Pas un siège vide au Zénith lors du passage du Québécois-Sénégalais, le 4 octobre dernier. L’artiste est venu offrir au public ses réflexions pleines d’humour sur les trois prédateurs de son bungalow, parmi lesquels il se reconnaît, bien sûr.
Durant une heure et demie, le biologiste-enseignant devenu artiste à part entière nous a entretenus de son chat et de son chien, de leurs qualités, de leurs travers, mais aussi de leur ressemblance avec l’humain. Qu’est-ce qui l’a motivé à s’interroger tout haut sur les liens entre ces prédateurs? On ne le saura qu’à la toute fin, mais il nous en donne le nom à titre indicatif : J.D.
Des faits scientifiques aux anecdotes personnelles, le célèbre conteur a retracé l’histoire des prédateurs domestiques qui cohabitent avec lui, tout en mettant en lumière leur rôle auprès de l’humain.
Tout au long de son monologue, Boucar a tenté de répondre à trois questions : qui sont-ils? D’où viennent-ils? Qui est le meilleur chasseur de ces trois prédateurs?
La parlure québécoise
Calembours, métaphores, références aux dictons imagés : voilà les ingrédients de l’humour de ce scientifique venu d’ailleurs, qui aime tant la Belle Province qu’il a adopté les Québécois et leur culture. Il s’est aussi sérieusement penché sur le sens de leurs expressions populaires.
C’est ainsi qu’il nous remet en pleine face nos dérives linguistiques, qui ne trouvent de sens qu’entre Québécois bien enracinés. Ces expressions présentent de toute évidence un certain charme auprès des Néo-Québécois, comme en témoigne Boucar Diouf, qui s’est même installé dans le Bas-du-Fleuve avant de prendre racine sur la Rive-Sud de Montréal.
Prédateurs domestiqués
Voilà donc qu’il prête toute son attention aux prédateurs de son foyer : le chat, puis le chien. L’humoriste est allé chercher loin pour présenter l’espèce féline avec humour… jusqu’à l’Antiquité égyptienne, époque où l’on vénérait ces petits félins, perçus comme des dieux, au point de se raser les sourcils à leur mort.
Les temps ont bien changé, mais il n’en reste pas moins que le chat compte encore un grand nombre d’adeptes. « L’internet est même devenu le parc à chien des chats », relate l’humoriste, qui observe l’attrait qu’exerce toujours cette espèce et la vénération dont elle fait l’objet. Le chat aurait même hypnotisé l’humanité, selon lui.
Quant au chien, il serait psychologiquement plus près de l’humain en raison du lien affectif et de l’amour qu’il porte à son maître, ce qui le rendrait obéissant.
L’homme prédateur
Entre ses remarques caustiques sur les deux prédateurs qui cohabitent avec lui, Boucar nous fait part de ses rapports avec la gent féminine, qu’il convient de décoder correctement, assure-t-il.
Car le troisième prédateur, c’est lui, en sa qualité d’humain. Il aborde ainsi les rapports entre partenaires de vie. « Généralement, il y a trois étapes dans le mariage : la première année, c’est la femme qui parle et l’homme écoute; la deuxième année, c’est l’homme qui parle et la femme écoute; la troisième année, ce sont les deux qui crient et les voisins qui écoutent. Et comme disait grand-papa : la quatrième année, c’est l’avocat qui parle au juge pour décider qui va garder le chien. »
Et l’Homo sapiens est devenu incompétent au fil du temps, c’est Boucar qui le dit. « Si vous ne me croyez pas, pensez à la saga du dindon sauvage à Louiseville. En mars 2024, le village a été paralysé pendant 24 heures pendant que les dindons se promenaient. Là où j’ai décroché dans cette histoire, c’est quand j’ai vu le maire apparaître à TVA et dire : “nous avons besoin d’aide” », a ironisé l’humoriste.
Voilà quelques extraits d’un spectacle d’humour offert par un homme singulier. Un Néo-Québécois, scientifique, biologiste, enseignant, conjoint d’une Gaspésienne aux racines bien québécoises, qui vit avec son chat et son chien, par surcroît.
Avec Boucar Diouf, l’humour s’entend, se capte, mais ne se résume guère.

MOTS-CLÉS
Saint-Eustache
Boucar Diouf