Le directeur de l’établissement, Philippe Nasr, n’en démord pas : le prochain gouvernement devra réinvestir davantage dans les cégeps s’il veut assurer l’accès aux études supérieures dans les meilleures conditions.
Depuis l’automne 2025, l’établissement bat un record d’inscriptions. Autour de 6800 étudiants ont pris place dans les salles de classe, déjà en déficit de sièges. Plus de 500 noms sont venus gonfler cette liste en ce mois d’août 2026, amenant ainsi 7300 cégépiens à fréquenter les lieux.
« C’est une croissance que l’on anticipait, affirme sans surprise M. Nasr, qui établit le mouvement prévisionnel à partir du nombre d’étudiants dans les classes au secondaire. »
Et l’établissement de Sainte-Thérèse n’est pas touché par la perte d’étudiants étrangers. Déjà rempli à pleine capacité, même au-delà, on ne recrute pas à l’étranger, à la différence de certains cégeps en régions éloignées, assure-t-on.
Installations insuffisantes
Or un tel achalandage exige des installations adéquates, des salles de classe en nombre suffisant, des espaces adaptés pour les laboratoires de sciences de la nature et le programme de soins préhospitaliers d’urgence. Entre autres.
Bien que 29 salles aient récemment été ajoutées à la nouvelle Aile Louise-Harel, leur nombre demeure insuffisant, ce qui force l’établissement à dispenser des cours dans 20 salles modulaires temporaires. On souhaite également agrandir la bibliothèque et la cafétéria.
Puis il y a les résidences pour étudiants, qui sont insuffisantes pour héberger cette jeune population, incapable de se payer un logis à coût raisonnable à Sainte-Thérèse, compte tenu de l’actuelle crise du logement abordable. Certains vivent plusieurs en colocation, d’autres en chambres, et le service aux étudiants du CLG fait tout son possible pour les aider à se loger.
Autour de 120 étudiants sont inscrits à la liste d’attente pour une place en résidence. La direction souhaiterait construire jusqu’à 400 nouvelles places, mais encore faut-il en assurer d’abord le financement.
Financement inadéquat
Il n’en reste pas moins que l’argent est insuffisant pour répondre à tous les besoins actuels et Philippe Nasr le répète depuis son arrivée en poste, en 2023.
Les investissements sont annoncés au compte-goutte. Une somme de 50 M$ a été consacrée à l’Aile Louise-Harel et les ministres Éric Girard et Martine Biron sont venus tout récemment annoncer l’octroi de 7,5 M$ en vue de « soutenir la croissance et les besoins d’espaces du CLG ». En fait, il s’agit d’une première étape – les plans et devis – sur un investissement de 50 M$ à venir de la part de Québec.
« Évidemment, ça va nous donner un coup de main, mais entre le moment où l’annonce est faite puis le moment où on coupe le ruban, et qu’il y aura des cours dans ces espaces-là, il se passe certainement un bon trois ans. Alors, c’est sûr que ça ne répond pas à nos besoins à très court terme », soutient M. Nasr.
Pourtant, c’est maintenant que ces besoins d’espaces se manifestent. Et les sommes nécessaires pour y répondre se chiffrent bien au-delà de cette somme. Selon l’évaluation effectuée par le ministère de l’Enseignement supérieur et la SQI, les besoins budgétaires actuels du CLG se chiffreraient à 370 millions de dollars.
« Et ça, ce sont les besoins reconnus par le MES et non une vue de l’esprit en fonction du nombre d’étudiants accueillis actuellement. Alors vous comprenez qu’à 370 M$, quand on nous fait une annonce d’investissement de 50 millions de dollars, on ne peut pas répondre à l’ensemble des besoins. Alors, on a des choix à faire », déplore M. Nasr, en soulignant que les installations actuelles répondent à une clientèle d’à peine 3200 étudiants, notamment la cafétéria.
Et la liste s’allonge aisément. On parle de la nécessité d’un laboratoire pour chacune des disciplines comme la biologie, la physique, la chimie, d’un gymnase supplémentaire – les installations sportives étant déficientes aussi – de trois salles de classe et de deux serres pour les étudiants au programme de Gestion et technologie agricole.
Depuis son arrivée à la tête de l’établissement collégial de Sainte-Thérèse en 2023, Philippe Nasr multiplie ses représentations. « On a fait beaucoup de démarches avec différents acteurs de la région. On a travaillé avec notre ministère (MES), mais on essaie aussi de travailler avec le gouvernement fédéral – et le programme Maison Canada », souligne-t-il.

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