Ce spectacle théâtral abordant divers débats de société inspirés par de réels procès judiciaires ayant défrayé les manchettes est une adaptation de Nathalie Roy et Yves Thériault dans une mise en scène de Michel-Maxime Legault.
Il s’agit d’un retour de Paul Doucet dans le rôle de l’un des deux avocats, alors que sa consœur féminine prendra le visage de Sonia Vachon, que l’on connait surtout pour ses rôles un tantinet comique. Camper un personnage nettement plus sérieux est une première pour elle.
Un rôle qu’elle a spontanément accepté sans même avoir vu Verdict 1. « Quand on m’a appelée pour m’offrir de jouer dans Verdict II, je me suis dit : oui, il faut que je le fasse. Mais c’est tout un défi », affirme la comédienne, qui aborde ainsi un tout nouveau registre de jeu.
Procès connus
C’est que les textes sont sérieux. Imaginez, durant 1 h 50 (avec entracte), seuls sur scène, les deux comédiens abordent des procès marquants du Québec en exposant leurs plaidoiries. Il sera question du procès du caporal Lortie à l’Assemblée nationale, de celui de Sophie Chiasson contre Jeff Fillion.
Bien sûr, les comédiens ne reprennent pas les rôles des vrais avocats représentant ces accusés, mais agissent en tant qu’avocats.
Et l’exploit de la pièce tient au fait qu’on y reprend en quelques minutes des plaidoiries s’étant étalées sur plusieurs jours. On cherche à susciter l’intérêt du public et une réflexion, grâce à une contextualisation narrée.
Or, cela représente pour les comédiens un double défi, celui de l’interprétation à deux et d’une rigueur sans faute puisqu’il faut respecter le vocabulaire judiciaire avec son mode typique de discourir à la cour afin de rendre l’exercice crédible, comme le signale la comédienne Sonia Vachon.
Rôle éducatif
Et cet exercice permettra peut-être aussi de mieux comprendre les rouages d’un système judiciaire, si souvent critiqué. Sonia Vachon pense qu’effectivement, le propos de la pièce joue un peu un rôle éducatif. « C’est de voir quelle approche chaque avocat a pris pour faire valoir son point. Moi, c’est la première fois aussi que je vois ça comme ça parce qu’on n’est pas tous appelés à assister à un procès. Rares sont les gens qui assistent à des procès. Ça donne une idée aussi de ce que c’est la justice. »
« J’ai une amie qui est juge et qui est venue voir la pièce. Elle m’a dit : « ça fait du bien qu’on parle de la justice de cette façon » », confie la comédienne.
Elle-même estime qu’il s’agit d’une chance pour une comédienne de participer à ce type de projet théâtral, qui lui permet d’en apprendre davantage sur le déroulement d’un réel procès, surtout de la difficulté de porter un jugement. « Ça nous permet aussi de voir un peu le processus. Qu’est-ce que c’est une plaidoirie? Qu’est-ce qu’on apprend lors des plaidoiries? Et moi, je retire une fierté de ces procès. Ce sont des procès québécois. Et à la suite de ces procès, il y a eu des modifications de loi, et c’est ce qui est extraordinaire : on apprend des choses. Moi j’ai été renversée à la première lecture, lorsque Paul a lu la plaidoirie pour Denis Lortie. J’ai dit : Ah, mon Dieu, on ne savait pas ça. »
Autre particularité de Verdict II, tout comme sa première mouture, le dénouement final réside aussi dans son concept interactif. Après la tenue des plaidoiries, on confie au public le rôle de juré et de se prononcer sur un verdict : coupable ou non coupable à main levée. Puis, les comédiens dévoileront la vraie sentence, juste avant que le rideau ne tombe.

MOTS-CLÉS
Théâtre Lionel-Groulx
Spectacle
Sonia Vachon