logo journal nord-info
icon journal
Peindre au Je selon Maryse Ménard

Peindre au Je selon Maryse Ménard

Publié le 30/05/2024

Maryse Ménard, une artiste-peintre qui a pris racine à Sainte-Thérèse en pleine pandémie, exposera ses œuvres dans sa ville d’adoption pour la première fois du 6 au 9 juin, à la bibliothèque municipale sous le titre Peindre au Je.

Ce n’est que tout récemment, à l’aube de la cinquantaine, qu’elle s’est autorisée à prendre son envol comme artiste d’arts visuels. Designer industrielle, céramiste et créatrice de bijoux pendant fort longtemps, Maryse Ménard avait pourtant de sérieux atouts dans les mains. 

Ce rêve qu’elle imaginait sans oser y donner vie alors qu’elle observait sa mère artiste-peintre et ses oncles qui sculptaient le bois, elle l’a finalement concrétisé en créant ses premières œuvres au tournant de l’année 2020. 

Fortement influencée par les courants de l’Automatisme et de l’Expressionnisme, plus particulièrement par le travail de Marcelle Ferron, de Paul-Émile Borduas ainsi que du français Pierre Soulages, Mme Ménard s’est laissée aller à jeter sur toile les œuvres abstraites que lui suggère son état d’esprit du moment et le mouvement qui en découle. 

Grâce à sa gestuelle habile, sa spatule donne forme à des œuvres aux coloris inspirés et inspirants. Les coups de spatule parfois jetés avec vigueur ou encore avec douceur laissent, empreintes de passion, de sensibilité, entrevoir deviner les émotions du moment de l’artiste en pleine création.

Intensité et mouvement

« Mon travail est avant tout abstrait [..], à la fois actuel tout en étant intemporel. Il exprime avec intensité l’émotion, le mouvement et la profondeur. [..] Pour moi, l’un des défis fascinant de l’art abstrait réside souvent dans la capacité à s’arrêter juste à point, ni trop tôt, ni trop tard. Un exercice à la fois exigeant et exaltant », résume l’artiste en expliquant sa démarche.

Si les Ferron-Borduas et Soulages ont retenu son attention, c’est parce qu’ils l’ont influencée par l’équilibre dans leur travail et la sensibilité qui se dégage de leurs œuvres, insiste Mme Ménard.

Mais elle avoue qu’il y a une part d’instinct dans l’attirance qu’elle éprouve pour certains artistes. « Il y a des œuvres qui nous touchent et dont on n’arrive pas à savoir pourquoi. »

Pourtant, celle-ci ne se permet pas encore de se mettre à l’ouvrage sans méthode. Discipline de travailleur autonome oblige, la designer en elle effectue ne peut s’empêcher de rechercher de nouvelles techniques, de nouvelles matières de travail, en vue de s’outiller pour que ses créations traduisent encore mieux et tout en mouvement, ses états d’âme.

Démarche

« Dans ma démarche, je m’intéresse à la façon dont le mouvement se transpose visuellement sur le support. Chaque tableau que je crée est une capture d’un instant précis, révélant la gestuelle et les émotions du moment v», souligne Mme Ménard, qui privilégie l’acrylique, le graphite et le fusain sur toile et papier.

Dans son travail créatif, son souci de l’équilibre est constant. « Souvent, les portions peintes de l’œuvre ne couvrent pas entièrement le support, si bien qu’elles semblent s’en détacher. Ce jeu d’équilibre de formes négatives et positives fait partie de la composition spatiale du tableau », commente-t-elle.

Le vernissage de l’exposition Peindre au Je se tiendra le 7 juin, dès 17h00. Il s’agit de la sixième exposition solo de l’artiste au talent éclatant.