Ses deux mains ne lui suffisent plus pour ses campagnes électorales : cinq municipales, cinq fédérales et il achève présentement sa sixième provinciale. Une bête politique.
Malgré un agenda serré, Mario Laframboise a néanmoins pris le temps de répondre à toutes les questions du Nord Info. Il endosse ardemment et avec confiance les décisions de sa formation : Équipe Christine Fréchette – CAQ. Et comme tout gouvernement terminant son mandat, ses candidats doivent se mettre en mode défensif, tout en essayant de séduire un électorat qui aura l’embarras du choix devant les nombreux noms sur le bulletin de vote.
Mobilité et transport collectif
M. Laframboise et son collègue Éric Girard sont allés rencontrer les élus municipaux de la MRC Thérèse-De Blainville, mercredi dernier pour y entendre leurs demandes électorales. On leur a bien entendu parlé de transport collectif, des difficultés d’exo à atteindre les objectifs et des conséquences éventuelles sur l’offre de services dans la région.
« On s’est engagé à s’asseoir directement avec Exo pour savoir quels sont leurs besoins, tout en étant conscients des efforts déjà faits comparativement à d’autres secteurs. On s’est engagé à trouver des solutions pour permettre à Exo de remplir son mandat », indique le candidat caquiste, se disant conscient que certaines clientèles, notamment les cégépiens, sont si mal desservies.
Santé
Concernant l’instauration de Santé Québec, qui est fortement critiquée, M. Laframboise est convaincu de la pertinence de cette nouvelle société d’État. Il reconnaît que le système de santé a encore des ratés, tout en affirmant que le nouvel organe gouvernemental aurait permis d’économiser 1,9 milliard $ en dépenses en un an.
Reste l’accès à la première ligne, qui pose encore de réels défis. « Il y a des ententes importantes signées avec les médecins, les omnipraticiens. Ça passe en partie par les GMF, par le maintien à domicile des aînés. On a un bon outil, il reste à le peaufiner. On a confié plusieurs actes aux pharmaciens, on a essayé de donner de plus en plus d’accès à la première ligne puis à répondre aux citoyens malades, mais oui, il y a encore de l’ouvrage à faire », admet le député sortant de Blainville.
Quant au nombre toujours insuffisant de praticiens et d’infirmières sur le terrain, M. Laframboise souligne qu’un gouvernement doit composer avec les ordres professionnels, qui imposent leurs règles. Qu’on se souvienne des négociations avec l’Ordre des médecins spécialistes. Il s’étonne d’entendre des candidats rivaux promettre davantage de médecins. « Ça ne fonctionne pas comme ça : avec l’Ordre des médecins, il faut que tu négocies. »
Et sur la fin du recours aux agences privées d’infirmières : « C’est un tour de force qu’on a fait de retirer le privé. Personne ne croyait qu’on en était capables, car les gestionnaires en avaient pris l’habitude ».
Logements inabordables
Bien qu’il reconnaisse la nécessité de l’abordabilité locative, M. Laframboise rappelle que l’ajout de nouveaux logements est difficile dans les villes de la MRC Thérèse-De Blainville, qui n’ont presque plus de terrains disponibles à la construction résidentielle, notamment à Sainte-Thérèse et à Blainville.
Il explique que les villes de la MRC TDB sont actuellement aux prises avec un moratoire « restreignant la construction sur leur territoire en raison d’une saturation des réseaux d’infrastructures d’eaux usées, limitant l’ouverture de nouvelles rues et certains projets de construction résidentielle ».
« Il y a beaucoup d’argent à mettre là-dedans en plus du phénomène du manque de logements dans notre région. Ce sont des villes qui ont grossi de façon importante », souligne M. Laframboise, en ajoutant la phase deux du Manoir Blainville, actuellement en construction, « pour personnes âgées autonomes et abordables ».
L’itinérance
Sur l’itinérance, le candidat caquiste s’en réfère à sa cheffe, Christine Fréchette, qui promet la mise sur pied d’une commission itinérante consultative qui fera le tour des régions pour ensuite présenter un plan d’action. « C’est un problème multipartite », admet le député sortant, en laissant savoir que la consultation nationale mènerait au déploiement d’un budget plus important pour réduire l’itinérance.
La crise trumpiste
Tarifs, contre-tarifs et impacts économiques régionaux. Le candidat caquiste soutient que 94 % de l’aide actuellement destinée aux entreprises est dirigée vers les PME. Cette aide compensera-t-elle les conséquences inhérentes à l’actuelle crise provoquée par le président Trump ? M. Laframboise ignore encore le nombre d’emplois qui seront touchés dans la région des Basses-Laurentides. « Tout dépend de la durée du problème économique avec nos voisins du Sud », se risque-t-il à dire, en ajoutant les 30 000 emplois, actuellement menacés sur le territoire québécois, tel qu’avancé par sa cheffe.
Stablex
Dossier controversé et complexe s’il en est un, celui de l’entreprise Stablex, qui opère sur le territoire de Blainville. Rappelons que le gouvernement Legault a été fort critiqué au printemps 2025 pour avoir imposé, sous bâillon, l’adoption de la loi 93, qui forçait la Ville de Blainville à lui vendre une partie de la Grande tourbière en vue de la mettre à la disposition de l’entreprise Stablex.
Parmi les irritants soulevés dans ce dossier complexe par les militants s’opposant aux activités de l’usine d’enfouissement se trouve la grande quantité de déchets que les États-Unis exportent vers Blainville. Ne serait-il pas possible de mettre un frein à l’importation de ces déchets américains ?
Sur ce point, M. Laframboise souligne qu’il s’agit d’une entente faisant partie de l’ACEUM et donc gérée par le gouvernement fédéral. « Moi, je ne suis pas contre ça que ça fasse partie des discussions. Par contre, c’est déjà dans l’ACEUM », indique le candidat Laframboise.
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