La Ville de Sainte-Thérèse a présenté, lors d’une consultation publique tenue le 17 juin 2026, son projet de construction d’un immeuble en vertu du PPCMOI 2026-002. Il s’agit de transformer l’ancien site du Tigre Géant, au 156, rue Turgeon, en un complexe résidentiel de 292 logements.
Des citoyens ont souligné les enjeux de densification urbaine, remettant en question la nécessité de la Ville d’ajouter davantage de logements. Ils estiment que Sainte-Thérèse aurait déjà atteint ses cibles de densification dès 2017.
« Nous, on se demande pourquoi un six étages et non un quatre étages qui respecte parfaitement les gens du quartier […] », a dit une résidente, affirmant détenir 501 signatures de résidents favorables à une hauteur maximale de quatre étages. « On les accepte, les quatre étages. Vous nous le passez dans la gorge », a-t-elle ajouté, rappelant qu’une partie du quartier aurait préféré des maisons de ville, des duplex ou des triplex.
Une autre résidente, employée chez Paccar depuis 15 ans, a pour sa part contesté l’absence de mesures visant à gérer la circulation, évoquant un projet voisin de 421 logements sur le boulevard Desjardins. « Comment allez-vous contrôler la circulation ? […] Il va y avoir des heures de pointe. […] Est-ce que vous y avez pensé ? » a-t-elle demandé, estimant qu’environ 1 000 nouveaux résidents pourraient se déplacer dans le secteur aux mêmes heures.
Un projet conforme aux orientations gouvernementales, soutient le maire
Le maire de Sainte-Thérèse Christian Charron, assailli de toute part par les interventions des citoyens, a rappelé que les municipalités doivent composer avec des orientations gouvernementales favorisant la consolidation des milieux déjà urbanisés plutôt que l’étalement urbain. Il a également soutenu que l’augmentation du nombre d’étages répond aux coûts de construction ayant considérablement augmenté au cours des dernières années.
« Aujourd’hui, les promoteurs, pour y arriver, ça leur prend un minimum de rentabilité », a-t-il expliqué, précisant que construire un seul logement coûte désormais près de 400 000 $, contre environ 225 000 $ il y a cinq ans. « C’est pour ça que le promoteur dit qu’à quatre étages, je n’y arrive pas, je suis incapable de construire », explique le maire.
L’objectif, précise-t-il, est d’aboutir à un projet qui permet à la collectivité d’en tirer des bénéfices.
« Puis tantôt, vous allez venir ici, vous allez vous plaindre parce qu’on a de l’itinérance, parce qu’on n’a pas de logements abordables et sociaux pour les personnes sur notre territoire », a lâché M. Charron qui prévient que l’absence de logements abordables et sociaux risquerait d’alimenter le problème d’itinérance.
« Nous sommes dans l’obligation de densifier le territoire, parce qu’il y a des besoins de logement », a fait valoir Louis Tremblay, directeur général adjoint de la Ville, précisant que cette directive émane du Plan métropolitain d’aménagement et de développement (PMAD) de la CMM et du schéma d’aménagement de la MRC Thérèse-De Blainville.
Une gestion des eaux pluviales jugée améliorée
Le projet permettrait également une amélioration importante de la gestion des eaux pluviales sur le site. Les autorités municipales avancent que les aménagements prévus réduiraient jusqu’à 87 % le ruissellement actuellement généré par le terrain.
Selon le diaporama officiel de la Ville, présenté par le directeur du service de gestion du territoire et des actifs municipaux, Martin Angers, le site actuel, entièrement imperméabilisé, rejette présentement environ 162 litres d’eau pluviale par seconde, sans contrôle, dans le réseau d’égouts unitaires.
Grâce à des bassins de rétention, des conduites surdimensionnées et l’ajout d’espaces verts, le nouveau projet réduirait ce débit à 20,9 litres par seconde, soit une diminution de 87 %, indique M. Angers. Le débit des eaux sanitaires générées par les logements, de 4,2 litres par seconde, est qualifié de négligeable en comparaison.
Logements sociaux et mobilité durable
En vertu d’un protocole d’entente avec le promoteur, 10 % des unités seront offertes comme logements abordables. Un autre 5 %, soit 7 logements par phase, 14 au total, sera réservé, sous forme de studios ou de 2½, à des ménages bénéficiaires du programme de supplément au loyer (PSL) de la Société d’habitation du Québec.
Pour réduire la dépendance à l’automobile, le promoteur devra fournir une voiture en autopartage par phase dès l’ouverture. Des statistiques d’utilisation devront être transmises à la Ville deux fois par année pendant les trois premières années, puis une fois par année par la suite. Le promoteur devra aussi fournir gratuitement deux vélos cargos électriques en partage par phase, pour un total de quatre, selon un document disponible sur le site de la Ville.
Une résidente, qui a dit représenter un comité de citoyens du quartier Lonergan, a reproché à l’administration de ne pas pouvoir chiffrer le nombre de ménages en attente d’un logement à Sainte-Thérèse. « On ne s’est pas déplacés pour rien. On n’arrête pas de nous rouler dans la farine, et on ne nous répond jamais ici. On veut des réponses », a-t-elle lancé.
Le conseil municipal a adopté une première résolution sur le projet le 1er juin. L’affichage public se poursuit jusqu’au 6 juillet, date à laquelle le conseil doit adopter la résolution finale. La Ville attend à la fin du mois de juillet, un certificat de conformité de la MRC de Thérèse-De Blainville, confirmant que le projet respecte le schéma d’aménagement régional. Le règlement pourrait entrer en vigueur début août.
Article co-signé par Dany Baribeau et Anne Merline Eugène

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