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Deux heures remplies d’émotions avec Michel Rivard

Photo Reine Côté – MICHEL RIVARD À SAINTE-THÉRÈSE

50 ans de carrière et toujours aussi touchant

Deux heures remplies d’émotions avec Michel Rivard

Publié le 15/10/2026

Michel Rivard était de passage à Sainte-Thérèse, le premier week-end d’octobre, pour y présenter son deuxième spectacle de théâtre musical, intitulé Après ça, on va où?

Devant une salle comble, force est d’admettre que l’artiste a trouvé une formule qui plaît à ses fans.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Michel Rivard sait se renouveler. Malgré le temps qui passe — plus de 50 ans de carrière —, il ne cesse de surprendre le public. On lui reconnaît des textes toujours pertinents, bonifiés de notes rythmées à souhait et plaisantes à entendre. Son répertoire au ton bien québécois est accrocheur, peu importe l’époque de l’enregistrement.

Or, l’artiste a eu envie de se raconter un peu plus, en allant au-delà de ses chansons, de parler de sa propre vie. Cela a donné L’origine de mes espèces, un récital sous forme de théâtre musical, mis en scène par Claude Poissant. Rivard y racontait sa quête identitaire après un profond questionnement sur ses origines.

Sur une scène sombre, une personne assise sur un banc ouvre les mains; une guitare et des papiers suspendus l’entourent
Photo : Reine Côté
Michel Rivard effectue en 2026-2027 une tournée au Québec avec son spectacle de théâtre musical, Après ça, on va où?

Bilan de vie

Il semble avoir aimé l’expérience puisqu’il revient sur scène avec un deuxième spectacle de même facture. Dans Après ça, on va où?, on se retrouve devant une suite de son autofiction. L’auteur-compositeur-interprète nous entraîne dans son bilan de vie, avec, en toile de fond, un appel céleste dont on ne comprendra la portée qu’à la toute fin.

On le découvre dans une salle d’attente, que l’on croit être celle d’une clinique médicale. Il nous fait part de son questionnement sur l’après… la vie, bien sûr. Le spectacle prend la forme d’un long monologue entrecoupé de 13 chansons composées expressément pour ce projet scénique. À moins que ce ne soit un enchaînement de 13 chansons pour lesquelles le monologue sert de présentation et d’introduction.

La combinaison de théâtre et de récital est finement amenée; on y perçoit aisément la trace d’une metteure en scène d’expérience en la personne de Marie-Thérèse Fortin.

L’artiste nous parle de beauté avec son regard quotidien sur les magnolias de son voisin, de ses échanges au sujet de l’au-delà avec son petit-fils et de ses propres réflexions sur la trace que l’on laisse derrière soi.

Il offre aussi un superbe hommage aux quatre femmes de sa vie : sa mère et ses trois compagnes ayant partagé une longue tranche de sa vie. Il leur consacre la très belle chanson Les gens que j’aime.

Prestation émouvante

Il faut en convenir : une bonne fée s’est penchée sur son berceau pour lui faire cadeau de la créativité. L’ex-membre fondateur de Beau Dommage reste un parolier incontournable, qui sait dire les choses avec simplicité et beauté, leur conférant du coup un doux charme poétique. Sa musicalité, à la fois folk et ballade, invite à l’écoute. On ne s’en lasse pas.

L’ensemble du spectacle est déconcertant par sa forme inattendue, mais profondément touchant.

Après avoir interprété la chanson-titre en toute fin d’un spectacle de près de deux heures sans interruption, l’artiste a gentiment repris sa guitare pour offrir une dernière chanson au public. Les longs et chaleureux applaudissements de celui-ci n’ont laissé aucun doute sur son appréciation du spectacle auquel il venait d’assister.

Après 50 ans de carrière, cet artiste iconique de la culture québécoise témoigne encore d’une créativité qui semble inépuisable. Après ça, on va où?, du grand Michel Rivard.