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Sami Soltan prend une longueur d’avance sur le projet de loi 67

Photo courtoisie – La pharmacie Sami Soltan applique le principe d’élargissement des pouvoirs des pharmaciens bien avant l’entrée en vigueur du projet de loi 67.

Sami Soltan prend une longueur d’avance sur le projet de loi 67

Publié le 27/03/2026

Sami Soltan, pharmacien indépendant à Mirabel, ne veut pas attendre l’élargissement des pouvoirs des pharmaciens prévus dans le projet de loi 67.

Adoptée en 2024, les changements qui y sont prévus tardent encore à entrer en vigueur. M. Soltan est convaincu que les pharmaciens qui auront anticipé les changements seront mieux outillés pour servir leurs patients.

« Quand les lois vont être là, on sera déjà habitué à le faire, alors que la majorité va devoir se former », dit-il. Une longueur d’avance qu’il considère non seulement stratégique, mais surtout, essentielle pour les patients qui ne savent parfois pas où aller.

La pharmacie Sami Soltan s’est déjà dotée d’ordonnances collectives pour intervenir au-delà des champs de compétences actuelles et se prépare activement à l’application des nouveaux règlements. C’est cette liberté, dit-il, qui lui permet de concrétiser sa vision de prendre en charge les patients orphelins, ajuster les traitements et offrir un suivi clinique qui va bien au-delà de la simple distribution de médicaments.

« On peut avoir encore plus de pouvoir grâce au nouveau projet de loi 67 qui devrait arriver dans les prochains mois, dépendant des priorités du gouvernement ou du prochain gouvernement. Mais avec les ordonnances collectives, ça nous permet d’intervenir », souligne le pharmacien.

On ne va pas remplacer les médecins

L’élargissement des pouvoirs aux pharmaciens dans le contexte du projet de loi 67 a pour but de désengorger la première ligne. Or, les nouvelles activités de ceux-ci doivent être encadrées par une nouvelle entente globale, puisque la dernière est arrivée à échéance en mars 2025. Les pharmaciens pourront notamment prescrire des médicaments de façon plus large pour des problèmes de santé courants, tels que des infections urinaires, certaines maladies de la peau, entre autres.

« C’est sûr qu’on ne va pas remplacer des médecins, mais [on va pouvoir intervenir] dans des conditions de santé courantes, qu’on appelle des conditions mineures ».

Près du quart de la population québécoise se retrouve aujourd’hui sans médecins de famille.

« Je dis à mes patients, avant de consulter l’urgence, avant d’aller en pays privé, venez voir ce qu’on peut faire. Parce que dans la très grande majorité, on peut intervenir. Et […] quand, au-delà des capacités, au-delà de mes limites, je réfère au guichet d’accès à un professionnel. Ça permet au patient de se faire prendre en charge rapidement, parce que j’ai déjà fait le triage pour le patient », explique M. Soltan.

Une approche globale de la santé

Être indépendant, selon le pharmacien, l’affranchit des contraintes commerciales imposées par les bannières, et lui permet d’adopter une approche qu’il qualifie de globale et holistique.

« Par exemple, on planifie des conférences au niveau de conseils financiers qui peuvent aider des fois les patients qui n’ont pas accès à des crédits d’impôt ou même des régimes d’épargne et invalidités, qui permettent d’aller chercher des budgets qui ont été assignés à ça », explique le professionnel.

Son approche holistique s’étend jusqu’aux produits qu’il choisit de mettre en tablette. Il se dit méfiant envers les perturbateurs hormonaux et les irritants présents dans de nombreux produits, tels que des crèmes, des tampons, des couches pour bébés. Il privilégie des alternatives locales et écoresponsables.