La semaine dernière, la Chambre des communes du Canada a adopté à l’unanimité une motion du Bloc Québécois demandant des excuses aux expropriés de Mirabel. Pendant longtemps, l’histoire de l’Aéroport international de Mirabel s’est racontée en pistes d’atterrissage et en promesses économiques, mais ici, on sait que la mesure était plutôt en maisons quittées, en terres familiales abandonnées et en villages effacés des cartes. Ce vote ne répare pas tout, mais il reconnaît enfin la blessure. Certains ne l’attendaient plus. Certains sont même perplexes. Or, au même moment, le projet de Train à grande vitesse dont le corridor à l’étude prévoit passer par la région et surtout à Mirabel ravive des souvenirs douloureux : comme si l’avenir rappelait que le développement n’a de sens que s’il se construit avec les gens. Il aura fallu plus d’un demi-siècle de persévérance tranquille pour arriver à ce simple mot : pardon.
Dans un autre ordre d’idée, du 16 au 20 février se tiennent les Journées de la persévérance scolaire, rappelées par la Fédération des comités de parents du Québec. On parle souvent de réussite comme d’un moment précis, alors qu’elle ressemble plutôt à une répétition : un devoir vérifié un soir de semaine, une question posée au souper, un « continue » murmuré avant de partir pour l’école. Je trouve frappant que ces deux réalités coexistent : des citoyens répètent pendant cinquante ans « écoutez-nous », des parents répètent chaque jour « tu es capable ». Même patience, même confiance dans le temps. Les progrès durables avancent rarement vite, mais ils avancent parce que quelqu’un choisit de rester présent assez longtemps pour que demain prenne racine.
Sur ce, bonne semaine, ici chez vous!

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