logo journal nord-info
icon journal
L’OBNL l’Avant-Champ au cœur de l’économie sociale

Photo : L’Avant-Champ –

Chez L’Avant-Champ, des parcelles individuelles sont louées aux producteurs désireux de s’y établir.

L’OBNL l’Avant-Champ au cœur de l’économie sociale

Publié le 28/11/2025

Depuis 2024, l’organisme s’établit dans les Laurentides, facilitant l’accès aux aspirants agriculteurs, pour qui acquérir une parcelle de terrain se révèle un véritable défi.

La plateforme agroécologique, dont la gestion est assurée par la Fiducie agroécologique de Boisbriand, dispose de la « parcelle des possibles », un motel agricole de 14 hectares qu’elle met à la disposition des aspirants agriculteurs.

La plateforme vise à améliorer les systèmes alimentaires pour qu’ils soient « plus durables, justes, résilients, et tout ça en respect des processus naturels », précise Ginette Archambault, directrice générale de l’Avant-Champ.

S’établir sur une terre agricole aujourd’hui, constitue pour, la responsable, une véritable aubaine, conférant aux usagers de multiples opportunités. Le domaine est avant tout une terre protégée à perpétuité, sans possibilité d’être revendue et qui permet de travailler la terre avec l’assurance de ne pas avoir à déménager son entreprise un jour, explique-t-elle. L’entreprise, assure la responsable, « se situe en périphérie de Montréal, avec une belle densité de population, donc une facilité pour la commercialisation des produits ».

« On développe un modèle où la terre, les infrastructures et les savoirs sont mis en commun pour servir la collectivité plutôt que des intérêts privés », explique la directrice, déplorant le peu d’importance accordé aux métiers de l’agriculture.

« On valorise peu les métiers de l’agriculture ou de l’agroalimentaire, pourtant, c’est un besoin qui est essentiel, et il n’y a personne qui peut avancer sans manger. »

Ginette Archambault, directrice générale, l’Avant-Champ

La terre, un bien commun

Au-delà de l’accès à la terre, L’Avant-Champ mise sur la mutualisation des équipements, des infrastructures et des ressources. Selon madame Archambault, « notre premier projet de mise en marché collective, c’est vraiment le développement d’une boutique à la ferme. On travaille aussi à développer le site, à acquérir des équipements […] »

L’organisme accueille également des espaces tests pour les étudiants du Cégep Lionel-Groulx inscrits dans les programmes d’horticulture et d’agriculture. « Ça permet de venir expérimenter, développer des compétences, prendre de l’assurance, puis vraiment confirmer si c’est ce qu’ils ont envie de faire dans la vie ou pas », précise la responsable, soulignant l’importance de cette période d’essai.

« Notre impact se mesure autant dans la création de projets qui sont viables, parce qu’on est vraiment en adéquation avec le territoire, on répond à des besoins du territoire, on a un ancrage qui est fort », insiste-t-elle.

 L’économie sociale, un modèle collectif

L’Avant-Champ fait partie des cinq entreprises ambassadrices de la campagne « S’enrichir collectivement : en économie sociale, on fait les affaires autrement », lancée par la MRC de Thérèse-De Blainville en collaboration avec le Conseil des préfets et des élus des Laurentides (CPERL), Économie sociale Laurentides (ESL), avec le soutien du gouvernement du Québec, dans le cadre du mois de l’Économie sociale. La campagne vise à valoriser l’économie sociale comme vecteur de développement local et de transformation sociale.

« Le Mois de l’économie sociale met en lumière la richesse et la force d’un modèle collectif, ancré dans les territoires et tourné vers les vivants. Ce n’est pas une économie parallèle, c’est une économie d’avenir, capable de répondre aux défis sociaux et environnementaux de notre temps », déclare Amélie Girard, directrice générale d’Économie sociale Laurentides, dans un communiqué.

Une position que partage Ginette Archambault de l’Avant-Champ, estimant que l’économie sociale se distingue fondamentalement des autres formes d’entrepreneuriat. C’est un modèle, selon elle, où la collaboration prime sur la compétition, où les ressources sont mutualisées pour réduire les coûts, pour faciliter l’établissement des producteurs, puis encourager aussi l’innovation.

« Si on veut préserver nos écosystèmes, nos terres, nos ressources pour les générations futures, on n’a pas le choix de s’engager dans cette démarche-là », conclut Ginette Archambault.

Plusieurs activités seront organisées pour souligner le mois de l’Économie sociale dans les Laurentides, notamment, l’Événement régional en économie circulaire : le réemploi au cœur du changement le 27 novembre 2025 à Sainte-Thérèse, ainsi qu’une causerie virtuelle sur la finance sociale et solidaire le 20 novembre 2025.