Celui où Marie-Chantale Desjardins enfourche son vélo pour aller retrouver des amis, pour découvrir le monde, à sa façon. Mais le 16 juillet 1994, cette petite liberté prend une tournure tragique : Marie-Chantale disparaît.
Elle est vue pour la dernière fois près d’un secteur commercial à Sainte-Thérèse.
Les recherches s’organisent. Policiers, bénévoles et citoyens se mobilisent pour tenter de la retrouver.
Quatre jours plus tard, le 20 juillet, l’espoir meurt.
Drame.
Le corps de la fillette est découvert, caché sous des branches, dans un petit boisé situé derrière le centre commercial Place Rosemère. À quelques mètres de là se trouvait son vélo.
L’affaire fait grand bruit dans toute la région. C’est l’émoi. La consternation. Le chagrin. Sainte-Thérèse, Rosemère et les environs tremblent d’effroi.
« Fin tragique pour Marie-Chantale »
Le Nord Info y consacre sa une. Une imposante photographie montre des policiers à proximité d’un hélicoptère, tandis qu’un portrait de la fillette apparaît dans un encadré.
Dans son article, Marc Laliberté raconte la découverte du corps et les premières étapes de l’enquête. Le journaliste rapporte que l’escouade des crimes contre la personne de la Sûreté du Québec refuse alors de commenter les conclusions préliminaires, l’enquête étant toujours en cours.
Des policiers de Sainte-Thérèse et de Blainville participent aux recherches. Des bénévoles aussi. Nord Info rapporte également que des membres des Forces armées canadiennes et des unités d’urgence de Sainte-Thérèse et de Blainville sont mobilisés. Un hélicoptère de la Sûreté du Québec et des maîtres-chiens sont aussi mis à contribution.
Le journal décrit une communauté entière mobilisée autour de la disparition de l’enfant.

Des questionnements sur l’intervention policière
Le journal rapporte les interrogations qui surgissent concernant les premières heures de la disparition. Dans un segment intitulé « La police prise à partie », des proches et des citoyens questionnent la manière dont le dossier a été traité initialement.
La Sûreté du Québec défend toutefois l’intervention policière et explique que les procédures prévues avaient été suivies. Les autorités soulignent notamment qu’une disparition ne signifie pas automatiquement qu’un crime a été commis et que les policiers doivent d’abord effectuer certaines vérifications.
Une récompense pour retrouver le responsable
Dans les jours qui suivent, l’enquête prend une tout autre ampleur. Une autre page de cette édition du Nord Info témoigne de la volonté de la communauté de contribuer à l’enquête.
Dans l’article intitulé « Une récompense prévue dans l’affaire Marie-Chantale Desjardins », le journaliste Éric Bérard rapporte que le Réseau Enfants-Retour envisage d’offrir une récompense à toute personne pouvant transmettre des renseignements susceptibles de mener à une arrestation.
Deux mères de famille de la région entreprennent parallèlement des démarches auprès de la Caisse populaire de Sainte-Thérèse afin qu’un compte en fiducie puisse être ouvert pour recueillir des contributions destinées à financer une éventuelle récompense.
Mais malgré les recherches, les témoignages et les efforts des enquêteurs, personne n’est alors arrêté.
31 ans plus tard, le verdict
Le 12 décembre 2023, les enquêteurs de la Division des disparitions et des dossiers non résolus de la Sûreté du Québec procèdent à l’arrestation de Réal Courtemanche, alors âgé de 61 ans, à l’établissement carcéral de La Macaza, où il est déjà détenu.
En octobre 2025, l’accusé admet son crime et est reconnu coupable de meurtre au deuxième degré. Il est alors condamné à perpétuité sans possibilité de libération avant 25 ans.
La Sûreté du Québec attribue cette percée au travail de longue haleine des enquêteurs, réalisé avec le Laboratoire de sciences judiciaires et de médecine légale, ainsi qu’à de nouvelles méthodes utilisées en biologie judiciaire.
Entre la une « Fin tragique pour Marie-Chantale » publiée par le Nord Info en juillet 1994 et le dénouement judiciaire de 2025, 31 longues années se sont ainsi écoulées.
L’enquêteur principal Réal Berger confie après le dénouement judiciaire que la scène de crime le hantait toujours, 31 ans plus tard.

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