De passage à Sainte-Thérèse le 26 mars, M. Blanchet a fait le point sur ce projet contesté et dont le tracé initial parcourt plusieurs territoires des Basses-Laurentides et de Lanaudière. Luc Thériault, Nathalie Sinclair-Desgagné et Patrick Bonin, candidats de Montcalm, Terrebonne et Repentigny, s’étaient donc ajoutés aux candidats de la région qui accompagnaient le chef du BQ lors de la mêlée de presse tenue en fin d’après-midi.
Quelques heures auparavant, M. Blanchet s’est entretenu avec les élus dont les municipalités sont traversées par le tracé initial de l’oléoduc Énergie Est. On se souviendra que ce projet de TransCanada devait transporter 1,1 million de barils de pétrole dans un couloir de 4600 kilomètres entre l’Ouest canadien et le Nouveau-Brunswick et qu’il a finalement été abandonné par le gouvernement fédéral en 2017.
Si l’idée d’un pipeline a refait surface, M. Blanchet assure qu’il n’y a « aucun » projet équivalent en ce moment sur la table. « Comprenons bien que pour l’instant, il n’y a pas de projet, il n’y a pas d’entreprise, il n’y a pas de promoteur, il n’y a pas de tracé, il n’y a rien. Mais la référence est la même que ce que c’était auparavant, et donc je ne veux pas mettre de mots dans la bouche des élus municipaux, mais si j’étais M. Carney ou M. Poilièvre, je ne me magasinerais pas une crise d’acceptabilité sociale de l’envergure de ce qui leur pend au bout du nez, s’ils maintiennent leur entêtement à soutenir un projet, qui non seulement n’a aucune pertinence économique pour le Québec, mais pas vraiment de pertinence économique pour le Canada.
M. Blanchet estime par ailleurs que sa réalisation comporterait un potentiel de dommages environnementaux majeurs, et des coûts importants pour chaque ménage et chaque famille du Québec.
« J’invite les Conservateurs et les Libéraux à se mettre un peu à l’écoute avant de fabuler sur un projet qui n’est même pas sur une table à dessin présentement », a-t-il prévenu.
Un nuage noir nommé «guerre tarifaire»
Questionné sur les tarifs douaniers qu’entendait imposer le président Trump à l’industrie automobile, alors que le possible décret était à l’ordre du jour, le chef bloquiste n’a pas voulu commenter clairement la situation, compte tenu de l’imprévisibilité et inconstance du locataire de la Maison Blanche.
Il est néanmoins revenu sur la crise tarifaire qui se joue dans le contexte de la présente campagne électorale. Est-ce que cette crise constitue un nuage noir au-dessus du BQ dans le cadre de la campagne électorale ? « Je crois que ce nuage-là, il est au-dessus de l’élection en général depuis le début et le sera probablement jusqu’à la fin », a reconnu M. Blanchet.
« Et tout l’enjeu de l’élection, c’est que les Québécois, comme Québécois avec ce qui en définit l’identité, puissent aussi s’assurer que ce qui définit leur économie, et leur singularité économique, l’économie de la nation québécoise, ait également une voix très forte dans l’éventuelle négociation, ce dont on se porte garants. »
L’espoir de l’urne bloquiste
M. Blanchet tient à dire qu’il ne considère aucune circonscription comme un château fort bloquiste. Sans pour autant prendre la région comme acquis, celui-ci se dit très confiant de voir Marie-Noëlle Closson-Duquette représenter les citoyens de Thérèse-de-Blainville à Ottawa.
Stablex et gouvernance municipale
Le chef du BQ s’est laissé aller à quelques commentaires au gouvernement Legault entourant le dossier Stablex, se disant particulièrement sensible aux enjeux environnementaux. M. Blanchet a notamment été ministre du Développement durable, de l’Environnement, de la Faune et des Parcs dans le gouvernement péquiste, de 2012 à 2014.
« S’il vous plaît, écoutez les autorités municipales, qui sont un gouvernement de proximité et qui ont une lecture du terrain beaucoup plus précise et proche de la réalité, des sensibilités et des inquiétudes des citoyens. Que doit-on mettre le plus loin possible des zones urbaines à forte densité de population et des zones agricoles ? Ce sont les déchets dangereux », a souligné le chef du BQ, en précisant que le gouvernement doit s’ouvrir aux alternatives possibles.
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