Animé par Julie D’Amours, l’échange s’est déroulé durant plus d’une heure devant des gens d’affaires et des élus municipaux, au Kat Tarking de Sainte-Thérèse.
Les candidates ont fait connaître leurs propositions et engagements pour répondre aux défis actuels et futurs de la communauté d’affaires et des citoyens. Il a été question de mobilité durable, immigration, éducation, développement économique, abordabilité locative, aînés et itinérance.
Divisé en trois périodes, le débat amenait les candidates à répondre en une minute aux questions entourant les préoccupations de la communauté d’affaires et citoyenne.
Mobilité durable et congestion
La mobilité durable a bien sûr été abordée sous l’angle de la congestion routière et du transport collectif. La candidate Sarrazin a rappelé plus d’une fois qu’il était pressant de terminer la construction de l’A19, reprochant au passage au gouvernement caquiste son inaction dans ce dossier.
« Comment se fait-il qu’après les huit années que l’on vient de passer et le nombre de ministres dans la région, l’A19 ne soit toujours pas terminée ? Il ne manque qu’un kilomètre. Comment se fait-il qu’on ait laissé EXO annoncer une réduction de services alors que c’est la seule région qui est en croissance au Québec et sur laquelle on peut compter pour la croissance économique et qu’il n’y ait aucune proposition structurante pour régler le transport est-ouest et l’accès au parc industriel ? », a lancé Mme Sarrazin.
La candidate Tourangeau (PLQ) a aussi relevé l’absence de propositions percutantes à ce propos malgré la présence de ministres. « On n’a jamais eu autant de ministres dans les Laurentides et on n’a jamais eu moins d’avancées que maintenant. De notre côté, on a été très clairs : la journée suivant l’élection, on va s’asseoir avec les maires et mairesses pour discuter des enjeux de la mobilité durable, dit-elle. La mobilité a un coût direct et un impact chez vous en tant qu’entrepreneur, mais aussi pour l’ensemble des citoyens, des étudiants, puis des personnes vulnérables. »
Considérant le coût de la congestion routière dans la région métropolitaine qui pourrait atteindre 10 milliards de dollars d’ici 2030, tel que le soulignait l’animatrice, l’enjeu a été soulevé auprès des candidates, lesquelles s’entendent toutes sur la nécessité d’un transport collectif régional bonifié.
Le chantier non terminé de l’A19 est revenu sur la table et la candidate caquiste a indiqué que son parti allait terminer le travail.
Immigration et recrutement
Sur la question de l’immigration et du recrutement, notamment dans le secteur manufacturier, Mme Tourangeau préconise de rapatrier les pouvoirs en immigration au Québec. Elle ajoute qu’il faut favoriser une main-d’œuvre immigrante qualifiée et compétente et évaluée en nombre selon les besoins.
Alors que la solidaire Marie-Noëlle Aubertin prône un PEQ régionalisé, la candidate caquiste des Plaines a fait valoir qu’il faut structurer l’immigration selon les besoins. « Nous, on propose d’accueillir 45 000 immigrants (annuellement), mais on veut être en mesure de les accueillir. On prône la régionalisation pour permettre justement aux agriculteurs et aux manufacturiers d’en bénéficier. »
La péquiste Marie-Claude Sarrazin a lancé ici une flèche à la candidate caquiste Diop. « Des cafouillages comme celui du PEQ, il n’y en aura pas avec le PQ. On va s’assurer de vous donner de la prévisibilité. On va fixer des seuils qu’on va être capables de tenir. »
« On sait déjà dans la région ici, il y a des enjeux de mise à niveau et d’infrastructures. Il ne faut pas mettre une pression supplémentaire sur ces infrastructures-là. Il faut trouver le juste milieu pour que la région des Laurentides ait sa juste part du niveau des seuils d’immigration pour lui permettre de soutenir sa croissance », fait valoir Mme Sarrazin, qui propose d’investir en technologies pour assurer une meilleure productivité et réduire une certaine dépendance de main-d’œuvre.
Infrastructures et réglementation
Pour ce qui est du financement du Collège Lionel-Groulx, dont la population étudiante est passée de 5600 à 7300 en deux ans, occasionnant du coup des espaces et installations insuffisantes ainsi qu’un déficit nécessitant un investissement gouvernemental estimé à 370 millions de dollars et ce, sans tenir compte de la croissance à venir, Mme D’Amours a questionné les candidates sur leurs intentions à cet effet.
Après le serment de Mme Aubertin, enseignante au CLG et qui jure de se battre pour l’investissement en éducation, « nuit et jours s’il le faut », Mme Tourangeau a lancé l’idée de tenir des états généraux sur l’éducation dans les 100 premiers jours suivant l’élection du 5 octobre, tandis que sa rivale Marie-Claude Sarrazin a plutôt mis l’accent sur la nécessité de cohortes étudiantes détenant un meilleur outillage technologique afin de soutenir les entreprises locales dans l’amélioration de leur recherche et productivité.
En ce qui a trait à l’économie, la candidate péquiste a indiqué que son parti prend l’engagement de faire le ménage dans la réglementation afin de préserver la protection du public et d’enlever les couches nuisant à l’expansion des entreprises et à leur collaboration avec les municipalités et l’État.
De son côté, Mme Tourangeau propose de supprimer la règle privilégiant le plus bas soumissionnaire dans les appels d’offres, en plus d’assouplir la paperasse administrative. « Ce n’est pas normal qu’une entreprise de chez nous ne puisse pas vendre à un gouvernement, à une société d’état : c’est un non-sens. Ce sont des emplois, un retour direct dans notre économie et dans notre communauté. Donc, on abolit la règle du plus bas soumissionnaire et il faut ouvrir nos marchés. »
« La règle du plus bas soumissionnaire, ce ne sera pas suffisant. Il faut faire preuve de créativité pour favoriser les marchés locaux », lui a répliqué la candidate Sarrazin.
Culture, aînés et logement
En culture, toutes les candidates s’accordent sur l’importance de continuer d’investir. Si Julie Tourangeau prône l’importance de promouvoir la lecture, Marie-Claude Sarrazin juge essentiel de soutenir le diffuseur Odyscène, qui génère d’importantes retombées économiques dans la région. « Nous allons être aux côtés d’Odyscène pour qu’il puisse continuer de rayonner et que la région obtienne sa part d’investissement en culture », a promis la candidate péquiste.
Questionnée sur le sort des aînés, la caquiste propose un accès plus rapide aux soins pour ce groupe de citoyens et un maintien à domicile facilité. Mme Sarrazin prône également le maintien à domicile, mais avec l’augmentation des soins et des mesures de soutien aux proches aidants. Elle propose aussi une passe mensuelle à 95 $ pour les aînés alors que la candidate de Québec Solidaire privilégie plutôt l’accès gratuit pour cette clientèle.
En termes d’abordabilité locative, la candidate libérale a rappelé que son parti s’est engagé à construire 100 000 logements dont 40 000 à coût abordable.
Bref, les candidates ont défendu leurs positions et la candidate représentant la Coalition Avenir Québec – Équipe Christine Fréchette, Fatou Diop, a eu le plus souvent à se défendre des attaques de ses rivales.
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