Avocate de formation, Mme Sarrazin possède une solide expérience dans le domaine juridique. Diplômée d’un baccalauréat en droit de l’Université de Montréal et membre du Barreau du Québec depuis 2002, elle cumule près de 25 ans d’expérience en matière de litige disciplinaire, civil et commercial et était, jusqu’à tout récemment, associée directrice au cabinet Sarrazin+Plourde.
Elle compte parmi sa clientèle de prestigieuses organisations et institutions, dont l’Université McGill, la Régie des installations olympiques et la Compagnie de la Baie d’Hudson. Elle a aussi représenté le Parti Québécois lors de la Commission Charbonneau, en plus d’avoir présidé durant huit ans la Société québécoise d’information juridique (SOQUIJ).
SAAQclic, point tournant
L’un des moments clés de sa carrière juridique a eu lieu plus récemment avec la tenue de la Commission Gallant. Son implication comme procureure lui a permis d’approfondir ses réflexions, dit-elle en entrevue.
« C’est vraiment mon mandat de procureure à la commission Gallant qui a été le point tournant. Le déclencheur. Je me suis dit : « on ne peut pas rester les bras croisés, on ne peut plus avoir de projet qui dérape comme ça » », confie la candidate péquiste.
« J’ai décidé de m’engager pour tenter de faire la différence. Et j’ai eu la confirmation hier (14 septembre) que j’avais pris la bonne décision parce qu’on a vu que le projet SIFA aussi du système de santé est dans la même situation, que les mêmes voyants rouges ont été ignorés par le gouvernement Fréchette. Donc il y a vraiment un réalignement nécessaire des projets informatiques à faire au gouvernement », ajoute-t-elle.
Selon Radio-Canada (14 septembre), il apparaît que le gouvernement de Christine Fréchette a ignoré une analyse du ministère de la Cybersécurité et du Numérique et de firmes d’experts-comptables qui évaluaient qu’un important projet informatique de Santé Québec risque de coûter 1 milliard de dollars plutôt que les 96 millions prévus au départ.
Imputabilité et numérisation de l’État
L’imputabilité gouvernementale est nécessaire, pense la candidate péquiste. « La Commission Gallant doit nous convaincre d’inculquer une réelle culture d’imputabilité quant aux fonds publics engagés. L’État doit enfin gérer l’impôt des Québécois avec la même rigueur, le même soin et la même prudence qu’un particulier finançant les rénovations de sa propre maison », soutient fermement Marie-Claude Sarrazin.
Et l’une des solutions pour s’en assurer repose sur la transformation numérique de l’État, croit-elle. « Pour maintenir la confiance de la population, il faut d’abord assurer la responsabilité et l’imputabilité des dirigeants menant ces transformations. La transformation numérique de l’État est nécessaire, car elle facilitera la reddition de compte, le suivi en continu des projets et une connaissance plus fine et contemporaine des besoins de la population », explique-t-elle.
« C’est dans ce contexte qu’une déréglementation porteuse d’une plus grande productivité tant de l’État que de nos entreprises peut être réussie », affirme avec conviction la candidate péquiste. « Une déréglementation ordonnée, précise-t-elle, et qui va nous permettre d’avoir réellement les données en temps réel, tant des projets que des besoins des citoyens. »
Mme Sarrazin estime que sa pratique en droit des infrastructures ne peut que lui servir pour d’éventuels projets. « Je connais la bonne recette pour réussir des projets d’infrastructure. Je veux influencer pour qu’on fasse plus de contrats collaboratifs comme on a fait pour la toiture du stade olympique, pour le port de Bécancourt, pour nos projets informatiques et nos projets de construction », souligne-t-elle.
« Oui, c’est sûr qu’il faut améliorer la productivité de l’État en général et ça passe par l’abolition des règles inutiles, la transformation numérique de l’État et saisir les opportunités que l’intelligence artificielle nous offre. Ça, c’est une réponse qui s’applique à tout. »
En ce qui concerne le système de santé, là aussi il y a un ménage à faire, estime-t-elle. « Il faut abolir Santé Québec, parce qu’on y a 900 cadres de gestionnaires de plus qu’on avait au ministère de la Santé. En ce moment, ce sont les gens sur le terrain qui ont besoin d’investissement; ils ont besoin de collègues puis de temps de soins. Donc, il faut mettre l’argent au bon endroit. On va investir en prévention aussi pour diminuer la pression sur le système de santé. Il faut arrêter de construire vers le haut. Il faut se rapprocher des gens et les soigner. »
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