logo journal nord-info
icon journal
Devenir tisserande… Si gratifiant de créer de ses propres mains

Photo Reine Côté –

Le tissage, un art ancien qui attire encore son lot d’émules et exige de la patience.

Devenir tisserande… Si gratifiant de créer de ses propres mains

Publié le 16/01/2026

Démodé le tissage au métier? Détrompez-vous! Cet art qui se pratique au métier suscite l’engouement autour des kiosques qui présentent leurs trésors confectionnés à la main, qu’il s’agisse du grand Salon des métiers d’art ou de n’importe quel autre marché public.

En France, on les nomme « tisserands ». Cet art a d’ailleurs été importé par les premiers colons ayant quitté la France pour peupler la Nouvelle-France, il y a de cela fort longtemps.

S’il s’exerçait à l’aide de bandelettes récupérées, le tissage s’est raffiné au fil du temps pour utiliser surtout les fils, ce qui permet de créer d’élégantes pièces, comme des centres de tables et nappes avec de fins motifs, des lingettes, et la fameuse catalogne, qui a longtemps servi à réchauffer le corps de nos ancêtres lors des rugueux hivers d’autrefois.

Le tissage s’est surtout modernisé parce que des mouvements comme ceux des Cercles des fermières y ont vu l’intérêt de transmettre les vieilles pratiques artisanales aux femmes d’agriculteurs, question de leur offrir un moment de quiétude bien à elles dans le brouhaha des tâches ménagères et leur marmaille souvent nombreuse.

Jeunes tisserandes

Or, aussi vieillot que semble cet art artisanal, il attire encore de jeunes émules. Au Cercle des fermières de Sainte-Thérèse, Carmen Bélanger en accueille deux-trois chaque année. L’hiver dernier, deux cégépiennes ont suivi l’atelier de tissage qu’elle anime tous les mercredis soir, où elle enseigne les rudiments du « métier », cet instrument servant à entremêler tissus et fils en vue de fabriquer des pièces uniques.

Deux autres dames dans la force de l’âge s’y amènent aussi régulièrement, venant ainsi s’ajouter aux quelques retraitées, toutes heureuses d’apprendre à confectionner de si belles pièces de leurs mains. Parmi elles, se trouve Renée, jeune cinquantenaire qui se souvient d’avoir vu sa mère s’exécuter à la barre du métier. Après avoir commencé à s’y exercer au Saguenay, elle s’est décidée tout récemment à remettre ses mains sur le métier à tisser.

« Le tissage, je trouve ça beau et zen et là ça fait un mois et demi que j’ai recommencé à tisser », souligne Renée, qui part de Montréal pour venir assister aux ateliers de Mme Bélanger.

Rareté des Cercles de fermières

Il faut dire que les cercles de fermières se font plus rares. Dans la MRC Thérèse-De Blainville, seul celui de Sainte-Thérèse perdure.

Au fil des années, pour ne pas dire au fil des siècles, la pratique du tissage a bien changé. Alors que l’on utilisait les cordes anciennement, on se sert désormais de fils pour lier les bandes de tissus ensemble, rendant à toute pièce un fini fort élégant.

Les femmes qui s’amènent aux ateliers comme ceux de Mme Bélanger y viennent par attrait des belles choses faites à la main. Et y reviennent lorsqu’elles ont compris l’art unique qu’elles pouvaient créer elles-mêmes.

Mais se consacrer à l’art textile exige de la patience, une grande patience puisqu’une pièce peut demander plusieurs semaines de travail, selon le type de pièce ciblée, évidemment. Pour tisser une catalogne, par exemple, il faut s’attendre à s’atteler de deux à trois fois semaines sur le métier de tissage. En fait, le gros du travail comprend aussi le montage du métier, soit le calcul des fils et leur commande puis leur installation sur le métier, une fois arrivés.

Carmen Bélanger a bon espoir que l’art du tisserand perdure dans le temps, travailler de ses mains étant un peu dans l’air du temps. « C’est que l’on est un peu dans l’esprit environnemental aussi, pense Mme Bélanger. Dans le fond, c’est de la récupération de tissus, du recyclage. C’est local et anti-surconsommation. »