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Sainte-Thérèse – Les deux étages de la discorde

Photo Reine Côté – Pour ce qui est de la construction des deux bâtiments de six étages, au 156, rue Turgeon, une séance d’information reliée à ce projet immobilier sera tenue le 17 juin, à 18h00, à la salle du conseil municipal, à l’hôtel de ville.

Sainte-Thérèse – Les deux étages de la discorde

Publié le 11/06/2026

Le projet immobilier envisagé pour remplacer le commerce Tigre Géant, au 156 rue Turgeon, continue de subir la défaveur citoyenne.

Lors de la séance du conseil municipal du 1er juin, un groupe de citoyens a déposé une seconde pétition signée par 501 résidents thérésiens s’opposant au PPCMOI tel que présenté par l’administration Charron.

C’est que la construction des deux édifices locatifs proposée par un promoteur fait actuellement l’objet de l’approbation d’un Projet particulier de construction, de modification ou d’occupation d’un immeuble (PPCMOI) puisque le zonage initial ne permettait que quatre étages, alors que deux étages y ont été ajoutés à la demande du promoteur.

L’administration Charron a obtenu un premier vote favorable au PPCMOI à cet effet lors de la séance du conseil municipal du 1er juin, et ce malgré le vote en sa défaveur par les conseillers de l’opposition. Reste à voir si les deux prochaines étapes nécessaires à son adoption auront le même résultat.

Forte opposition citoyenne

Avant le vote et les explications du maire Charron, la citoyenne Brégide Dubois a utilisé la période de questions aux citoyens en début de séance pour présenter la seconde pétition d’opposition au projet signée par 501 citoyens. Des résidents des huit districts de Sainte-Thérèse, précise-t-elle.

Le groupe de citoyens du secteur Lonergan, qu’elle dit représenter, demande à l’administration Charron de revoir la version modifiée du projet de six étages et réitère les préoccupations déjà soulevées lors des consultations précédentes.

« Nous demandons à la Ville de respecter le zonage actuel. On en veut des logements, mais à quatre étages, pas de six étages », a soulevé Mme Dubois.

Elle estime également que les accès aux rues Desjardins et Turgeon devront être réaménagés afin de limiter la circulation de transit dans les rues locales. Elle dit s’inquiéter également de la capacité des infrastructures actuelles à accueillir une telle quantité de nouveaux logements.

Entente sur fond de modifications

Dans sa prise de parole, avant de passer au vote, le maire Christian Charron a laissé savoir que des modifications au projet initial avait été apportées entre son administration et le promoteur en vue d’une entente.

« On a négocié avec le promoteur. Il a fait des efforts. On lui a demandé des logements abordables, il a ajouté des cases de stationnements, deux vélos cargo électriques, deux voitures en autopartage par phase, des espaces végétalisés pour réduire la chaleur, 10% de logements abordables et 5% de logements sociaux pour une durée de dix ans. »

Après vérifications, il a été possible d’apprendre que le projet immobilier comprendrait 274 cases de stationnements à l’étage souterrain, disponibles pour les 292 logements déployés en deux immeubles avec un stationnement souterrain commun, en plus d’un bassin de rétention installé sur le site.

Six étages ou rien

M. Charron affirme qu’un immeuble de quatre étages n’entrait pas dans l’équation, le promoteur ne le considérant pas rentable, surtout avec l’explosion des coûts de construction.

L’ajout de deux étages supplémentaires n’est donc pas négociable, assure le maire de l’endroit. « Sinon, il n’y en a pas de projet. Et vous êtes dans une zone TOD, la zone la mieux placée. On ne peut pas dire non éternellement, le promoteur aimerait bien construire avant l’entrée en vigueur des nouvelles normes (du Code du bâtiment) », a spécifié M. Charron, faisant valoir que la construction de projets immobiliers plus imposants était envisagée ailleurs, donnant en exemple celui de Place Rosemère, un projet de 12 étages.

Avantages de la densification

De leur côté, les conseillers Michel Millette et Héloïse Bélanger ont souligné que d’attendre un prochain projet entraîne le risque de voir les coûts augmenter. « Ça pourrait être pire si on attend. Et ça revient dans les coffres de la ville », assure Mme Bélanger.

Celle-ci a laissé entendre que la densité venait avec son lot d’avantages : meilleurs services dans le secteur, meilleure desserte de transport collectif et peut-être aussi la multiplication de commerces dans le Vieux Sainte-Thérèse.

L’approbation du PPCMOI nécessite un second vote lors de la séance du conseil de juillet et un vote final lors de la séance du conseil du mois d’août.