Communauté métropolitaine de Montréal et des réalités propres aux municipalités de la grande région des Laurentides.
Elle se sent bien outillée pour amorcer ce mandat de deux années à la tête de la MRC Thérèse-De Blainville, qui impose un renouvellement ou une nouvelle nomination à la tête de la préfecture après deux ans, plutôt qu’à tous les quatre ans, ce qui est la norme ailleurs.
Mme Poulin vante le rôle actif joué par la MRC et ses villes, surtout en raison de leur position géographique à proximité de l’A-15, ce qui la positionne favorablement pour rayonner. « C’est une MRC qui connaît une croissance soutenue depuis des dizaines d’années. Elle a un dynamisme économique, quand tu regardes Mirabel, Blainville, Boisbriand et Bois-des-Filion, on arrive tous à la maturité de nos parcs industriels et donc ça amène différents enjeux. »
Transport collectif
Son défi ? Préserver cette attractivité bien présente à travers le caractère distinct de chacune des villes. L’un des principaux défis sera de travailler à partir du schéma d’aménagement tout en assurant une vision cohérente de l’aménagement du territoire.
Ce schéma d’aménagement, qui doit s’intégrer dans le Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) est actuellement en cours de révision, à la suite des orientations gouvernementales. Il sera déposé sous peu. Or, certains points ont fait l’objet de demandes d’assouplissement tenant compte des spécificités régionales lors des dernières consultations et représentations.
Sur la liste des dossiers prioritaires ? Certainement le transport collectif, dossier qui préoccupe l’ensemble des élus de la Couronne Nord, que l’on parle de son déploiement insuffisant ou encore d’un manque de prévisibilité budgétaire. Auxquelles s’ajoutent les objectifs gouvernementaux.
« Selon nous, il y a une incohérence entre toutes les orientations gouvernementales qui se répètent dans le PMAD et dans le schéma d’aménagement avec la densification de nos territoires, qui est louable pour des raisons environnementales, pour des raisons sociales, et on adhère à cela. Mais l’incohérence vient du fait que le PMAD parle de mobilité durable, dont le transport collectif, mais cette variable ne suit pas le même rythme que la densification et crée une disparité importante sur nos territoires. C’est sûr que nos ambitions relatives au transport collectif ne sont pas arrimées avec les ambitions du gouvernement provincial actuel. Si j’ai bien compris, on devrait avoir un transport collectif plus étendu, sauf qu’on a moins de moyens qu’on en avait. »
La préfète constate une participation financière dégressive de la part du gouvernement pour les trois prochaines années, ce qui ne fait guère l’affaire des municipalités. « Ça met une pression incroyable sur les municipalités et en même temps les coûts explosent », souligne-t-elle.
Celle-ci note que la ligne de bus de Deux-Montagnes a été coupée à l’arrivée du REM – l’une des plus rentables selon Mme Poulin – entraînant du même coup une pression sur le réseau forcé de répartir les coûts fixes sur cinq lignes plutôt que six. « Puis après tout ça, on nous demande de réduire les gaz à effet de serre. L’équation ne tient pas. Il manque une variable importante : c’est la volonté du gouvernement du Québec de faire en sorte que, dans une communauté comme celle de la CMM, le transport collectif soit une priorité », stipule la préfète.
Mobilité, climat et IA
D’autres dossiers avancent entourant la mobilité durable, notamment celui du transport actif. Prochainement, la MRC déposera son plan directeur, élaboré en collaboration avec Vélo-Québec, s’appuyant sur une approche synergique compte tenu des particularités de déplacements de chacun des territoires municipaux. C’est qu’il y a bien sûr le vélo récréatif, mais surtout les déplacements jusqu’aux gares, notamment pour les travailleurs.
« C’est de notre responsabilité de faire en sorte que les gens aient accès à un réseau sécuritaire, connecté, et arrimer les stations de vélo-partage avec une technologie qui est la même dans toutes les villes. C’est clairement un besoin et il faut que l’on travaille en concertation », affirme Mme Poulin en rappelant la création récente de la Table de concertation, qui réunit toutes les MRC des Laurentides autour de la mobilité durable.
Les villes de la MRC s’attellent également sur un plan de transition climatique dont on attend la participation financière de Québec. La réduction des gaz à effet de serre a été le thème retenu pour ce plan qui relèvera de la MRC pour transiger avec le gouvernement provincial. Les détails seront connus ultérieurement.
Enfin, l’intelligence artificielle s’invite dans la gestion de certains services municipaux. Une annonce avait été faite en ce sens, l’an dernier. Il est question de faire appel à des start-up pour certains projets. L’un d’eux : l’utilisation de l’IA dans la gestion des égouts afin d’optimiser leur entretien et permettre de prévenir d’éventuelles défaillances en vue d’éviter les investissements d’urgence.

MOTS-CLÉS
Blainville
MRC de Thérèse-De Blainville
Liza Poulin
PMAD
Préfete