«Ça fait déjà quelques années que le diocèse (de Saint-Jérôme) tente de rationaliser le nombre de lieux de cultes», de confirmer André Couture, en poste depuis un peu plus deux ans. «Après mon arrivée, de poursuivre ce dernier, on s’est aperçu rapidement, avec le conseil de Fabrique, de l’impossibilité financière d’entretenir un parc immobilier qui était devenu trop important pour nous. D’ailleurs, la plupart des paroisses font face au même problème». De fait, outre l’église Sacré-Cœur, la paroisse entretient également l’église Sainte-Thérèse-d’Avila, connue sous l’épithète «église mère» et qui trône au centre-ville thérésien depuis 1789.
Quant à l’église Sacré-Cœur, elle a vu le jour en 1953, en même temps que la paroisse du même nom, qui a fusionné, en 2005, avec la paroisse Sainte-Thérèse-d’Avila. À ce moment on avait choisi de conserver les deux lieux de culte, une décision qui a fini par peser trop lourd sur les finances.
Des travaux à l’église mère
«Quand on a fait ce constat, on est arrivé à la conclusion qu’il faudrait vendre une des deux églises», résume le curé Couture, tout en précisant que le plus récent bulletin de santé de l’église Sainte-Thérèse-d’Avila commande des travaux de rénovation qui s’élèvent à plus de trois millions de dollars, un chantier pour lequel, poursuit M. Couture, la Fabrique a eu confirmation d’une aide gouvernementale à venir. «Ce ne sont pas de gros montants, toutefois. Il faudra peut-être se séparer de certains autres actifs et, à coup sûr, faire une collecte de fonds majeure dans un proche avenir», précise-t-il.
Selon ce dernier, les fidèles de l’église Sacré-Cœur, malgré une certaine tristesse, ont fait preuve de réalisme, à l’annonce de cette nouvelle. Toujours selon le curé, ils avaient certainement perçu quelques signes de fragilité dans le fait que depuis sept ans, les lieux étaient davantage occupés par le diffuseur Odyscène, qui vient de transporter ses pénates au nouveau Cabaret BMO, sur la rue Turgeon.
Un horizon d’un an
Sans donner de chiffres précis, le curé Couture estime que l’église Sacré-Cœur et son presbytère valent sûrement plus d’un million de dollars et que l’on se donne un horizon de douze mois pour boucler une transaction.
Il affirme que le bâtiment est en bon état (on a notamment refait le revêtement de la toiture, il y a trois ou quatre ans), tout comme le presbytère, qui a été construit au début des années 1980.
Messes et Comptoir Dépanne-Tout
Le curé précise également que, d’ici la vente proprement dite, l’église Sacré-Cœur continuera d’accueillir les paroissiens aux messes dominicales. «Nous le ferons aussi longtemps que possible», promet-il, tout comme on fera le maximum pour minimiser l’impact de cette annonce sur les activités de l’autre locataire, le Comptoir Dépanne-Tout, un organisme à but non lucratif qui amasse et revend différents articles (vêtements, meubles, livres, appareils électroniques et électroménagers) au profit des personnes démunies. «On va mettre une pancarte en évidence pour informer les gens que leurs activités se poursuivront jusqu’à la toute fin. Et on ne sait jamais : peut-être que le futur propriétaire aura envie de garder ce locataire», souhaite-t-il.