Aux côtés d’Alix Fernz, DVTR, Thee Soreheads, Voivod et de la prestation surprise de Gros Mené, un groupe des Laurentides occupait aussi l’affiche : Population II.
Pour le trio originaire de Saint-Joseph-du-Lac, cette soirée représentait davantage qu’une simple présence sur scène.
« C’était une super belle occasion de célébrer avec toute la scène musicale », explique le bassiste Sébastien Provençal. « Voir qu’il y a une scène en santé, des gens prêts à s’entraider, peu importe que ce soit en anglais, en français ou instrumental, tant qu’il y a cette camaraderie-là autour du rock. »
Même si le groupe est aujourd’hui associé à la scène psychédélique québécoise et multiplie les tournées, ses racines restent profondément ancrées dans les Laurentides.
Population II est né d’une rencontre entre trois passionnés de musique qui fréquentaient l’école secondaire Liberté-Jeunesse à Sainte-Marthe-sur-le-Lac.

« On s’est tous rencontrés par la musique », raconte Provençal. « Depuis qu’on a 12 ou 13 ans, on est des mélomanes. On s’échangeait des albums, on découvrait des groupes ensemble. »
L’histoire du groupe porte encore cette dimension presque romantique qu’il évoque souvent au cours de l’entrevue : des années passées à jouer ensemble, des répétitions dans un sous-sol de Pointe-Calumet, puis une amitié qui finit par devenir projet artistique.
Sur scène, cette complicité s’exprime presque instinctivement.
« J’aime appeler ça la télépathie Population II », dit-il en riant. « On est connectés sans parler. Les crescendos, les moments doux ou les explosions, ça vient naturellement. Le but, c’est de faire voyager quelqu’un. Si quelqu’un sort d’un show sans rien ressentir, j’ai juste fait une job correcte. »
Le nom du groupe lui-même reflète deux passions fondatrices : le rock lourd des années 1960 et l’astronomie. Inspiré d’un album du guitariste Randy Holden, Population II évoque aussi les classifications d’étoiles, un clin d’œil assumé à leur côté « geek ».
Depuis quelques années, le groupe enchaîne albums et collaborations à un rythme soutenu. Mais derrière les spectacles et les sorties se cache une vision plus large.
Dans une industrie où les tendances passent vite et où l’intelligence artificielle commence à s’inviter dans la création, Provençal espère surtout voir davantage de jeunes prendre un instrument et découvrir la culture qui les entoure.
« On veut être des porte-étendards de notre culture québécoise », dit-il. « Pas juste copier ce qui se fait ailleurs. »
D’ailleurs, le groupe participera prochainement à une performance avec l’artiste Armand Vaillancourt, lié à un projet entourant les terres expropriées de Mirabel. Voilà une autre manière de mêler musique, territoire et identité.
Et pour ceux qui attendent un retour de Population II dans les Laurentides, le groupe lance déjà un souhait : un passage éventuel à la Saint-Jean de Saint-Eustache.
« On va semer ça dans l’univers », lance Provençal.

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Sébastien Provençal
Saint-Joseph-du-Lac