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150 papillons pour illustrer la joie

Photo : Henriette Sena

Véronique Boucher, fondatrice du projet L’Art de la joie, en compagnie d’un participant devant
quelques-unes des œuvres présentées à la bibliothèque Paul-Mercier.

150 papillons pour illustrer la joie

Publié le 14/09/2026

Cent cinquante participants de dix organismes de la MRC de Thérèse-De Blainville ont peint un papillon pour l’exposition Battement d’ailes collectif, présentée jusqu’au 17 septembre à la bibliothèque Paul-Mercier, à Blainville.

Chaque organisme a été invité à décrire ce qui nourrit la joie de ses membres et ce qui y fait obstacle.

Véronique Boucher, artiste multidisciplinaire et fondatrice du projet L’Art de la joie, affirme avoir posé les mêmes trois questions à chacun des dix organismes participants pendant que la peinture séchait : qu’est-ce qui nourrit la joie de leurs membres, qu’est-ce qui y fait obstacle et à quoi ressemblent-ils lorsqu’ils y ont accès. Selon elle, les réponses recueillies désignaient le plus souvent la nature, la famille, les amis, les animaux et la création artistique comme sources de joie. Les obstacles nommés incluaient l’isolement, l’anxiété de performer et les barrières limitant la participation.

Financé par la MRC de Thérèse-De Blainville et ses sept municipalités, le projet a été réalisé avec dix organismes du territoire : l’Académie des arts Trouve ta Voie, le Centre multi-services de Sainte-Thérèse, la bibliothèque de Rosemère, la Fondation Lise Watier, le CHSLD Hubert-Maisonneuve, 4 Korners, le Resto Pop, le Centre jeunesse Emploi, L’Entraidant et La Licorne. Les 150 papillons réalisés y sont exposés depuis le 29 août.

Dans une galerie lumineuse, une personne présente des tableaux de papillons à une visiteuse en fauteuil roulant
Photo Henriette Sena

Un projet né sans pinceau

Selon Véronique Boucher, la technique écarte volontairement l’utilisation du pinceau. Les participants appliquent la peinture avec des objets du quotidien comme des gougounes, des rouleaux ou de petites voitures. Cette contrainte, dit-elle, retire l’objectif de « faire quelque chose de beau » et laisse toute la place à l’expression libre. Une fois la peinture sèche, une découpe en forme de papillon transférée sur acétate révèle les couleurs de chaque participant sur un fond noir. Chaque papillon obtenu est ainsi différent, souligne-t-elle.

L’idée vient, selon Véronique Boucher, d’une expérience personnelle vécue avec l’artiste peintre Marie-Ève Brière. Elle raconte que les deux femmes ont recouvert une pièce de plastique, projeté de la peinture avec une moppe, puis découpé un papillon dans la toile obtenue. Elles ont voulu reproduire l’expérience avec d’autres personnes, ce qui a mené à l’atelier communautaire du projet L’Art de la joie.

Dans une galerie, une personne pointe une affiche encadrée sur l’inclusion, un micro à la main, près de peintures en cadres noirs
Photo Henriette Sena

Du CHSLD à l’Académie Trouve ta Voie

Véronique Boucher raconte que l’atelier a aussi eu lieu au CHSLD Hubert-Maisonneuve, auprès de résidents en perte d’autonomie. Elle affirme que plusieurs ont réagi avec surprise en découvrant leur papillon terminé.

Un des participants, Serge Ferland, dit avoir peint aux côtés de sa conjointe, atteinte d’Alzheimer selon lui et résidente de l’établissement. Il affirme qu’elle ne l’oublie pas, et que c’est là l’essentiel pour lui. Il raconte que, deux heures après avoir terminé son papillon, sa conjointe ne se souvenait plus de l’avoir réalisé.

Le plus grand groupe participant, selon Véronique Boucher, venait de l’Académie des arts Trouve ta Voie, qui offre des activités artistiques à des jeunes adultes vivant avec un handicap physique ou intellectuel, ou un trouble du spectre de l’autisme.

Véronique Boucher affirme que le financement de la MRC a couvert le matériel et une partie du travail de recherche. Elle dit vouloir reconduire le projet une ou deux fois par année et affirme avoir approché la Ville de Mirabel pour une prochaine édition, sans réponse à ce jour.