icon journal
Madeleine Chenette soutient son équipe face aux Américains

Photo Benoît Bilodeau – Mark Carney, de passage chez Nova Bus en avril 2025, en pleine campagne électorale fédérale, alors accueilli par les candidats de la région, dont Madeleine Chenette.

Madeleine Chenette soutient son équipe face aux Américains

Publié le 27/08/2026

À la suite du retrait de son gouvernement de la table de négociation avec les États-Unis, dans un contexte qui s’apparente à une guerre commerciale, la députée de Thérèse-De Blainville Madeleine Chenette persiste et signe : il faut plus que jamais encourager d’abord le marché canadien.

Un message qu’elle entend propager à l’occasion des nombreuses visites qu’elle effectue en ce moment auprès des citoyens et entreprises de la région afin de les rassurer.

« Avec tout ce qui se passe avec nos collègues américains et tous les besoins des citoyens, il y a beaucoup à faire », admet d’entrée de jeu la députée lors d’une entrevue accordée au Nord Info lundi après-midi.

Dans la région se trouvent de nombreux agriculteurs, dont des producteurs laitiers, ainsi que plusieurs entreprises qui envisageaient l’exportation vers le marché américain, comme le fabricant automobile Paccar. Tous surveillent de près les négociations, alors que leurs activités pourraient être touchées dès janvier 2027 par ce qu’ils considèrent comme des négociations inéquitables.

On peut deviner une certaine inquiétude chez Paccar, dont bon nombre de véhicules de marque Peterbilt sont destinés au marché américain. Mme Chenette assure que son gouvernement a fait des efforts considérables depuis l’automne 2025 pour aider l’entreprise en lui proposant plusieurs millions de dollars, tout comme le gouvernement du Québec. Une somme bien au-delà des 2 millions de dollars mentionnés préalablement, laisse entendre Mme Chenette. « La balle est dans le camp de Paccar. On attend la réponse du Groupe et de la part de M. Anctil et on continue de discuter », indique Mme Chenette.

Promouvoir le marché canadien

Dans tout ce contexte de crise tarifaire, la députée Chenette estime qu’il faut promouvoir davantage l’achat de produits canadiens, encourager les entreprises et les villes à se tourner vers le marché canadien.

« On a des produits de qualité et cela contribue à diminuer notre empreinte carbone », estime Mme Chenette, qui nomme au passage des entreprises comme Gamotech, de Blainville, qui conçoit des postes de travail mobiles électriques à zéro émission.

Toutefois, pour favoriser le marché et donc l’approvisionnement canadien entre les provinces, encore faut-il éliminer certaines barrières tarifaires qui perdurent. Mme Chenette rappelle à ce propos que le gouvernement fédéral a éliminé toutes les barrières tarifaires, du moins celles sous le contrôle des sociétés d’État et d’Ottawa.

« Et on poursuit les discussions avec les provinces et les territoires pour les encourager à éliminer eux-mêmes leurs barrières », assure-t-elle, en ajoutant que le ministre responsable de l’Approvisionnement, Joël Lightbound, s’entretient régulièrement avec les différents paliers de gouvernement pour les encourager à faire « des choix cohérents » avec ceux du gouvernement Carney.

« Je pense que l’appel qui vient d’être fait de la part de notre premier ministre, samedi, est aussi un appel à tous », soutient la députée libérale fédérale.

Réactivité du Québec

Celle-ci en profite d’ailleurs pour féliciter la première ministre du Québec pour sa réactivité à offrir des solutions aux entreprises touchées. « Le gouvernement du Canada va venir avec des solutions d’ici quelques heures, quelques jours », assure Mme Chenette, faisant écho aux propos du ministre des Finances François-Philippe Champagne à cet effet. Elle dit par ailleurs observer une complicité, une solidarité de toutes les provinces en ce moment.

Reste que des valeurs chères aux Québécois ont été sur la table de négociations du côté américain, notamment la gestion de l’offre et la langue française. En tant que députée québécoise à Ottawa, Mme Chenette signale qu’elle a une voix forte au sein du caucus national du Parti libéral et n’hésite pas à en défendre l’importance.

« On est là pour défendre la culture du Québec, la culture du Canada et la francophonie est très, très importante. Il faut la soutenir. On a mis le pied à terre parce qu’on y croit, mais c’est aussi un choix de la part des citoyens de consommer, d’acheter des livres, d’encourager nos artistes québécois et canadiens francophones, de faire des choix cohérents. »

Inquiétudes du milieu agricole

Quant à la souveraineté agricole, Mme Chenette estime qu’elle passe par un acheminement plus efficace des produits alimentaires locaux vers d’autres villes, d’autres provinces. Pour elle, le projet d’un TGV constitue une réelle option, tout en admettant la peur qu’un tel projet suscite chez les producteurs agricoles. Certains producteurs craignent même de perdre leur ferme avec la présence d’un TGV passant sur le territoire basse-laurentien, surtout dans le secteur de Mirabel, où l’on n’a pas oublié les expropriations forcées par la construction de l’aéroport de Mirabel.

« On est à l’écoute et le ministre McKinnon a suggéré à Alto de prendre en compte les propositions venues de nos maires. Donc, de regarder l’impact et de minimiser cela, c’est la chose qu’on veut faire absolument », assure la députée.

Cette dernière affirme que son gouvernement entend faire connaître sa stratégie entourant la souveraineté agricole au cours de l’automne. « Moi qui suis native d’une ferme et qui a encore de la famille dans le milieu agricole, je comprends très bien leurs préoccupations. C’est pour cela que je fais appel aux citoyens : c’est le temps d’acheter des produits canadiens, d’aller au marché de Blainville le jeudi pour encourager nos producteurs locaux dans nos achats et à l’épicerie. »

Quant à la concession d’abolir la demande de redevances aux GAFAM, dénoncée par le milieu culturel, Madeleine Chenette défend là encore son gouvernement. « L’argent n’était pas au rendez-vous de la part de ces grandes entreprises de toute façon. C’est pour cela qu’on a fait le choix de mettre 600 M$ pour aider notre industrie », rétorque-t-elle.

La députée de la circonscription de Thérèse-De Blainville est consciente de la turbulence actuelle, mais insiste sur la résilience nécessaire. D’abord en misant davantage sur le marché canadien, puis en diversifiant les marchés d’exportation avec le soutien d’Exportation et développement Canada (EDC). Le ministre Dominique Leblanc poursuit ses missions économiques au sein du pays, ce qui augure bien, selon elle.

« Oui, c’est (une période) difficile, donc c’est le temps de s’ouvrir et de se dire comment trouver de nouveaux marchés pour se dévulnérabiliser », conclut la députée Madeleine Chenette.