À en juger par sa prestation, on devine aisément qu’Adam El Mouna offrira un spectacle « pop cinématique » haut en couleur au Cabaret BMO le 1er octobre, avec son inoubliable voix et ses costumes originaux à souhait.
Né à Montréal de parents d’origine marocaine, élevé sur la Rive-Sud, Adam est bien imprégné de la culture québécoise. Mais, à l’entendre chanter, il a su trouver une certaine fusion entre ses deux influences culturelles.
Doté d’une voix au timbre exceptionnel, il s’est fait remarquer à La Voix en 2023. Or, si cette vitrine télévisuelle l’a fait connaître du grand public, puisqu’il s’y est rendu jusqu’en finale, Adam s’est nettement distingué comme chanteur, malgré un parcours d’à peine quelques années.
Le jeune homme de 23 ans a commencé sa carrière à l’âge de 16 ans. Après avoir remporté une victoire lors de Cégeps en spectacle dans sa région en 2021, l’artiste en herbe s’est illustré au Festival international de la chanson de Granby; on l’a couronné Grand gagnant de l’édition 2025.
Depuis, il utilise les réseaux sociaux pour se faire connaître davantage. C’est évidemment dans l’air du temps et tributaire d’une popularité certaine au sein de sa génération.
D’entrée de jeu, Adam n’hésite pas à dire que son gérant, Simon Pelletier, est à l’origine de cette carrière qui explose favorablement. « Il m’a sauvé, il m’a donné un coussin (élan), et m’a aidé à structurer mes affaires et à y aller tranquillement », affirme le chanteur, qui est ressorti de l’enfance blessé par les moqueries de ses camarades d’école.
Influences biculturelles
Élevé dans une famille où l’on parlait surtout arabe et un français européen à la maison, ce n’est qu’au début de sa scolarité qu’il s’est familiarisé avec le français québécois. Il avait peu d’amis et ne ressentait pas vraiment « l’excitation de vivre », comme il le mentionne lui-même.
De cette période trouble, il s’est donné comme mission d’être un rassembleur, influencé par sa mère qui est passée à côté de la carrière d’actrice qu’elle souhaitait. Et lors de ses séjours familiaux au Maroc, le jam en famille s’invitait souvent lors des rassemblements.
Sa musique se fait tout en fusion entre ses influences orientales et occidentales. Il souligne chanter en « quart de temps », qui se font plus nombreux en interprétation orientale qu’occidentale, dit-il.
Pop cinématique
Il qualifie son style musical de « pop cinématique ». « Moi, je vois tout comme dans un film. J’écris de la musique en pensant à mes spectacles. Et dans mes spectacles, je veux qu’on pleure comme dans un film. Toutes mes chansons ont besoin d’images pour qu’elles émergent à leur finalité. »
En fait, l’artiste El Mouna rêve de pouvoir mettre sur scène de véritables pièces musicales avec éclairage, son et mise en scène scénarisée, afin de créer une ambiance cinématographique. Ce type d’énergie l’inspire, car elle le place dans une ambiance où il se retrouve « comme dans un récit ».
S’il signe au départ la musique de ses chansons, il n’hésite pas à s’entourer d’auteurs comme Shakib Selhi, qu’il qualifie « d’humain extraordinaire, qui a un talent incroyable ».
Le 1er octobre, sur la petite scène du Cabaret BMO, il offrira les six chansons tirées de son EP ainsi que quelques reprises de chansons québécoises, mais chantées et réarrangées selon son propre style. « Je réarrange beaucoup de chansons et je vais en proposer d’autres », fait savoir Adam El Mouna.

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