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Quand un Pigeon d’argile remet un artiste en scène

Photo Reine Côté – Kevin Parent s’amène sur la scène du Cabaret BMO avec deux supplémentaires pour son spectacle hommage 30e anniversaire de l’album Pigeon d’argile, l’un des albums les plus vendus au Québec.

Quand un Pigeon d’argile remet un artiste en scène

Publié le 08/05/2026

Après un passage remarqué à Sainte-Thérèse en 2025 dans le cadre de sa tournée 30e anniversaire de Pigeon d’argile, Kevin Parent récidive et propose deux nouveaux rendez-vous à ses fans des Basses-Laurentides au Cabaret BMO, les 21 et 22 mai.

Sur la scène, l’artiste revisitera chaque chanson de l’album mythique qu’il accompagnera d’anecdotes autour de la genèse de création. Une belle façon de leur redonner vie. Il complétera le spectacle par son interprétation de chansons d’artistes ayant compté dans sa démarche artistique : Cat Stevens, Leonard Cohen, Ozzy Osborne, bref un détour varié chez les grands artistes de sa jeunesse.

Choisir le français

Pigeon d’argile, c’est le premier opus de l’artiste élevé en Gaspésie, dans une famille aux influences ancestrales irlandaises, où l’on ne parlait qu’en anglais. Cet album est d’autant plus important pour le jeune artiste anglophone d’alors qu’il a décidé de le produire entièrement en français.

C’est un certain Bob Dylan qui a éveillé son âme artistique, qui lui a donné le goût de la scène. Mais c’est l’accueil chaleureux des Québécois en région qui l’ont convaincu qu’il pouvait se tailler une place dans un univers largement francophone.

C’est donc avec sensibilité et respect que Kevin Parent a choisi de chanter en français en se lançant dans une carrière musicale qui allait le faire connaître partout au Québec grâce à Pigeon d’argile, même avec l’accent franglais de sa région d’origine qui le caractérise si bien…et qu’il n’a jamais vraiment perdu.

« J’ai vite compris les enjeux du Québec et l’importance de la préservation de la langue française et de mettre l’emphase sur la francophonie », se souvient l’auteur-compositeur-interprète, qui n’avait alors que 23 ans.

Le succès remporté par Pigeon d’argile, qui a frôlé les 400 000 copies vendues, achèvera de la convaincre de miser sur une carrière majoritairement francophone.

Des albums aux singles

Depuis, trois autres albums en français se sont glissés dans sa discographie où il s’est permis également le plaisir d’enregistrer deux albums dans la langue de Shakespare, Fangless Wolf Facing Winter et Kanji, qui est le dernier album complet enregistré par Kevin Parent.

Un choix consenti par l’artiste, qui préfère désormais lancer un «single» à la fois. En tant que producteur autonome, celui-ci doit supporter les coûts élevés d’un enregistrement d’un album et sans l’appui de subvention. Surtout, dit-il que les gens n’écoutent plus un album de 10-12 chansons et se tournent vers les singles, leur attention se faisant de moins en moins longue, observe-t-il.

L’auteur-compositeur se défend bien d’avoir choisi la facilité. Il se dit inspiré, mais travaille autrement. « Créativité et production d’un album ne sont pas nécessairement synonymes. Puis, je continue d’écrire de belles choses », insiste l’artiste, qui produit aussi des EP, comme celui D’une Rive à l’autre, qu’il a enregistré en collaboration avec Geneviève Jodoin, Nadine Turbide et Jeff Smallwood et qu’il a bonifié de deux vidéoclips.

Puis il termine un baccalauréat en écriture, ce qui l’amène à rester à l’écoute des nouveaux courants musicaux, de la relève. L’authenticité de certains artistes résonne en lui, notamment celle de Billie Eilish, qu’il nomme au passage, qui ne s’embarrasse pas de se conformer aux moules sociaux. « Ce n’est pas par son corps ou son esthétisme qu’elle a eu du succès et ça, ça m’inspire », assure Kevin Parent.

Inoubliables rencontres

En dehors de l’univers musical, l’artiste Parent s’est aussi fait acteur, une aventure à laquelle il a mis fin, ne se reconnaissant pas trop dans ce milieu de chasse gardée. Certains tournages lui ont toutefois permis des rencontres exceptionnelles, notamment celle d’un certain Jean-Marc Vallée, qui lui avait confié un rôle principal dans Café de flore, avec lequel il a développé une belle amitié et achevée trop tôt.

L’automne prochain, un autre rendez-vous avec Kevin Parent attend ses fans. Cette fois, il consacrera sa voix à un spectacle hommage au défunt et regretté Jean-Pierre Ferland sur la scène qu’il partagera avec Johanne Blouin, Marc-André Fortin, Éric Paulhus et Julie Anne Saumur dans Le Petit roi pour toujours.

Cet artiste avec lequel il s’était lié d’amitié malgré l’écart d’âge, il avait envie de se joindre au spectacle hommage. Une façon pour lui de remercier Ferland. « Il y a de grandes leçons d’humilité à retirer en étudiant les œuvres de nos prédécesseurs. Et Jean-Pierre, c’était ça : son sens de l’humour, de ne pas se prendre au sérieux, et autant la vie qu’une carrière, ç’a des hauts et des bas. »

Ce partage intergénérationnel, il en garde aussi un souvenir personnel précieux, celui d’avoir chanté avec son grand-père jusqu’à son dernier jour, à 104 ans. Et celle d’une réflexion inestimable. « Il me disait toujours qu’un rossignol sur sa branche, au fond de la forêt, il ne chante pas pour impressionner la galerie, il fait ça parce que c’est dans sa nature, parce que c’est plus fort que lui de chanter. »