L’organisme affirme par ailleurs que l’incertitude actuelle a déjà un impact concret : des projets annoncés ont été mis sur pause, rendant la planification à court et moyen terme difficile et fragilisant le dynamisme commercial local.
« Nous sommes bien entendu étonnés du revirement de la situation, soutient Marie-Noëlle Closson Duquette, directrice générale par intérim de la CCITB. En constatant tout le chemin parcouru depuis 2022 et l’impact réel que notre collaboration a permis, il serait dommage de revenir en arrière ».
Elle insiste sur les retombées concrètes de l’Aile Sainte-Anne-des-Plaines, qu’elle décrit comme un moteur de dynamisation économique. L’organisme rappelle ses campagnes d’achat local, son soutien aux commerçants lors des travaux du boulevard Sainte-Anne, ainsi que des projets structurants comme La Virée agricole.
Rappel des faits
Afin de négocier l’entente économique 2026-2028 avec la CCITB, laquelle contribue au soutien des entreprises de la Ville en offrant diverses ressources, une résiliation est nécessaire pour la Ville de Sainte-Anne-des-Plaines pour obtenir un meilleur partenariat, à un meilleur prix. La Ville a donc voté un mandat de négociation de la nouvelle entente pour son directeur général, M. Alain Cassista.
« Cette rencontre servait simplement à dire clairement qu’on donnait un mandat à notre direction pour négocier », rappelle M. Labelle, maire de Sainte-Anne-des-Plaines.
Selon le maire, la contribution annuelle de la Ville à la CCITB augmenterait de 37 %. Une hausse qui a été prévue dans l’entente économique avec la CCITB, avant l’élection de la nouvelle administration. « Le contrat pour 2026 a été signé d’avance, alors que peu de choses peuvent réellement être planifiées à long terme dans ce type de service. »
De son côté, pour expliquer l’augmentation des frais, la CCITB précise qu’il y a quelques années, elle absorbait une partie des frais grâce à un contexte économique plus favorable et à des revenus générés par d’autres initiatives. Dans le contexte actuel, le rassemblement d’affaires ne peut absorber plus de coûts et elle exige « une contribution plus juste des municipalités partenaires ». L’organisation rappelle que l’Aile de Sainte-Anne-des-Plaines a permis d’aider les entreprises locales dans leur intégration, leur visibilité et leur participation aux événements municipaux. « Tant la population que les entrepreneurs bénéficient collectivement de ce dynamisme », souligne la CCITB.
Les choses sont un peu différentes du point de vue du maire. Jean-René Labelle reconnaît l’importance de la Chambre de commerce dans le développement économique local, mais estime que son rôle ne peut à lui seul répondre à l’ensemble des besoins de la Ville. Selon lui, ce que la Chambre offre actuellement ne représente qu’une partie limitée de la vision municipale du développement économique, laquelle englobe aussi l’aménagement du territoire, les politiques culturelles et les services de proximité.
« On doit regarder le budget et voir si ce qu’on achète en développement économique correspond réellement à nos besoins, explique M. Labelle. Donner de l’argent à une chambre de commerce pour qu’elle définisse nos orientations selon ce qu’elle peut offrir, ce n’est pas nécessairement ce qu’on veut. »
Une option transitoire sur la table
Plusieurs citoyens ont suggéré de maintenir l’entente pour une période d’un an, le temps pour la Ville d’évaluer les impacts et de structurer une alternative crédible. Le maire a confirmé que cette option faisait partie des scénarios envisagés, tout en rappelant que certaines discussions demeurent confidentielles dans un contexte de négociation.
La CCITB se dit ouverte au dialogue et affirme attendre un retour de la Ville pour discuter des avenues possibles, se disant disposée à examiner toute proposition alternative « dans un esprit de collaboration ». « Nous attendons une discussion franche et ouverte avec l’équipe en place pour discuter de la façon dont nous pouvons, ensemble, accompagner les entreprises anneplainoises », explique-t-on.
La Ville entend également les préoccupations et s’attend à collaborer pour « garantir que les entreprises locales disposent des ressources ».
Cette entente dûment signée ne prévoit pas de résiliation unilatérale à moins du consentement mutuel des deux parties. La demande de résiliation de la Ville sera soumise au conseil d’administration de la CCITB, sous peu. Le maire prévoit faire un retour vers la fin du printemps.

MOTS-CLÉS
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Marie-Noëlle Closson-Duquette
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Jean-René Labelle
Alain Cassista