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Quand le masculinisme s’invite sur une patinoire théâtrale

Photo Reine Côté – Le Grand Club se dévoilera sur la scène théâtrale du Centre de création de Boisbriand, le 27 février, à 19 h 30.

Quand le masculinisme s’invite sur une patinoire théâtrale

Publié le 17/02/2026

Et si planter un décor réel pour discuter d’enjeux sociétaux facilitait la transmission du message ? C’est le pari fou de l’artiste Jérémy Turgeon qui présentera son œuvre théâtrale Le Grand Club directement sur une patinoire recréée au Centre de création de Boisbriand, le 27 février prochain, où il sera question de stéréotypes masculins à défaire.

Diplômé de l’Option théâtre du Collège Lionel-Groulx en 2020, Jérémy Turgeon vient de poser ses valises au Centre de création pour sa seconde partie de résidence afin de mener à bien son projet théâtral Le Grand Club, qu’il a écrit, scénarisé et dans lequel il se met en scène ainsi que ses acolytes Camille Desgagnés et Charles Boivin-Groulx.

Il faut dire que le théâtral Paradoxus, un projet théâtral étudiant écrit par Jocelyn Blanchard et mis en musique par Benoît Archambault, et qui a finalement été produit en dehors des murs du cégep étant donné le contexte pandémique, lui a servi de tremplin. Depuis, on l’a invité à se joindre à trois productions : Le Fantôme de l’opéra, Pied-de-Poule, et Waitress.

Pour cette seconde grande expérience théâtrale dans laquelle il est partie prenante, Jérémy a ciblé le masculinisme qui teinte de plus en plus les jeunes garçons dont l’éducation et les valeurs se voient bouleversées par tout ce qui traîne, entre autres, sur les réseaux sociaux.

C’est dans ce contexte où la présence de stéréotypes masculins tenaces confronte de plus en plus les jeunes générations que l’auteur a développé son propos. La pièce met en scène un trio, le jeune Samuel Gagné qui essaie de se faire repêcher par Le Grand Club pour une troisième fois, son mentor un peu plus âgé et la sœur psychologue de celui-ci.

Le jeune hockeyeur veut réussir sa carrière avec intégrité, mais il lui est difficile de résister à l’influence de son mentor, un gars au comportement stéréotypé transmis au fil des générations, ce qui entraîne bien des discussions.

« L’impulsion d’écrire ce texte-là m’est venue il y a à peu près trois ans avec tous les événements sur le hockey qui ont fait l’actualité. Je pense à l’équipe Canada Junior, qui a couvert des scandales d’agressions sexuelles avec des fonds publics, au repêchage contesté d’un joueur du Canadien de Montréal ayant commis des inconduites sexuelles. Toutes ces nouvelles m’ont inspiré. Il y avait quelque chose à écrire, un lien à faire avec la montée du masculinisme », explique l’auteur Turgeon.

Il se défend bien de vouloir insinuer que le milieu du hockey évolue dans la mauvaise direction, que le masculinisme est relié directement au sport, mais il souhaite surtout faire prendre conscience d’une certaine vulnérabilité. Surtout qu’il semble y avoir une certaine loi du silence dans le milieu, justement, observe-t-il, en rappelant le malaise des jeunes hockeyeurs lors de leur récent passage à l’émission Tout le monde en parle.

Dans la pièce de Jérémy, il y a une tentative de réhabilitation des mentalités autour du hockey. Le jeune hockeyeur qu’il campe, veut prendre une trajectoire en phase avec son système de valeurs, laissant redécouvrir du même coup le bon côté de notre sport national.

« Montrer le bon côté du jeu, c’est aussi montrer une ouverture et comment on peut lutter contre cette montée d’une droite masculiniste et comment on peut s’en défaire », souligne Jérémy avec l’espoir d’ajouter sa pierre au grand débat sur la montée du masculinisme.