L’artiste ne s’attendait pas à une telle foule. Le ciel avait menacé une partie de l’après-midi et quelques gouttes étaient tombées en milieu de journée, mais la pluie a épargné la soirée. « Moi, je m’attendais à jouer devant 80 personnes avec la pluie de même », a-t-il lancé en arrivant sur scène.
Le spectacle gratuit était présenté dans le cadre des Jeudis en musique de la Ville. Louis-Jean Cormier tourne depuis 2025 avec Les entretoits, un spectacle solo entièrement bâti sur des reprises de chansons d’autres artistes. Une centaine de représentations plus tard, il a laissé ce répertoire de côté. « Ce soir, j’ai le goût de retourner en arrière, puis de chanter des tounes à moi », a-t-il annoncé au public.
Un été de scènes extérieures
En entrevue avant la représentation, l’artiste décrivait un moment particulier de son parcours.
Connu d’abord comme leader de Karkwa, puis en carrière solo entouré de musiciens, il mène en parallèle depuis une douzaine d’années des spectacles en solitaire, dans une formule qu’il qualifie de troubadour.
Il a accepté plusieurs invitations de ce genre cet été. « Moi, j’aime juste jouer de la musique devant des gens. Puis si les gens aiment ça, c’est encore mieux », confiait-il.
Ce type de scène rassemble un public plus large que celui des salles, où les spectateurs viennent pour l’artiste. Louis-Jean Cormier voit donc ces spectacles ouverts et gratuits comme un exercice plutôt qu’une contrainte : s’adresser à tout le monde, y compris à ceux qui le découvrent. Après près de vingt-cinq ans de carrière, il se dit chanceux de compter sur une base d’admirateurs fidèles, dont certains le suivent de ville en ville.
Seul sur scène, l’artiste se retrouve plus vulnérable, mais aussi en lien direct avec la salle, explique-t-il. Quand il est entouré de musiciens, une partie de son énergie se tourne vers eux et une bulle se forme, séparée du public. Cette différence se mesure ensuite aux files d’attente après les spectacles, plus longues quand il joue seul.
Il oppose cette proximité à celle qu’il vivait lorsqu’il se produisait entouré de plusieurs musiciens. Depuis la scène, il a promis au public une soirée sans intelligence artificielle et sans machine, avant de demander aux spectateurs de lui accorder leur confiance pour des chansons qu’ils ne connaîtraient peut-être pas.
Le prochain album repoussé à 2028
L’entrevue a aussi permis d’apprendre que son prochain disque ne paraîtra pas cette année, contrairement à ce qui avait été annoncé par sa maison de disques. Il évoque désormais une sortie à la fin de 2027 ou au début de 2028, en raison de l’allongement des délais de production.
L’artiste est en tournée jusqu’à Noël. Il compte consacrer 2027 à l’écriture, faire entendre du nouveau matériel au cours de cette même année et situe la reprise officielle de ses activités en 2028.
À Blainville, il a terminé sur deux pièces enchaînées, « La seule question », tirée de son premier album Le treizième étage, et « La photo », qui referme l’album Quand la nuit tombe. La seconde s’inspire d’une vieille photographie de famille appartenant à sa conjointe. Les deux morceaux forment une séquence d’une dizaine de minutes qui sert habituellement de rappel.
La mairesse Liza Poulin, accompagnée de deux conseillers municipaux, a présenté l’artiste et rappelé le prochain rendez-vous estival de la Ville. Blainville en fête revient le 22 août au parc équestre pour une 39e édition sous le thème country, avec Matt Lang en tête d’affiche à 20 h 30, suivi du traditionnel feu d’artifice et d’un spectacle de drones.
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