C’est le directeur de l’urbanisme de la Ville de Sainte-Thérèse, Emmanuel Farmer, qui s’est prêté à l’exercice en dévoilant les trois immeubles, dont l’éventuelle construction exige la démolition des bâtiments actuellement sur place.
Le premier serait situé 9, rue Labonté, et comportera deux logements.
Le second projet sera situé dans le quadrilatère Desjardins-Turgeon, soit les 22-24-26 rue Desjardins. À terme, il comportera trois immeubles de quatre étages comprenant 62 logements, soit l’un de 21 unités, un second de 34 unités et un autre de 28 unités, le tout incluant 81 cases de stationnement. La phase 1 est déjà construite et s’intègre au lot de bâtiments prévu à proximité de la gare afin de répondre au concept du TOD.
Enfin, le troisième projet de construction serait pour sa part déployé sur le terrain de l’ancien commerce Brault & Martineau, qui fait le coin de la rue Desjardins et du boulevard Curé-Labelle. Ce projet situé au 125, rue Desjardins, serait érigé en deux parties, soit deux blocs de huit et de quatre étages imbriqués l’un sur l’autre, comprenant 429 logements en tout, et incluant une piscine extérieure au centre du terrain ainsi que 558 cases de stationnement.
Comme son développement relève d’un PPCMOI, sa construction exige un délai tenant compte de certaines étapes, dont un changement de zonage même si la démolition de l’actuel bâtiment a été votée.
Selon le Service de l’urbanisme, l’étape du PPCMOI devrait se poursuivre en février ou en mars. Bien que le zonage permette actuellement du commercial au rez-de-chaussée et des logements au-dessus, il ne permet que 4 étages. Le PPCMOI pourrait permettre de modifier les éléments dérogatoires (non permis par le zonage actuel) dont la construction de plus d’étages (jusqu’à 8 pour le cas présent sur une partie du projet), nous assure-t-on.
Selon l’entente convenue, les promoteurs devront consacrer 5 % de l’offre locative à des logements sociaux ainsi que 10 % de l’ensemble locatif à un coût abordable, soit le coût médian moins 10 %.
Et les travaux d’infrastructures ?
Les citoyens présents lors de la présentation qui se déroulait avant le début de la séance ordinaire du conseil municipal n’ont pas été longs à réagir, encouragés par le désaccord manifesté par la conseillère municipale Katherine Vézina et les protestations répétées de la citoyenne Brigide Dubois. « On n’est pas satisfaits des services que l’on reçoit pour nos taxes », a clamé celle-ci.
Bon nombre de citoyens ont indiqué au maire l’urgence de s’atteler aux infrastructures afin d’éviter de nouveaux dommages résidentiels et d’amoindrir la valeur marchande de leur maison.
« J’aimerais qu’on s’attaque d’abord aux infrastructures avant. On est en train de perdre nos investissements (immobiliers) », a insisté la citoyenne Dubois, qui n’en est pas à ses premières critiques envers les projets immobiliers envisagés par l’administration Charron.
De nouvelles taxes anticipées
Le maire Christian Charron perçoit pour sa part les choses différemment. Il a insisté sur les mesures mises en place par son administration pour pallier aux dommages subis par les citoyens lors des dernières inondations.
Selon ce qu’en dit M. Charron, les trois projets immobiliers permettraient justement à la Ville d’aller chercher de nouvelles taxes qui pourraient ultérieurement être injectées dans la mise à jour des infrastructures.
Or, l’administration Charron fait face à un obstacle de taille pour aller chercher de nouvelles taxes, justement : il reste très peu de terrains à Sainte-Thérèse pouvant accueillir des projets de développement immobilier.
Qu’à cela ne tienne, plusieurs citoyens présents n’ont pas été convaincus par ses propos et ce, malgré les commentaires des conseillers Michel Millette, Héloïse Bélanger et Armando Melo, qui, chacun leur tour, ont voulu rassurer les citoyens présents à l’effet que tout développement immobilier envisagé n’empirera pas la situation actuelle des résidents des secteurs inondés antérieurement et que les projets immobiliers présentés en début de soirée répondent bien aux critères gouvernementaux, notamment ceux du ministère de l’Environnement.
Malgré le mécontentement citoyen, la démolition des bâtiments liés aux projets immobiliers a été adoptée à cinq voix contre quatre lors de la séance régulière du conseil municipal qui a suivi, en deuxième partie de soirée.

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