Le grand lancement s’est tenu entre les murs du nouvel établissement pour jeunes en présence de nombreux invités, dont Marie-Noëlle Granger, la directrice de la protection de la jeunesse des Laurentides, et Karine Blair, directrice adjointe à la réadaptation interne du Centre, où l’on accueille des jeunes en difficultés de 12 à 18 ans.
Les œuvres résultent d’un projet mis en place par la Ville de Sainte-Thérèse, à l’initiative de Lise Thériault, en collaboration avec le CISSS des Laurentides et le Centre de réadaptation jeunesse de Sainte-Thérèse, et financé par le ministère de la Culture et des Communications du Québec.
L’ensemble des conseillers municipaux de Sainte-Thérèse se sont présentés en compagnie du maire Christian Charron, qui en a profité pour parler politique avec quelques jeunes.
Projet unique
Évidemment, la singularité des belles toiles affichées sur les murs n’a laissé personne indifférent. Les sept jeunes s’étant exprimés par la gravure ont fait preuve d’une créativité à laquelle se sont entremêlées spontanéité et intensité, au vu des coloris dominants.
Leur guide Marylise Goulet affichait une fierté non dissimulée, tout comme Brigitte Meloche, qui a amené pour sa part huit jeunes à s’exprimer tout en poésie dans un recueil intitulé Respirer sous l’eau. Les ateliers se sont tenus de novembre 2025 à février 2026.
Mme Thériault a pris un moment pour expliquer la démarche ayant mené à l’élaboration de son projet. « Mon idée, c’était la plus simple du monde, soit de permettre à des jeunes de s’exprimer par les arts visuels et la création littéraire », a indiqué Mme Thériault, en insistant sur l’aspect positif sur la santé mentale que procure la participation à des activités culturelles chez les jeunes.
Celle-ci dit avoir assisté à tous les ateliers et a été touchée par les jeunes qu’elle y a rencontrés. « J’ai côtoyé des jeunes avec des défis à relever comme nous tous. Des jeunes attachants et reconnaissants qui, comme tous les jeunes, aiment la musique et la danse. Et qui ont un besoin de parler plus que la moyenne. »
« Le recueil et le jumelage des gravures et des poèmes représentent un accomplissement notable pour les jeunes et je vous dis Bravo », a commenté Mme Thériault.
La poésie du cœur
Après les remerciements de leur coach en gravure, qui n’a pas manqué de souligner leur talent, c’est l’autrice et poétesse Brigitte Meloche qui s’est adressée aux jeunes artistes avec ses mots empreints de sensibilité.
« Cette merveilleuse cohorte d’adolescents créatifs est composée de véritables poètes et poétesses. On écrit de la poésie parce qu’on ressent tout trop fort, parce qu’on a besoin que nos mots fassent du bruit, qu’ils prennent la place qu’on n’ose pas toujours prendre. La poésie est une voie de passage authentique, un espace », a rappelé Mme Meloche, autrice de quelques bouquins dont Écrire pour se faire du bien.
« Lors de nos ateliers, j’ai été touchée par la richesse de nos échanges, la profondeur de nos réflexions, par l’attitude de respect et de non-jugement de chacun, ainsi que par les envolées poétiques qui ont émergé avec une sincérité remarquable », a lancé Mme Meloche, en invitant chacun de ses jeunes poètes à venir réciter l’un de ses poèmes au micro en les présentant l’un après l’autre avec un descriptif personnalisé.
Ne m’abandonnez pas
C’est tout un monde de jeunes qu’il est possible de découvrir en lisant leur récit poétique, comme l’illustre le texte d’Aurellie : Ne m’abandonnez pas.
« Ne m’abandonnez pas dans le vide de la nuit une ombre me poursuit la peur de l’abandon un écho qui me nuit un murmure constant une douce menace me rappelle les jours où l’amour se lasse. J’ai vu les visages s’éloigner les mains se retirer le cœur se renier chaque souvenir d’un sourire et une blessure à vif me laissant seule dans un désert si massif. Je me cramponne aux liens aux promesses craignant que leurs mensonges fragiles ne soient vrais ne me brisent la peur me ronge me consume de l’intérieur me laissant croire que je ne suis qu’une passagère qu’une erreur. »

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