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Rabagliati en mode théâtral – Paul, de la maison au Théâtre Lionel-Groulx

Photo courtoisie – L’adaptation théâtrale de Paul à la maison, inspirée de l’œuvre de Michel Rabagliati, sera présentée le 21 mai au Théâtre Lionel-Groulx.

Rabagliati en mode théâtral – Paul, de la maison au Théâtre Lionel-Groulx

Publié le 15/05/2026

Sorti tout droit du talent créatif du bédéiste Michel Rabagliati, Paul à la maison s’amène sur la scène du Théâtre Lionel-Groulx le 21 mai, entouré d’une dizaine de comédiens sans oublier Biscuit, le chien, et Hugues Frenette qui se glissera dans sa peau, le temps de cette soirée théâtrale attendue depuis un bon moment par les adeptes de la série de bandes dessinées.

Paul (Hugues Frenette) sera accompagné de Valérie Boutin, Odile Gagné-Roy, Nadia Girard-Eddahia, Étienne d’Anjou, Paul Fruteau de Laclos, et Marie-Ginette Guay, qui campe sa mère en fin de vie.

On y découvrira une tranche d’histoire de Paul, inspirée de la vie de son créateur, qui se retrouve seul et délaissé après 30 ans de mariage et qui voit sa fille unique partir étudier à Londres. À travers ce naufrage émotionnel, Paul devra remonter à la surface. Il devra parfois faire preuve d’autodérision et de lâcher-prise, nous réservant ainsi des moments de légèreté qui gardent les spectateurs captifs.

Il y est question de solitude suivie d’une période de déprime, mais ponctuée d’humour aussi. L’auteur jugeait d’ailleurs normal de raconter cet épisode de vie puisque Paul s’est raconté en plusieurs tranches de vie. « Paul, ce sont les étapes de la vie, des histoires universelles, des naissances, des morts, des transitions. La séparation fait donc partie ; c’est une tranche de vie que j’ai illustrée », rappelle Michel Rabagliati.

Transposition théâtrale fidèle

La mise en scène de la pièce est signée par Lorraine Côté dans une adaptation concoctée par la dramaturge Anne-Marie Olivier dont on dit le plus grand bien, dans les coulisses. Les spectateurs ayant lu l’œuvre originale s’y repèrent aisément, souligne-t-on.

La metteure en scène n’a pas hésité à faire usage d’éléments rappelant le dessin et parvient même à créer un langage scénique original, ce qui assure une transposition fidèle de la bande dessinée, affirme l’auteur Rabagliati, qui a bien sûr été consulté dans la préparation de ce projet théâtral. Il a d’ailleurs vu la pièce à plusieurs reprises.

Paul à la maison, c’est le dernier tome de la série de bandes dessinées créée par Michel Rabagliati. Son dixième en fait, exception faite de Rose à l’île et de son prochain bouquin qui s’intitulera Y’a d’la joie – titre ironique puisqu’on y relève ce qui se passe dans la société actuelle….

« Y a d’la joie se déploie sur deux journées, au fil desquelles Paul observe ce qui l’entoure (en 2026) et laisse affleurer ses pensées, ses souvenirs et les rencontres qui ponctuent son quotidien. » Cette dernière bande dessinée sort d’ailleurs aujourd’hui même – 13 mai – dans les librairies du Québec.

Reconnaissance internationale

Le nom de Michel Rabagliati est désormais bien connu, tant au Québec qu’à l’étranger. Ses bandes dessinées se sont démarquées à plusieurs reprises lors de festivals de bandes dessinées européens, récompensées par de prestigieux prix et traduites en huit langues, même en chinois. En sol européen, il y a même trouvé un marché pour ses planches de BD, lesquelles se donnent ensuite des airs de décors muraux.

On l’a même fait Chevalier de l’Ordre national du Québec en 2023, un grand honneur pour l’ancien graphiste né dans le quartier populaire de Saint-Michel, dans les années 60, et qui a pris goût à la bande dessinée en lisant Spirou, Astérix et Tintin.

Ses bouquins intéressent toutes les générations. Des jeunes l’interpellent dans les salons du livre. Même les femmes, alors que la BD était davantage l’apanage de la gent masculine, historiquement. « Les femmes sont plus sensibles à des récits comme ça qu’à des super héros », constate-t-il.

Lui-même continue de lire des œuvres d’autres auteurs, comme les bandes dessinées de Guy Delisle, de Jimmy Beaulieu, et certains créateurs américains et canadiens, Charles Burns, Chris Ware, Chester Brown.

« Je garde l’œil ouvert et j’aime bien les BD qui sont plausibles, qui me parlent. Mais je lis plus de romans que de BD, comme Paul Auster », confie l’auteur de la série des Paul, dont on dit qu’elle est l’œuvre en bande dessinée la plus importante du Québec.