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Un second mandat aux nombreux enjeux pour Christine Beaudette

Photo Reine Côté – Christine Beaudette a été élue mairesse de Boisbriand pour un second mandat lors des élections municipales de l’automne 2025.

Un second mandat aux nombreux enjeux pour Christine Beaudette

Publié le 05/02/2026

Boisbriand se porte bien et c’est avec un carnet rempli de nouveaux objectifs que Christine Beaudette prend place dans le fauteuil de maire pour un second mandat, espérant du coup maintenir la qualité de vie de ses concitoyens tout en faisant face à d’importants défis.

En haut de liste, figurent bien sûr les changements climatiques et les inondations qui en découlent, celles plus mémorables d’août 2024. À l’instar de plusieurs villes de la MRC Thérèse-De Blainville, Boisbriand n’y a pas échappé. Plus de 500 maisons ont été touchées par l’averse de pluie déchaînée du 9 août.

À titre de première magistrate de la Ville, Mme Beaudette s’est retrouvée avec un lourd défi. Il fallait agir de la meilleure façon sur le moment pour éviter le pire. Dix-huit mois plus tard, il reste du travail à faire, même si elle considère que les choses suivent leur cours et que « ça va bien, en gros ». On s’attend tout de même à ce que les résidents se montrent résilients, tant dans leurs attentes que dans les habitudes de vie.

Des experts ont été mis à contribution et une analyse a été effectuée sur tout le réseau, incluant les rivières et on en prend acte. La Ville est en action : on cherche des endroits propices à y installer des bassins de rétention, il faut reprofiler les fossés, remblayés au fil des ans par le feuillage, s’assurer d’avoir des lieux pouvant absorber l’eau en raison de sols déminéralisés. Des génératrices permanentes ont aussi été ajoutées à toutes les stations de pompage, laisse savoir Mme Beaudette.

La Ville travaille actuellement sur un plan d’intervention stratégique qui sera vraisemblablement finalisé d’ici la fin de 2026 et qui s’étalera sur plusieurs années. On le nomme aussi Plan de résilience puisqu’il repose sur l’adaptation du milieu comme sur la responsabilisation des citoyens.

L’usine d’épuration devra aussi subir une mise aux normes sous peu, les derniers travaux majeurs ayant été effectués en 2008-2009. Selon le calendrier du soumissionnaire retenu, les travaux pourraient être finalisés dès la fin de la présente année.

Centre communautaire réaménagé

Lors des inondations de 2024, Mme Beaudette a réalisé que sa municipalité n’avait que très peu d’endroits pour héberger la population lors d’événements aussi imprévisibles qu’un déluge. Voilà pourquoi son administration inscrit sur la liste des projets prioritaires l’aménagement du nouveau centre communautaire, lequel comprendrait une grande salle pouvant accueillir des citoyens lors de mesures d’urgence, l’actuelle étant trop petite, avec douches et l’espace pour nourrir des gens dans une salle pouvant asseoir 400 personnes autour de tables rondes.

Ce centre communautaire érigé face à l’hôtel de ville incluera la bibliothèque municipale, la Maison des jeunes, et des espaces pour les activités des aînés, une piste de danse et un stage. On prévoit débuter les travaux à l’automne 2026.

Caserne de pompiers

Plus controversé que les autres projets, celui d’une nouvelle caserne de pompiers qui devrait remplacer celle construite en 1985 désormais non conforme et dont l’espace est devenu insuffisant, compte tenu de l’accroissement du nombre de pompiers – 40 en poste en plus des équipes de préventionnistes –, et dont le schéma de couverture de risque s’étend à Saint-Eustache, ce qui comporte un choix de terrain stratégique pour une rapidité d’intervention intermunicipale.

Or, le coût prévu pour sa construction se chiffre à 68,9 millions $ et l’on ne peut pas agrandir le bâtiment sur l’actuel terrain. Mais madame la mairesse est convaincue de la pertinence du projet, puisque les casernes doivent dorénavant répondre à de nouvelles normes, surtout en présence d’une brigade nombreuse.

L’administration Beaudette compte par ailleurs sur la construction prochaine de trois immeubles industriels dans le secteur de l’ancienne carrière et qui généreraient suffisamment de taxes municipales pour défrayer une bonne partie des projets municipaux plus coûteux, selon ce que laisse entendre le conseiller Daniel Kaeser qui s’active sur le comité d’urbanisme. Sans entrer dans les détails, Mme Beaudette a néanmoins indiqué que les projets seront annoncés sous peu par le promoteur Rosefellow.

En plus de ses fonctions de mairesse, Christine Beaudette agira désormais comme présidente de la Régie de police de Boisbriand, une responsabilité dont elle se réjouit.

« J’en suis très fière de notre régie de police. On y a des gens dédiés et je vais travailler dans les prochaines semaines sur les enjeux de la régie », affirme la mairesse, qui s’attend à ce que des investissements d’infrastructures soient à l’ordre là aussi.

Et la mobilité durable ?

À Boisbriand, on parle de plus en plus de mobilité durable. Avec la population qui s’accroît, le nombre de travailleurs qui se multiplient, le trafic sur les routes principales force les municipalités des Basses-Laurentides à offrir des options. La Ville se prépare à élaborer un plan en mobilité durable. Des consultations publiques à cette fin se tiendront d’ailleurs dès ce printemps.

 « C’est à partir de ces consultations que tout va se mettre en place », affirme Mme Beaudette, en soulignant le sondage en ligne permettant déjà aux Boisbriannais de s’exprimer sur le sujet.

Quelques initiatives ont déjà été implantées, notamment le service d’autopartage Communauté. Lancé en 2024, ce service propose une flotte de six véhicules dont un véhicule utilitaire sport dans trois stations. Le service obtient un beau succès puisque l’on enregistre jusqu’à présent 390 réservations. Deux autres véhicules seront ajoutés en 2027.

Quant à la mise en service des vélos BIXI, le lancement est prévu pour juin prochain avec 60 vélos disponibles dans trois stations et dont la moitié sera en mode électrique.

Mais au-delà de tous ces projets, Mme Beaudette avoue se sentir préoccupée par les citoyens peinant à payer l’épicerie. Car la pauvreté n’épargne aucune ville, pas plus que certains travailleurs, d’où la nécessité de soutenir les organismes dont c’est la mission.

« C’est un défi et c’est encore plus important de s’assurer d’être en mesure de donner des services. Quand on fait des budgets, on se pose des questions : qu’est-ce qu’on doit diminuer ? Les spectacles en plein air ? On cherche des façons d’économiser. Mais l’enjeu qui va aider le plus une communauté, c’est le sentiment d’appartenance, là où les gens vont se rencontrer et c’est souvent lors de ces petits événements-là. Ça crée une ouverture, une solidarité, et c’est important de garder des occasions comme celles-là », commente madame la mairesse, dont on devine à son regard une sincère sensibilité à la détresse humaine.