Pour sa deuxième production estivale, l’équipe de l’École de l’URLU s’attaque à cette comédie musicale québécoise créée collectivement en 1976.
« Dès qu’on parlait des Héros, il y avait au moins une étoile dans les yeux de tout le monde », racontent Vincent Léonard, metteur en scène, et Raphaëlle Boucher, qui interprète le Petit Poucet, rencontrés sur place avant une répétition. L’idée s’est ainsi imposée presque naturellement à l’équipe qui cherchait une comédie à monter pour l’été.
Le défi est pourtant considérable. L’œuvre de Michel Tremblay avait été conçue pour neuf interprètes par une distribution réunissant notamment Gaétan Labrèche, Dorothée Berryman et Pauline Martin au Théâtre de la Marjolaine. Les chansons originales portent quant à elles la signature de Sylvain Lelièvre. « C’est un bon texte, mais qui a été écrit égal pour neuf personnages. C’est vraiment un collectif », souligne Léonard.
Trois jeunes musiciens issus du Collège Lionel-Groulx, dont la directrice musicale Maxeen Prévost, ont notamment été recrutés pour revisiter les arrangements musicaux. « On leur dit : on vous donne les trames de Sylvain Lelièvre. Pour eux, c’est un honneur de pouvoir travailler là-dessus », explique-t-il. L’objectif n’est pas de dénaturer l’œuvre, mais de lui donner une sonorité actuelle.
Une des professeures, Carolyne Mailhot, se souvient avoir monté la pièce à Lionel-Groulx en 2008 lorsqu’elle était étudiante. Pourtant, malgré le cinquantième anniversaire de l’œuvre, rarement, sinon jamais, une équipe professionnelle ne semble avoir voulu se frotter à cette œuvre colossale du théâtre d’été québécois.
Et comme l’an dernier, alors que la troupe avait monté Le Dîner de cons à toute vitesse, le temps presse. Les professeurs de l’URLU devaient attendre la fin des productions de leurs propres classes avant de pouvoir se consacrer au spectacle estival. Une contrainte qui nourrit aussi une forme de théâtre libre. « On bâtit les personnages, on travaille le texte en débile. Après ça, on joue », résume Léonard.
Une tradition qui se transmet
Cette fois, trois élèves se joignent d’ailleurs aux professeurs et artistes plus expérimentés. L’an dernier, un seul étudiant avait participé au Dîner de cons. Parmi les nouvelles venues se trouve Joanie Trudel, 17 ans. « Tu ne te rends même plus compte de l’âge. C’est quelqu’un de passionné qui donne tout », lance le metteur en scène.
Cette transmission fait écho à l’histoire même de l’école. M. Léonard y a étudié lorsqu’elle portait le nom des Ateliers En jeux. L’institution s’inscrit elle-même dans une histoire remontant aux Studios Colibri. Des décennies plus tard, il y est revenu avec le désir de préserver ce qu’il y avait lui-même trouvé, comme un hommage aux héros de son enfance.
Il refuse toutefois de se présenter comme le grand patron de l’endroit. « C’est vraiment Karine qui gère tout ça. Moi, je dis que je suis la mascotte », rigole-t-il. Une mascotte qui profite de cet espace pour renouer avec une facette de lui-même parfois moins visible derrière les Denis Drolet.
« Je retrouve le gars qui aime le théâtre, confie-t-il. Toute la fantaisie […] ce que ça m’amène ici, c’est de l’assumer. J’aime faire du clown, j’aime faire du théâtre, j’aime monter plein d’autres choses. J’aime chanter. »
Cette liberté demeure cependant fragile. Comme plusieurs petites organisations culturelles, l’équipe compose avec peu de moyens et beaucoup de travail bénévole. « On y met du cœur, on y met de l’amour, on y va avec les moyens du bord », résume Léonard.
Cinquante ans après leur création, Les Héros de mon enfance trouvent ainsi une nouvelle génération pour les faire vivre. Et à l’URLU, où professeurs, élèves et anciens se croisent sur les mêmes planches, faire du théâtre devient presque une façon de prolonger une tradition.
Les Héros de mon enfance sera présenté du 12 au 23 août. Les billets sont disponibles sur le site Web de l’URLU ou sur les réseaux sociaux de la salle.

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Sainte-Thérèse
École de l'URLU
Les Héros de mon enfance
Vincent Léonard