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« On est encore là »

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« On est encore là »

Publié le 28/08/2026

En 50 ans, les façons de vendre, de fabriquer, de distribuer et de lire le Nord Info ont profondément changé.

Le journal papier partage désormais son espace avec le Web et les réseaux sociaux, mais ses artisans continuent de défendre la même présence dans la communauté : être vus, être lus et demeurer près des gens.

Le métier de représentante s’est lui aussi transformé. Le Groupe JCL a rapidement choisi d’ajouter le Web à son offre. Clémence, représentante au sein de l’entreprise depuis 36 ans, résume la logique qui prévalait alors : si l’entreprise n’allait pas elle-même chercher ces clients sur Internet, une autre firme le ferait, avec le risque de les perdre définitivement.

Puis est venu le passage à la distribution par Postes Canada. Pour elle, ce changement comporte un avantage évident : « On apporte la nouvelle aux gens directement. Ils n’ont pas à faire l’effort de se la procurer à l’épicerie ou au dépanneur. »

Et quand on lui demande pourquoi publier encore un journal papier en 2026, sa réponse arrive sans hésitation : « T’es mieux d’être dans les magasinés que dans les oubliés. »

Une publicité dans le journal rappelle au lecteur qu’un commerce existe toujours. « On est encore là », résume-t-elle.

La phrase pourrait tout aussi bien parler du Nord Info.

Parce qu’après 50 ans, le papier est encore là, désormais accompagné du Web, des réseaux sociaux et de nouveaux outils numériques. « On peut dire qu’on fait tout! », lance Clémence.

Toujours un média de proximité

Cette volonté de demeurer présent dans la communauté se retrouve aussi du côté de la rédaction.

Reine Côté représente une génération plus récente de l’histoire du journal. Pigiste pour le Groupe JCL de 2012 à 2014, elle revient en 2016 avant de prendre notamment en charge L’Éveil agricole de 2017 à 2022. Depuis trois ans, elle assure la couverture du territoire du Nord Info.

Elle retrouve dans l’entreprise quelque chose qui traverse les générations : « Il y a un bel esprit familial. Ça se sent. »

Les conditions de production ont changé. Il n’y a plus un journaliste attitré à chaque petite parcelle du territoire comme autrefois, et il est devenu impossible d’assister à toutes les assemblées générales, toutes les conférences de presse et tous les événements communautaires. Mais la raison d’être demeure.

Après avoir également travaillé à Montréal, Reine dit préférer le journalisme régional parce qu’il permet d’être plus près des gens.

« Notre travail compte plus pour les gens. On est le média de proximité pour la communauté d’affaires, pour les organismes, pour les citoyens. »

Cette proximité est peut-être, finalement, le fil qui relie toutes les époques du Nord Info.

Des négatifs transportés à l’imprimerie aux publications instantanées sur le Web; des petites annonces immobilières aux campagnes numériques; de la chambre noire aux téléphones intelligents; des grilled cheese commandés au milieu de la nuit aux cahiers noirs de Clémence, les outils ont changé.

Les artisans, eux, continuent de faire la même chose : raconter leur communauté, accompagner ses entreprises et fabriquer, semaine après semaine, un journal qui lui ressemble.

Cinquante ans plus tard, le Nord Info peut lui aussi reprendre ces quelques mots de Clémence : « On est encore là. »