C’est à la fois le titre de la prochaine pièce de théâtre que présenteront les 12 étudiants finissants en interprétation théâtrale du Collège Lionel-Groulx et la thématique qu’ils exploreront au cours d’une série de six représentations dont quatre se tiendront les 2, 3 et 4 octobre, au Studio Charles-Valois du cégep.
Fantasme. Un mot suggestif qui renvoie la plupart du temps à des images à connotation sexuelle. Mais est-ce sa réelle définition ? Sa seule interprétation ?
Les étudiants du CLG qui rêvent d’une carrière sur les planches théâtrales ont une perception qui leur est propre d’un fantasme et comptent bien l’exprimer à travers cette pièce entièrement créée et scénarisée par l’ensemble de leur cohorte, qui signe sous le nom Les Exaltés.
Qu’est-ce qu’un fantasme ?
« Ça parle de fantasmes dans tous ses genres, les fantasmes scéniques de ce que l’on rêve de vivre, de voir, de faire », tente d’expliquer l’étudiante Justine B. Ouellette, qui accole l’épithète « scénique » à fantasme. Au fil d’une conversation avec des membres de l’équipe de comédiens, on apprend ainsi qu’ils pourraient nous présenter quelques extraits de rôles dont ils rêvent, des rôles revus à leur façon, fantasmés.
Images coquines, humoristiques, d’une autre époque, il faut s’attendre à tout. Et à se faire surprendre par les révélations de chacun des interprètes, alors qu’ils dévoilent devant public un aspect d’eux que personne ne soupçonnait.
En plus d’Olivier Robin et de Justine B. Ouellette, on retrouvera sur scène Jérémy Barbotin, Kassandra Blouin, Clémence Carpentier, Lorie Désilets, Raphaëlle Dostie, Félix-Antoine Lafarge, Abigaël Lalande, Gabrielle Leduc, Job Ngoupe et Lucas Thériault.
Création collective
Pendant trois mois, les 12 étudiants se sont retroussé les manches pour écrire une pièce digne de leur créativité prometteuse, encadrés par Geneviève Labelle et Mélodie Noël-Rousseau.
Les deux metteures en scène sont réputées dans le milieu culturel, entre autres pour leurs œuvres Ciseaux – Explosion – Moi, Jeanne.
En entrevue, Olivier Robin et Justine B. Ouellette s’appliquent à faire la promotion de leur pièce avec un enthousiasme non feint.
Il faut comprendre que la collaboration de 12 auteurs sur une création artistique amène une diversité de styles, qui pourrait donner lieu à une création bigarrée. Or loin s’en faut. Si l’exercice s’est révélé un défi, Olivier et Justine assurent que le résultat est à la hauteur du projet initial.
« Tout l’été, on a écrit nous-mêmes, avec des lignes directrices de nos metteures en scène, qui nous corrigeaient, nous ramenaient, car c’est notre première expérience d’écriture sur de gros plateaux. À partir de là, on a créé le spectacle de A à Z avec nos fantasmes et on a poussé toujours plus loin, avec des contraintes », expliquent les deux étudiants en interprétation théâtrale.
Le spectacle intègre des défis physiques, comme apprendre à se promener sur des échasses ou à danser les claquettes, afin de rendre la production plus impressionnante.
Du tabou à l’irréel
Les jeunes comédiens ont consciemment voulu proposer une réflexion sur ce que le mot fantasme pouvait évoquer. Le fantasme, est-ce l’interdit, le tabou ? Est-ce quelque chose qui relève de l’irréel, qui doit demeurer dans la tête, ou qui demande à être vécu ?
« Jusqu’où va le fantasme dans toutes ses formes ? On explore tous ces aspects-là », précisent les jeunes artistes, soulignant que leur pièce relève nettement plus d’une approche théâtrale contemporaine que classique.
Pendant 1 h 15, les 12 comédiens se présenteront dans une vingtaine de scènes.
Après les trois représentations à Sainte-Thérèse, la pièce sera à l’affiche du Théâtre Aux Écuries, les 15 et 16 janvier, à Montréal.

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